Le blogue de l'édito

Archive de la catégorie ‘Techno’

Lundi 24 octobre 2011 | Mise en ligne à 14h07 | Commenter Commentaires (4)

Quel avenir pour Yahoo! ?

YAHOO__mPhoto Reuters

NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

Ça faisait une paye que Yahoo! n’avait pas autant attiré l’attention. Même l’alliance conclue avec Microsoft il y a deux ans n’avait pas réussi à soulever les foules. Mais la machine à spéculer est bel et bien repartie, amorcée la fin de la semaine dernière par le Wall Street Journal et alimentée par tout un chacun depuis.

Les hypothèses selon lesquelles Microsoft et Google seraient intéressés à jouer les banquiers dans un éventuelle transaction montrent à quel point l’ancienne gloire d’internet est rendue dans un cul-de-sac. Des investisseurs comme Silver Lake et l’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada ne cherchent pas un endroit pour stationner leur argent. S’ils sont vraiment interessés à investir dans Yahoo!, c’est qu’ils voient l’entreprise autrement.

Google, même dans un rôle de financier, risque d’avoir du fil à retordre avec les autorités anticoncurrentielles. Un acquéreur comme la chinoise Alibaba ne poserait pas le mêmes problème de chevauchement, mais rencontrerait d’autres résistances aux États-Unis.

Yahoo! a beau attirer près de 700 millions de visiteurs uniques par mois et être le site de nouvelles le plus fréquenté, son étoile de deuxième moteur recherche pâlit de plus en plus. Sa part de marché aux États-Unis est tombée à 15,5% en septembre, l’éloignant encore plus de Google et rétrécissant l’écart qui la sépare de Microsoft. Et surtout, on ne sait pas où cette société s’en va. Pire, on n’a pas l’impression qu’elle le sache elle-même. J’ai encore une adresse de courriel Yahoo!, mais je ne me souviens plus de la dernière fois où j’ai utilisé ce portail pour faire une recherche, m’informer ou quoi que ce soit d’autres.

Yahoo! a encore une bonne valeur marchande, puisque plusieurs acquéreurs potentiels s’y intéressent. Mais a-t-elle un avenir?

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Dimanche 2 octobre 2011 | Mise en ligne à 13h55 | Commenter Commentaires (8)

Groupon: les nuages s’accumulent

Photo AFP

Photo AFP

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André Pratte

Les choses vont mal pour Groupon, dernière star de l’industrie numérique. Née en 2008 à Chicago, Groupon offre aux consommateurs, sur internet, d’importants rabais sur des produits vendus par des commerces locaux. L’entreprise a cru à une vitesse phénoménale. Elle est aujourd’hui active dans plus de 40 pays (dont le Canada).

En 2010, Google a offert d’acheter Groupon pour 6 milliards mais a été repoussée. Par la suite, les rumeurs les plus folles ont couru sur ce que vaudrait Groupon lorsqu’elle ferait son entrée en bourse. Le printemps dernier, on parlait d’entre 15 milliards et 25 milliards! «Le marché est-il en train de devenir fou?», se demandait alors ma collègue Ariane Krol.

Nous ne sommes peut-être pas au bord de l’éclatement d’une nouvelle bulle techno mais Groupon, elle, connaît une inquiétante série de problèmes. En juin, elle a déposé à la Securities Exchange Commission la documentation nécessaire à son introduction en bourse, alors prévue pour septembre. Depuis, cette entrée a été indéfiniment retardée. La semaine dernière, la compagnie a perdu son deuxième cadre supérieur en quelques mois. De plus, elle a dû réviser à la baisse ses revenus. Ainsi, pour le premier semestre de 2011, on ne parle plus de 1,5 milliard mais de moins de 700 millions. L’entreprise considérait comme faisant partie de ses revenus la part qu’elle remettait aux commerçants dont elle vendait les produits; la SEC lui a fait comprendre que ça ne se faisait pas.

