Le blogue de l'édito

Archive de la catégorie ‘Transports’

Vendredi 19 avril 2013 | Mise en ligne à 12h59 | Commenter Commentaires (10)

Faut-il régler tous les problèmes ?

Alain Roberge archives LP

Photo: Alain Roberge, archives La Presse.

NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

C’est la question qui je me pose en lisant le plus récent rapport du comité sénatorial sur les transports.

Le problème? Les Canadiens qui traversent la frontière américaine pour prendre l’avion. Plus de 5 millions par an*, croit le comité. La solution ? Éliminer graduellement les loyers des aéroports.

L’idée n’est pas nouvelle. Le même comité l’avait déjà proposée l’été dernier – sans compter tout ceux qui, au nom du transport aérien, du tourisme et du développement économique, en rêvent tout haut depuis des années.

Je ne suis pas plus amateur de taxes, tarifs et autres frais gouvernementaux que quiconque. Mais je trouve qu’Ottawa a bien fait de transférer la gestion des plus gros aéroports les plus achalandés à des administrations locales dans les années 90. Cette politique est une réussite, reconnaît d’ailleurs le comité sénatorial, en notant que ces aéroport se sont développés «au point de devenir parmi les meilleurs au monde». Et ce grâce un système basé sur le principe d’utilisateur payeur. Tu prends l’avion au Canada? Tu payes ta part des coûts. Plate, mais clair.

Comme je l’ai mentionné ici, Ottawa devrait toutefois imposer un véritable loyer aux aéroports, au lieu de l’actuel pourcentage des revenus qui a tout d’une taxe déguisée. Mais éliminer ces frais pour les refiler à l’ensemble des contribuables ? Un instant!

L’ensemble des taxes, frais et redevances (dont le loyer aéroportuaire ne constitue qu’une partie) représente seulement 15% à 33% de la différence de prix moyenne entre un vol canadien et américain. Éliminer ces loyers ne permettrait donc pas de réduire le prix des billets de façon assez importante pour ramener tous les Canadiens qui s’envolent des États-Unis. L’activité économique ainsi générée ne serait donc pas suffisante pour compenser tout l’argent que le Trésor public perdrait en éliminant les loyers des aéroports.

Peut-on vraiment qualifier de «solution» une mesure qui crée un problème encore plus grand ?

Lire les commentaires (10)  |  Commenter cet article






Mercredi 3 avril 2013 | Mise en ligne à 12h22 | Commenter Commentaires (32)

Trop chers, les stationnements d’hôpitaux?

Photothèque le Soleil

À l'hôpital régional de Rimouski, le tarif de stationnement pour la journée a bondi de 5,50 $ à 9,50 $ en deux ans, afin de financer l'ajout de nouvelles cases et d'une sortie supplémentaire. Source: photothèque Le Soleil.

NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

L’émission Marketplace (CBC télé) a découvert des choses étonnantes en interrogeant les Canadiens sur les coûts de stationnement à l’hôpital. Plus de la moitié disent qu’ils affectent la durée ou la fréquence de leurs visites. Plus précisément:

- 38% n’ont pas pu rendre visite à un malade aussi souvent qu’ils l’auraient voulu, et 20% n’ont pas plus le faire du tout

- 3% ont manqué des rendez-vous médicaux

- 14% disent ne pas avoir les moyens de faire du bénévolat

Déjà, en 1999, ce psychiatre avait interrogé 81 patients sur le sujet. Plus de huit sur dix lui ont avoué ne pas avoir les moyens de se stationner à l’hôpital. Comment composaient-ils avec cet obstacle? Sans surprise, la majorité se stationnaient plus loin et marchaient. Mais plusieurs ont aussi indiqué que cela les avait empêché d’aller à un rendez-vous ou de participer à un programme (42%), qu’ils avaient cessé d’y aller après quelques rendez-vous (31%) ou qu’ils y allaient quand ils avaient de l’argent pour payer le stationnement (36%). Triste, non?

Et le problème risque d’empirer, puisque l’exemption de TPS pour les stationnement d’hôpitaux a été éliminée dans le dernier budget fédéral, note Marketplace.

