François Gagnon

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    Journaliste à La Presse et à LaPresse.ca, François Gagnon est un amateur de hockey depuis toujours qui n'hésite pas à chausser ses patins pour vivre la magie du sport. Chaque jour, il vous propose sa vision du hockey et attend avec impatience vos questions et réactions!
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    Mercredi 30 mai 2007 | Mise en ligne à 20h16 | Commenter Commentaires (176)

    Ils sont forts les Ducks…

    C’est la pleine lune ou à peu près et je n’ai pas l’intention de me changer en loup-garou. Je n’ai pas l’intention non plus de me transformer en vire-capot et de soudainement laisser tomber mon club parce qu’il perd 2-0 dans une série qui semble pour l’instant fort inégale.

    Mais si je peux me permettre une confidence : les Ducks sont forts.

    Je le savais.

    Je le savais pour les avoir vu canarder le pôvre Roberto Luongo qui a réussi à faire de la série Anaheim-Vancouver une série alors que cela aurait dû être un carnage.

    Je le savais pour les avoir vu rivaliser avec les Red Wings de Detroit et les avoir battus sans les services de Chris Pronger, suspendu, et de Chris Kunitz, blessé.

    Je savais tout ça, mais honnêtement, je pensais que mon équipe serait en mesure de faire face à la musique et de tenir tête, du moins mieux qu’elle ne le fait, à ces Canards qui n’ont rien de boiteux.

    Mais mon équipe n’est pas arrivée à rivaliser avec les Ducks.

    Du moins pas encore. Et de la façon dont ça se déroule, il est loin d’être acquis que les Sens vont y arriver.

    Bon! La série déménage à Ottawa là où les Sénateurs pourront niveler les chances. Mais avant la finale, les Sénateurs avaient remporté sept matchs sur la route et subi un seul revers.

    C’est sur la route que les Sénateurs ont battu les Penguins. C’est sur la route qu’ils ont battu les Devils. C’est sur la route, trois fois plutôt qu’une, qu’ils ont battu et éliminer les Sabres de Buffalo.

    Mais là, ils ne sont pas même proches de gagner les Sénateurs.

    Quoi? Les deux premiers matchs se sont décidés par un petit but que vous dites. Pourquoi alors jeter la serviette que vous ajoutez.

    Parce que le différentiel d’un but dans ces deux matchs n’est qu’un mirage. De la poudre aux yeux. Parce que dans les faits, les Sénateurs se sont fait planter, lundi, et ils se sont fait planter plus encore hier.

    Les Sénateurs s’enlisent

    Résultat, les Sénateurs s’enlisent.

    Dominés au chapitre des tirs aux buts, des occasions de marquer et de l’intensité, les Sénateurs d’Ottawa ont subi un revers de 1-0 et ils se réveillent ce matin avec un recul de 0-2 dans la série finale de la coupe Stanley qui les oppose aux Ducks d’Anaheim.

    Ce sont encore les as du trio défensif composé de Samuel Pahlsson, Ron Niedermayer et Travis Moen qui ont coulé les Sénateurs.

    Car après avoir vu Travis Moen marquer le but de la victoire, tard en 3e période, lundi, Samuel Pahlsson l’a imité alors qu’il a profité d’un des nombreux revirements dont se sont encore rendus coupables les gros canons des Sénateurs pour briser l’égalité de 0-0 qui prévalait jusqu’en milieu de troisième période.

    « Heatley a perdu la rondelle à notre ligne bleue et j’ai pu foncé jusqu’à l’autre bout où j’ai tiré entre les jambières d’un défenseur (Joe Corvo) pour surprendre le gardien », a expliqué Samuel Pahlsson qui a aussi profité du fait que Daniel Alfredsson a cessé sa poursuite pour décocher un bon tir sur lequel Ray Emery a cédé après avoir effectué 28 arrêts consécutifs.

    «Nous avons mieux, nous avons mieux patiné, mais en bout de ligne nous avons commis encore trop de revirements alors que nous tentons de générer de l’attaque en étant trop créatif et pas assez efficace », a indiqué l’entraîneur-chef Bryan Murray.