On ne sait pas encore dans quelle mesure ces développements influeront sur l’avenir de la compagnie. Bien avant ces difficultés, certains s’interrogeaient sur la valeur à long terme du modèle d’affaires de Groupon. Ainsi, l’entreprise compte une multitude de concurrents locaux, qui connaissent mieux leur marché qu’elle. Chaque commerçant a vite épuisé l’avantage que peut lui procurer ces achats de groupe. Enfin, Groupon a besoin d’un grand bassin de main-d’oeuvre (7000 employés) pour augmenter sans cesse ses ventes, de sorte qu’elle n’est toujours pas profitable.

Il est sans doute trop tôt pour statuer sur l’avenir de Groupon. Mais il se pourrait qu’elle ne soit qu’une des nombreuses étoiles filantes qu’aura connues le monde des technos.

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Samedi 20 août 2011 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Commentaires (18)

La pause-internet qui augmente la productivité

FILM-BUZZ__m

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Ariane Krol

Plaisir coupable, voire même interdit par plusieurs employeurs, les répits que les travailleurs s’accordent en regardant une vidéo sur YouTube ou en prenant des nouvelles de leurs amis sur Facebook seraient en réalité bénéfiques à leur productivité. C’est en tout cas ce qu’ont constaté des chercheurs de l’Université nationale de Singapour. Leurs travaux, présentés cette semaine dans un congrès de gestion, ne semblent pas encore avoir fait l’objet d’une publication scientifique évaluée par les pairs, mais ils devraient intéresser beaucoup de gens. Car ils contredisent ce que beaucoup d’employeurs prennent pour acquis depuis plusieurs années, à savoir que l’internet est une source de distraction nuisible pour le rendement du personnel.

Dans l’une des expériences, les 96 participants passaient les 20 premières minutes à souligner autant de lettres «e» qu’ils le pouvaient dans un texte de 3500 mots. Ils étaient ensuite répartis au hasard en trois groupes durant 10 minutes. Le premier groupe pouvait faire ce qu’il voulait sauf aller sur internet, le deuxième pouvait naviguer sur des sites choisis (nouvelles, réseautage social, jeu en ligne, loisirs) et le troisième devait accomplir une autre tâche. Après cela, les participants étaient rassemblés de nouveau durant 10 minutes pour identifier des lettres «a», cette fois dans un texte de 2000 mots. On leur faisait ensuite remplir un questionnaire pour mesurer leur niveau de fatigue mentale, d’ennui et d’engagement.

Les plus productifs ? Ceux qui ont fait une pause de 10 minutes sur internet! Ils ont identifié 316 «a» en moyenne, soit 16% de plus que le groupe qui a pris une pause libre, et 39% de plus que le groupe qui a dû accomplir une autre tâche. Et ils ont déclaré des niveaux de fatigue mentale et d’ennui moindres, et un niveau d’engagement plus élevé . Les participants en pause libre, précisons-le, avaient notamment le droit de faire des appels téléphoniques et d’envoyer des textos.

Que faut-il en conclure? D’abord que travailler sans interruption est une très mauvaise habitude qui mine non seulement la productivité, mais aussi la capacité d’attention. Ensuite que s’évader quelques minutes sur le Web peut faire le plus grand bien. Ça permet de recharger ses batteries avant de se remettre à la tâche.

Ça ne s’applique cependant pas au courriel personnel qui, nécessitant souvent une réponse, est une source de déconcentration, précisent les chercheurs. Dans ce cas, je ne suis pas sûre que la fréquentation des réseaux sociaux, pourtant inclus dans l’expérience, soit une bonne idée non plus. Comme on dit dans la plupart des études, «d’autres recherches seraient nécessaires».

En attendant, parlons plutôt de votre expérience. Limitez-vous votre utilisation personnelle d’internet au travail pour réduire les pertes de temps et ne pas nuire à votre concentration? Ou, au contraire, utilisez-vous régulièrement le Web comme source de distraction, pour rompre la monotonie ou vous changer les idées ? Et que pensez-vous des employeurs qui bloquent l’accès à certains sites comme YouTube ou eBay?

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