Le hic, c’est que les stationnements sont une source de revenus importante pour les hôpitaux. Dans le futur CHUM, par exemple, ces revenus font partie intégrante du modèle de financement.

Ce qui n’a pas empêché le Journal de l’Association médicale canadienne de prendre position pour la gratuité l’an dernier. Apparemment, c’est déjà le cas en Écosse et au pays de Galles. Mais cette position est loin de faire l’unanimité,  comme on le voit ici et .

Une telle gratuité profiterait aussi à ceux qui ont les moyens de payer leur stationnement, ce qui serait un gaspillage de fonds publics. Et dans une ville comme Montréal, elle inciterait des gens qui seraient venus en transport en commun à prendre leur voiture. Pas très heureux.

Une lectrice nous disait récemment qu’elle dépense plus de 300$ en stationnement dans les hôpitaux où sont soignés ses proches, soit davantage que le crédit d’impôt auquel elle pourrait avoir droit à titre d’aidante naturelle. Peut-être faudrait-il créer un crédit d’impôt spécifique pour frais de stationnement à l’hôpital ?

Qu’en pensez-vous? Est-ce que ces frais vous ont déjà empêché d’aller à l’hôpital pour vous ou vos proches?

Lire les commentaires (32)  |  Commenter cet article






Lundi 1 avril 2013 | Mise en ligne à 12h36 | Commenter Commentaires (16)

Cuisine de rue: on avance…

Photo: Bernard Brault, La Presse

Photo: Bernard Brault, La Presse

NDLR : Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

Le dossier avance à la vitesse d’un camion au ralenti, mais au moins, il avance dans la bonne direction.

La Commission permanente sur le développement économique et urbain vient de recommander «que le conseil municipal se prononce en faveur du déploiement de la cuisine de rue sur le territoire de la Ville de Montréal».

On reste dans la logique du projet pilote, puisque l’indispensable cadre réglementaire reste à créer « dans la perspective d’une implantation progressive à compter de 2015 et d’un développement à moyen et long terme».

En attendant, on devrait voir davantage de camions culinaires dans la métropole. Le maire a annoncé un projet dans Ville-Marie cet été. Les autres arrondissements intéressés sont aussi invités à favoriser la présence de la cuisine de rue sur leur territoire.

Il y a beaucoup de bon dans le rapport de la Commission. Des évidences, comme le respect des normes de salubrité, de gestion des déchets et de bruit. Des orientations intéressantes, comme l’obligation d’avoir des camions et roulottes réellement mobiles, retirés du domaine public hors des heures d’opération et n’occupant pas toujours le même site.

Mais il y a aussi des recommandations discutables, comme l’obligation de posséder un lieu de production fixe à Montréal «dans une perspective d’équité fiscale entre commerçants». Ça sent la fleur faite aux restaurateurs, qui ont toujours surestimé la concurrence faite par la cuisine de rue. Toutes les fois où j’ai acheté d’un camion, c’était pour goûter ce qu’il faisait ou pour manger sur le pouce dehors. Et si ce camion n’avait pas été là, je ne serais davantage allée dans resto, puisque je n’en avais ni l’envie, ni le temps.

Des points importants devront aussi être précisés. La Commission recommande de «favoriser une offre alimentaire basée sur des produits sains et sur une créativité culinaire.» D’accord pour qu’on refuse que ces camions vende des hot-dogs et des pizzas bas de gamme: on n’a pas besoin d’eux pour ça. Mais il ne faudrait pas que ce critère de «produits sains» nous prive d’aliments savoureux sous prétexte qu’ils ressemblent à de la malbouffe, comme des tacos ou de la poutine au canard.

Et une fois ce point réglé, il faudra un un appel de candidatures extrêmement rigoureux, pour s’assurer d’avoir la meilleure offre possible. Vous pouvez voir toutes les recommandations ici (merci à Radio-Canada).

Et dites-moi: êtes-vous un client de ces camions qui servent de la bouffe de rue? Qu’en pensez-vous?


Lire les commentaires (16)  |  Commenter cet article






publicité

  • Twitter

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    juillet 2011
    L Ma Me J V S D
    « juin   août »
     123
    45678910
    11121314151617
    18192021222324
    25262728293031
  • Archives