Gardés dans le match par leur gardien Jean-Sébastien Giguère en première période et beaucoup plus opportunistes que leurs adversaires, les Ducks d’Anaheim ont remporté une victoire de 3-2 pour prendre les devants 2-1 dans la série demi-finale de l’Ouest qui les oppose aux Canucks de Vancouver.
Mais d’ils se réveillent ce matin avec l’obligation de remporter le match de demain afin d’éviter de faire face à l’élimination, les joueurs des Canucks n’ont qu’eux à blâmer.
Car en dépit d’une très bonne première période qui leur a permis d’obtenir 13 tirs au but et de générer huit, sinon neuf, bonnes occasions de marquer, ils ont été incapables de percer Jean-Sébastien Giguère qui a été rien de moins que sensationnel au cours des 20 premières minutes du match.
Aussi habile que rapide pour déployer ses jambières à sa gauche comme à sa droite, Giguère a volé Jan Bulis, Trevor Linden et Bryan Smolinski sur des tirs déviés et des occasions à l’embouchure du but.
Ok! Vous direz que Jan Bulis et Trevor Linden ne sont pas nécessairement les marqueurs les plus redoutables de la LNH, mais quand même, les arrêts que Giguère a réalisés contre eux étaient des arrêts qui font la différence entre une victoire et une défaite.
Et sans ces arrêts du gardien québécois, les Canucks auraient pu s’envoler avec la victoire dès le premier tiers.
Mais les Canucks ont fait pire encore.
Limités à trois petits buts en 50 avantages numériques depuis le début des séries, les Canucks se sont contentés d’un but en huit avantages encore hier.
Pis encore, ils ont bousillé deux avantages de deux hommes. L’un de 37 secondes en première période alors que les deux as défenseurs des Ducks, Scott Nierdemayer et Chris Pronger se sont retrouvés au banc, et un autre de 1 :25 en début de troisième période.
Inversement, les Ducks ont été beaucoup plus opportunistes marquant deux buts sur les cinq attaques massives que leur ont offerts les Canucks.
C’est d’ailleurs pendant une pénalité purgée par le Québécois Alexandre Burrows – il a dégagé la rondelle dans la foule lors d’une sortie de son territoire – que les Ducks ont brisé l’égalité de 2-2 en troisième sur un tir de la pointe de Corey Perry. Bien campé devant le but des Canucks, Chris Kunitz a compliqué le travail de Roberto Luongo.
Luongo, qui a accordé trois buts sur un total de 24 tirs, a joué de malchance en début de rencontre alors qu’il a permis aux Ducks de prendre les devants.
Sorti derrière son filet pour stopper la rondelle, Luongo l’a remise à Corey Perry qui, une fois la surprise de ce cadeau passée, l’a refilée dans l’enclave à son coéquipier Dustin Penner qui a vite poussé la rondelle dans un filet désert alors que Luongo plongeait tête première pour tenter de racheter son erreur.
Luongo, qui n’a fait face qu’à deux tirs au cours de ce premier tiers, s’est bien repris en deuxième effectuant 14 arrêts, mais son vis-à-vis à finalement eu le dessus.
Jean-Sébastien Giguère a d’ailleurs terminé le match comme il l’avait commencé : c’est à dire de façon brillante. Rappelé au banc à la faveur d’un sixième attaquant, Roberto Luongo a été témoin des arrêts sensationnels de Giguère dans les derniers instants de la rencontre.
Troisième étoile du match selon Hockey Night in Canada — il aurait pu être la première — Giguère a d’ailleurs brandi son bâton bien haut lorsque la sirène a mis un terme aux assauts des Canucks qui ont obtenu deux ou trois belles chances de niveler les chances dans les dernières 90 secondes de la rencontre.
François Beauchemin, descendu près du filet de Roberto Luongo pendant une attaque à cinq en deuxième, a été l’autre marqueur d’Anaheim. C’était le troisième filet du défenseur québécois depuis le début des séries.
Des séries qui lui sourit en dépit du fait qu’il a subi une fracture de la mâchoire en première ronde face au Wild du Minnesota alors qu’il a fait dévier un tir frappé directement sur son menton. C’est la raison pour laquelle il joue avec un protecteur de la mâchoire accroché à son casque.
Markus Naslund, qui a sauté sur un retour accordé par Jean-Sébastien Giguère face à Mattias Ohlund lors d’une attaque à cinq, a sauté sur la rondelle pour inscrire les Canucks au pointage en première.
Daniel Sedin, après une belle séquence en échec-avant au cours de laquelle lui et ses coéquipiers ont confiné les Ducks dans leur territoire, a marqué l’autre but des Canucks.
S’ils ont remporté la bataille des tirs aux buts, les Canucks ont fini deuxième, et de loin, au chapitre des mises en jeu et des mises en échec.
Les Ducks, Samuel Pahlsson en tête avec une efficacité de 76 % — 13 mises en jeu gagnées et trois seulement de perdues — ont remporté 62 % des mises en jeu disputées et ils ont distribué 22 mises en échec, soit huit de plus que les Canucks qui ont été mené à ce chapitre par le défenseur Willie Mitchell qui en a obtenu quatre, et de très bonnes…
La série se poursuit mardi au GM Place de Vancouver où les deux équipes s’entraîneront demain.
