Comme l’assuraient tous les dépisteurs amateurs rencontrés au cours des dernières semaines, Erik Johnson représentait le seul candidat au titre de tout premier choix de la cuvée 2006.Défenseur géant, solide, rapide, considéré par plusieurs experts comme le meilleur défenseur âgé de 18 ans à passer au repêchage depuis un quart de siècle – on le dit déjà supérieur à Dion Phaneuf des Flames de Calgary qui était en lice jeudi soir pour le titre de recrue de l’année dans la LNH – Johnson s’est avéré une sélection évidente et facile pour les Blues de St.Louis.Oh! Les Blues ont laissé courir la rumeur selon laquelle ils étaient prêts à échanger ce joyau américain, une procédure normale pour tenter de faire monter les enchères, mais en bout de ligne ils ont respecté la logique. Surtout que dans l’état actuel de leur équipe, les Blues ne pouvaient se permettre de laisser passer un défenseur aussi solide qui permettra de rebâtir sur des bases solides.Derrière Johnson, qui a ouvert la voie aux neuf autres américains réclamés en première ronde – un record pour les jeunes joueurs du sud de la frontière – on disait que les quatre joueurs les plus susceptibles d’être repêchés étaient de valeur égale. Difficile donc de prévoir dans quel ordre les Jordan Staal (Pittsburgh), Jonathan Toews (Chicago), le suédois Nicklas Backstrom (Washington) et Phil Kessel (Boston) allaient sortir.Le Québécois Derick Brassard (Columbus) a, quant à lui, quitté là où plusieurs le voyaient, soit au sixième rang.Mais voilà, une fois le top 10 passé, un top 10 qui devrait s’avérer aussi solide que celui de 1990 – année de sélection de Owen Nolan, Petr Nedved, Keith Primeau, Mike Ricci et Jaromir Jagr pour ne nommer que ceux là – les choix 11 à 60 et même plus loin étaient difficiles à classer tant aucun ne sortait du lot.Cela devenait donc une question de goût et surtout une question de risque que les équipes étaient prêtes à assumer.Parce que le Canadien de Montréal et son recruteur chef, Trevor Timmins, avaient un projet bien précis en tête, un projet qui a pris quelques observateurs avertis par surprises – Bob McKenzie de TSN n’a pas hésité à dire qu’il s’agissait d’une sélection venant du champ gauche – le Tricolore a échangé son choix de 16e place aux Sharks de San Jose pour obtenir le leur (20e) et un autre en deuxième ronde.Avec la 20e sélection, les recruteurs ont repêché David Fisher, un grand défenseur, grand au sens de long avec de longues jambes, de longs bras, à peine sorti du high school et qui frappera à la porte de la LNH dans deux ou trois ans.Ça fait long à attendre pour une équipe qui est vulnérable dans les mineures à la ligne bleue et qui est loin de compter sur une muraille de Chine à Montréal. Une muraille qui pourrait d’ailleurs perdre un pan important si Francis Bouillon devait quitter Montréal en profitant du marché des joueurs autonomes.Mais bon, peut-être que ce jeune homme de bonne éducation, auréolé du titre prestigieux de Monsieur hockey de l’État du Minnesota où foisonnent des hockeyeurs de talent, s’avèrera un grand coup de génie dans quelques années.On dit de Fisher que si son développement devait se poursuivre normalement il pourrait devenir un défenseur offensif dans la LNH.Ne criez pas au meurtre et ne lapider pas cette sélection immédiatement en raison de la comparaison que je vais dresser ici, mais lorsque j’ai vu David Fisher monter sur la scène pour revêtir le chandail du Canadien, j’ai cru revoir le long, frêle et jeune défenseur très prometteur que le Tricolore avait sélectionné en 1989 en réclamant un certain Patrice Brisebois… David Fischer devient le 10e défenseur de l’histoire du Tricolore sélectionné au premier rang et le troisième en six ans après les sélections de Ron Hainsey (13e sélection en 2000) et Mike Komisarek (8e sélection en 2001), deux autres Américains.Des dix défenseurs repêchés au premier rang par le Canadien, Petr Svoboda (5e sélection en 1984) et Gaston Gingras (27e sélection en 1979) ont connu les plus belles carrières. À l’opposé, les Brad Brown (18e en 1994), David Wilkie (20e en 1992), Brent Bilodeau (17e en 1991), Éric Charron (20e en 1988) et Robin Sadler (9e en 1975) n’ont jamais répondu aux attentes…Mike Komisarek s’avère un choix judicieux alors que le Canadien a perdu patience l’an dernier avec Ron Hainsey qui n’a pas rebondi avec les Blue Jackets de Columbus.L’avenir dira si le Canadien améliorera son taux de réussite avec Fischer.Le Canadien a ensuite jeté son dévolu sur un joueur de centre du nom de Ben Maxwell (49e), du Ice de Kootenay dans la Ligue de l’Ouest.Le Gatinois Mathieu Carle (53e), un défenseur évoluant avec Acadie-Bathurst, est le seul Québécois sélectionné par le Canadien qui a ensuite repêché un spécialiste de l’échec avant avec les Hitmen de Calgary, Ryan White (66e), un défenseur russe du nom de Pavel Valentenko (139e) et un autre défenseur, américain celui là, Cameron Cepek (199e).Vous en savez sans doute autant sinon plus que moi sur tous ces jeunes joueurs alors je serais bien mal venu d’y aller de commentaires élogieux ou non sur l’un ou l’autre.Tout ce que je peux dire, c’est que dans ses commentaires sur sa journée de travail, Trevor Timmins a parlé de ces jeunes avec éloquence en soulignant les forces de chacun, mais aussi en ajoutant des SI nombreux auxquels il faudra obtenir des réponses positives pour que ces sélections aboutissent avec des joueurs au sein du vestiaire du Canadien de Montréal.Pour l’instant, les six joueurs repêchés par le Canadien ne sont que des projets. De beaux projets, mais des projets quand même…Cela dit, chaque année certains projets comme ceux amorcés par le Canadien samedi, à Vancouver, se traduisent pas des coups fumants. Il serait donc prématuré de conclure que le Canadien ne s’est pas amélioré en fin de semaine.Seul le temps sera le juge dans ce dossier…Mais du temps, le Canadien n’en a pas beaucoup en banque pour reprendre sa place au sein de l’élite de la LNH. Espérons alors que Bob Gainey passera aux actes au cours des prochains jours en mettant sous contrat Francis Bouillon et Cristobal Huet – Gainey a souligné être près d’un accord avec son gardien, mais n’a pas soufflé mot sur les négos avec son petit défenseur – et en profitant du marché des joueurs autonomes pour passer des projets au concret. Lire le reste de cet article »
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