    On veut bien, mais cela n’a pas été suffisant. Loin de là.

    Car sans Ray Emery, les Sénateurs n’auraient jamais été dans le coup encore hier.

    Solide du début à la fin de la rencontre, le gardien a fait face à 31 tirs et il s’est illustré à titre de meilleur joueur de son équipe pour un deuxième match de suite.

    Devant Emery, les membres du gros trio des Sénateurs ont été blanchis pour un deuxième match consécutif. Matés une fois encore à cinq contre cinq, Alfredsson, Heatley et Spezza ont eu l’occasion de tonner en fin de première période alors que les officiels ont puni coup sur coup Shawn Thornton et Chris Pronger.

    Contrairement à lundi, alors qu’ils ont complètement bousillé cette occasion en or, les Sénateurs ont généré de belles attaques. Jean-Sébastien Giguère a volé un but à Heatley avec sa jambière gauche et s’est dressé devant Daniel Alfredsson.

    Ce furent les meilleures et les trop rares occasions de marquer dont Ottawa a profité.

    Car entre la première et la toute fin de troisième, alors que les Sénateurs ont bourdonné, mais se sont butés à Giguère et à Chris Pronger qui a bloqué deux tirs dans les derniers instants du match, les Sénateurs n’ont généré que deux occasions de marquer.

    Cela explique bien des choses…

    « Je savais que Heatley était à ma gauche et que le jeu s’en venait vers lui. J’ai pu anticiper le jeu et les gars se sont occupés du reste», a indiqué Jean-Sébastien Giguère qui n’a fait face qu’à 16 tirs, un record pour les Ducks.

    Et de ces 16 tirs, les Sénateurs en ont obtenu huit en avantage numérique…

    « On a vraiment joué un bon match. Il faudra arrêter de leur donner des avantages de deux hommes, mais pour le reste, on a joué un très gros match », a indiqué Giguère qui récoltait un 6e jeu blanc en carrière en séries, un premier ce printemps.

    Sur le plan physique, les Ducks ont encore eu le dessus hier.

    Mais contrairement à lundi alors qu’ils encaissaient en tendant l’autres joue, les Sénateurs se sont tenus debout et ils ont même bardassé pas mal leurs adversaires, surtout en début de rencontre.

    Mais ce ne fut pas suffisant et l’intensité des Ducks et la qualité de leur échec avant a encore eu raison du premier trio des Sénateurs sans lequel cette équipe semble bien démunie.

    Car dans mes prédictions formulées avant la finale, je vous proposais que les quatre trios des Sénateurs et meilleurs que les quatre des Ducks.

    C’est loin de se vérifier.

    Car pendant que le premier trio se fait museler, les autres ne font rien de bon. Ce qui ne laisse entrevoir rien de bon.

    Les joueurs des deux équipes effectuent l’envolée vers Ottawa aujourd’hui alors que le prochain match ne sera disputé que samedi à la Place Banque Scotia.

    Les Sénateurs devront profiter de ce retour à la maison pour améliorer leur intensité et la qualité de leur jeu sans quoi la série pourrait se terminer bien plus vite que bien des observateurs l’anticipaient.

    Vus dans les estrades au cours des deux premières périodes quelques vedettes de la télé dont j’ai déjà vu les visages, mais dont les noms ne me disent rien et le chanteur Snoop Googie Dog qui semble se plaire au match des Ducks en plus de Sheldon Souray qui est venu assister au match.

    Tout juste avant la troisième période, Snoop a accordé une entrevue à la CBC, entrevue au cours de laquelle il a indiqué aimer le hockey et le déploiement du jeu. Il portait un chandail des Ducks, mais en a reçu un de son ami Ray Emery…

    Caron courtise la coupe Stanley dans l’ombre…

    Derrière Jean-Sébastien Giguère et Ilya Brizgalov, Sébastien Caron attend son tour. Mais le gardien québécois ne se conte pas d’histoire : ce tour viendra seulement en cas de grosse catastrophe.