La serviette de Roger : 25 ans déjà!
Les Canucks et leurs partisans ont célébré à leur façon, hier, le 25e anniversaire du geste de dépit de leur entraîneur-chef de l’époque, Roger Neilson, qui avait accroché une petite serviette blanche au bout d’un bâton qu’il avait ensuite brandi à bout de bras.
Neilson avait adopté ce signe de reddition pour protester contre les pénalités à répétition décernée aux Canucks par l’arbitre Bob Myers en 3e période du 2e match de la finale de la conférence Campbell disputé à Chicago contre les Blackhawks au printemps 1982.
Trois joueurs qui l’avaient imité ont été expulsés de la rencontre et la LNH avait imposé une amende de 1000 $ de Neilson qui ne savait pas que son geste allait devenir un symbole.
Car au retour de l’équipe à Vancouver, deux camions d’incendie surmontés de serviettes blanches ont escorté l’avion sur la piste et lors du match suivant, tous les partisans se sont présentés au domicile des Canucks armés de serviettes blanches qu’ils ont brandies en signe d’appui à leur entraîneur et à leur équipe qui avait finalement éliminé les Hawks pour ensuite perdre en grande finale aux mains des Islanders de New York qui remportaient la 3e de leurs quatre coupes Stanley consécutives.
Dès samedi, les 18 630 sièges du GM Place étaient recouverts de petites serviettes blanches qui n’attendaient que d’être tournoyées et elles se sont fait aller lorsque les joueurs des Canucks ont fait leur entrée sur la patinoire avant le match…
Entre les lignes
Privés des services des défenseurs Kevin Bieksa et Sami Salo lors des deux premiers matchs de la série contre les Ducks, les Canucks ont perdu Rory Fitzpatrick qui était venu en renfort lors des deux premières rencontres. « Fitzpatrick a été frappé par la grippe qui décime notre défensive », a indiqué l’entraîneur-chef Alain Vigneault en convenant qu’il racontait un gros mensonge aux journalistes qui l’entouraient. En plus de Bieksa (torse), de Salo (dos) et de Fitzpatrick (blessure indéterminée), les Canucks ont retenu leur souffle au cours des deux derniers jours en raison du claquage qu’a subi Willie Mitchell à qui François Beauchemin a asséné un solide coup de hanche au tout début du match numéro deux. Mitchell était en uniforme hier, « Nous sommes amochés à la ligne bleue, mais les bonnes équipes trouvent le moyen de contourner les blessures », a ajouté Vigneault plus sérieusement. Brent Sopel et Lukas Krajicek ont vu leur tâche doubler lors des deux premiers matchs et les Canucks ont rappelé le défenseur québécois Yannick Tremblay du Moose du Manitoba, leur club-école dans la Ligue américaine…
Les Canucks de Vancouver n’ont rien cassé cette saison en attaque massive se contentant de 70 buts en 407 occasions pour une efficacité bien timide de 17,2 % au 20e du circuit. Mais depuis le début des séries, les Canucks ne sont plus timides, ils sont carrément mauvais comme en témoigne leur moyenne de 6 % attribuable aux trois petits buts marqués en 50 occasions avant le match d’hier…
Les Canucks ont remporté quatre de leurs cinq victoires depuis le début des séries par un petit but. Une statistique fidèle à leur saison régulière alors que Vancouver a présenté un dossier de 30 victoires, 11 revers en prolongation et 7 en fusillade dans le cadre de matchs qui se sont décidés par un but. Seuls les Devils du New Jersey (32-7-9) ont obtenus de meilleurs résultats en pareilles circonstances cette année…
Avec 17 victoires en prolongation contre trois défaites en surtemps et quatre en fusillade, les Canucks de Vancouver ont terminé au premier rang de la LNH avec cette récolte de 41 points. Le Wild du Minnesota a lui aussi remporté 17 victoires en prolongation, mais les Canucks a coiffé le Wild au fil d’arrivée en raison d’un plus petit nombre de matchs disputés en prolongation ou fusillade…
C’est la première fois en plus de 20 ans que deux frères en affrontent deux autres en séries éliminatoires alors que les jumeaux Henrik et Daniel Sedin croisent les frères Scott et Rob Nierdemayer. La dernière fois qu’un duel du genre a eu lieu, au printemps 1986, l’Avalanche du Colorado s’appelait encore les Nordiques de Québec et les Hurricanes de la Caroline s’appelaient les Whalers de Hartford alors que les frères Anton et Peter Stastny avaient croisé Dave et Wayne Babych…
Les Canucks qui, comme le Canadien à Montréal, sont rois et maîtres à Vancouver, viennent de compléter une troisième saison régulière consécutives de 41 matchs disputés à guichets fermés. En ajoutant à ces 123 parties les matchs de séries éliminatoires, les Canucks profitaient d’une 169e salle comble (18 630) de suite au GM Place…

L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription. 