    Obtenu des Blackhawks de Chicago le 28 décembre dernier, Caron a passé l’hiver entre le club-école des Ducks, à Portland, et la Californie.

    Mais la Californie n’a rien de très exotique pour le gardien originaire d’Amqui alors qu’il est confiné à une chambre d’hôtel de l’autre côté du stationnement du Honda Center bien loin de la plage et des quartiers huppés où vivent ses coéquipiers.

    Et lorsqu’il endosse l’équipement, Caron sert de chair à canon à ses coéquipiers qui ménagent Giguère et son adjoint.

    « Je vis quand même la course à la coupe Stanley depuis le début et je fais parti de l’équipe à part entière. Les gars de soutient ne sont pas gardés à part. On est là et on joue le rôle qui nous est donné », a mentionné le gardien qui aura 27 à la fin juin.

    Joueur autonome avec restriction, Sébastien Caron ne sait pas vraiment ce qui l’attend. Mais, après avoir disputé 90 matchs en carrière dans la LNH avec les Penguins de Pittsburgh et un autre avec les Hawks plus tôt cette année, il pourrait obtenir le titre d’adjoint à Anaheim l’an prochain si les Ducks n’arrivent pas à garder Giguère et Bryzgalov.

    Entre les lignes

    De Sorel à Anaheim… Au milieu des équipes de reportages de la CBC, de NBC, Versus et des autres grands médias électroniques qui suivent les activités entourant la finale Ducks-Sénateurs, Jean Doyon et Yanick Lévesque font bande à part. Travaillant pour la station indépendante CJSO, de Sorel, le duo de commentateurs a fait le trajet Sorel-Anaheim afin de suivre la première finale du héro local François Beauchemin. Les deux hommes qui décrivent normalement les matchs du Mission, de la Ligue semi-pro, ont diffusé un match Ducks-Penguins plus tôt cette saison parce qu’il mettait en vedette un autre héro local, le gardien Marc-André Fleury. « On a obtenu une accréditation et on est fou de joie. Je connais François depuis que nous sommes petits et j’ai toujours suivi sa carrière. Je suis donc très heureux de pouvoir vivre cette expérience et la partager avec nos auditeurs », expliquait Yanick Lévesque qui s’est beaucoup occupé du hockey mineur dans la région de Sorel avant de faire le saut en radio.

    Tous avec Teemu… Il y a des promesses plus difficiles que d’autres à tenir. Parlez-en à Teemu Selanne qui a dû se rendre sur E-Bay pour dénicher les billets nécessaires pour satisfaire tout son monde. Le Finlandais a pris un engagement il y a longtemps alors qu’il avait promis à ses meilleurs amis de les inviter à la finale de la coupe Stanley si jamais il s’y rendait. Lorsque les Ducks ont éliminé les Red Wings de Detroit, son cellulaire a été inondé de messages textes réclamant qu’il honore sa parole. Selanne a donc fait voyager 15 de ses meilleurs amis finlandais en plus de son frère jumeau. Il les héberge aussi, mais comme il était incapable d’obtenir des billets pour tout le monde, il a dû se tourner vers E-Bay pour faire l’acquisition des billets nécessaires…

    Morin en congé… Seul représentant du Québec au sein de la délégation d’officiels en finale de la coupe Stanley, le juge de lignes Jean Morin profitait d’un congé hier. À sa troisième finale après des participations en 2002 et 2006, Morin a pris part à un 6e match en carrière lundi. Ses collègues Jay Sherrers – le plus expérimenté avec 10 matchs de finale – et Scott Driscoll appuyait les arbitres Bill McCreary et Brad Watson hier et c’est le juge de lignes recru en finale Shane Heyer qui était en attente en cas de blessure…

    Saprykin en renfort… Bryan Murray a apporté une modification à l’alignement de son équipe en retirant le petit Patrick Eaves pour le remplacer par Oleg Saprykin qui est plus imposant physiquement. Dans la marre aux Canards, Randy Carlyle n’a apporté aucun changement à sa formation.


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