Le blogue de l'édito

Archive de la catégorie ‘Santé’

Mercredi 3 avril 2013 | Mise en ligne à 12h22 | Commenter Commentaires (32)

Trop chers, les stationnements d’hôpitaux?

Photothèque le Soleil

À l'hôpital régional de Rimouski, le tarif de stationnement pour la journée a bondi de 5,50 $ à 9,50 $ en deux ans, afin de financer l'ajout de nouvelles cases et d'une sortie supplémentaire. Source: photothèque Le Soleil.

NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

L’émission Marketplace (CBC télé) a découvert des choses étonnantes en interrogeant les Canadiens sur les coûts de stationnement à l’hôpital. Plus de la moitié disent qu’ils affectent la durée ou la fréquence de leurs visites. Plus précisément:

- 38% n’ont pas pu rendre visite à un malade aussi souvent qu’ils l’auraient voulu, et 20% n’ont pas plus le faire du tout

- 3% ont manqué des rendez-vous médicaux

- 14% disent ne pas avoir les moyens de faire du bénévolat

Déjà, en 1999, ce psychiatre avait interrogé 81 patients sur le sujet. Plus de huit sur dix lui ont avoué ne pas avoir les moyens de se stationner à l’hôpital. Comment composaient-ils avec cet obstacle? Sans surprise, la majorité se stationnaient plus loin et marchaient. Mais plusieurs ont aussi indiqué que cela les avait empêché d’aller à un rendez-vous ou de participer à un programme (42%), qu’ils avaient cessé d’y aller après quelques rendez-vous (31%) ou qu’ils y allaient quand ils avaient de l’argent pour payer le stationnement (36%). Triste, non?

Et le problème risque d’empirer, puisque l’exemption de TPS pour les stationnement d’hôpitaux a été éliminée dans le dernier budget fédéral, note Marketplace.

Le hic, c’est que les stationnements sont une source de revenus importante pour les hôpitaux. Dans le futur CHUM, par exemple, ces revenus font partie intégrante du modèle de financement.

Ce qui n’a pas empêché le Journal de l’Association médicale canadienne de prendre position pour la gratuité l’an dernier. Apparemment, c’est déjà le cas en Écosse et au pays de Galles. Mais cette position est loin de faire l’unanimité,  comme on le voit ici et .

Une telle gratuité profiterait aussi à ceux qui ont les moyens de payer leur stationnement, ce qui serait un gaspillage de fonds publics. Et dans une ville comme Montréal, elle inciterait des gens qui seraient venus en transport en commun à prendre leur voiture. Pas très heureux.

Une lectrice nous disait récemment qu’elle dépense plus de 300$ en stationnement dans les hôpitaux où sont soignés ses proches, soit davantage que le crédit d’impôt auquel elle pourrait avoir droit à titre d’aidante naturelle. Peut-être faudrait-il créer un crédit d’impôt spécifique pour frais de stationnement à l’hôpital ?

Qu’en pensez-vous? Est-ce que ces frais vous ont déjà empêché d’aller à l’hôpital pour vous ou vos proches?

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Mardi 26 février 2013 | Mise en ligne à 12h16 | Commenter Commentaires (28)

Santé: mieux vaut être riche…

stet_mNDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

Les dictons n’ont pas toujours raison. «Mieux vaut être riche et en santé que pauvre et malade» ne s’est avéré qu’à moitié dans cette expérience réalisée dans la région de Toronto. Les chercheurs ont voulu savoir si le statut socio-économique du patient joue sur ses chances de trouver un médecin de famille. La réponse est aussi prévisible que déprimante.

C’est la mauvaise nouvelle de cette étude: les chercheurs qui appelaient les cabinets de médecins en prétendant être un employé de banque récemment transféré à Toronto se sont fait offrir un premier rendez-vous beaucoup plus souvent que ceux qui se faisaient passer pour des assistés sociaux. Leurs chances d’être reçus étaient meilleures par plus de 50%!

Soulignons que les 375 médecins approchés étaient tous participants au régime d’assurance-maladie ontarien. Ils étaient donc assurés d’être payés, peu importe les revenus du client.

Il y a tout de même une bonne nouvelle. Les «patients» qui disaient chercher un médecin pour leurs problèmes de santé chroniques (diabète et maux de dos) ont aussi reçu plus d’offres de rendez-vous que ceux qui prétendaient avoir besoin d’un simple examen annuel et ce, quelle que soit leur situation.

Les assistés sociaux font-ils l’objet de discrimination ? Pour le savoir, il aurait fallu que chaque cabinet reçoive un appel des deux types de patients dans un court laps de temps. Les chercheurs n’ont pas voulu le faire pour ne pas éveiller les soupçons. Chaque cabinet a donc reçu un seul appel de faux patient – le statut socioéconomique et l’état de santé étaient déterminés au hasard.

On constate néanmoins qu’un citoyen démuni doit faire pas mal plus d’appels qu’un mieux nanti pour voir un médecin.

L’expérience portait sur des omnipraticiens de Toronto. Je me demande si les résultats aurait été les mêmes dans de petites villes ou à la campagne. Ou avec des médecins de famille québécois.

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Dimanche 17 février 2013 | Mise en ligne à 21h48 | Commenter Commentaires (8)

Élémentaire, docteur…

Warner Bros

Faire-valoir un peu terne sous la plume d'Arthur Conan Doyle, Watson est devenu un héros futuriste sous l'impulsion de la firme IBM (Photo: Waner Bros)

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Ariane Krol

En février 2011, il avait amusé  les foules en battant deux champions du jeu télévisé Jeopardy! Deux ans se sont écoulés depuis et apparemment, le système informatique Watson n’a pas perdu son temps. Gavé d’informations sur le cancer, il s’apprête à aider oncologues et chercheurs à déterminer le meilleur traitement pour le patient qui se trouve devant eux.

L’idée n’est pas de remplacer le médecin, mais de l’assister dans l’analyse de l’information médicale pertinente (articles scientifiques, recherches cliniques, cas documentés, résultats de labo), qui croit à une vitesse exponentielle. IBM, qui a développé cette application médicale avec un  centre de cancérologie et une firme spécialisée dans la santé, a annoncé ses premiers clients récemment.

Il faudra voir ce qu’en diront les spécialistes appelés à travailler avec ce Watson, mais compte tenu de l’importance et de la difficulté de se tenir à jour en médecine, l’outil me semble prometteur. Et pas seulement pour traiter de l’information médicale. À quand un Watson pour les citoyens, qui analyserait les déclarations publiques des politiciens et des lobbies en temps réel pour en signaler les erreurs et les faussetés ?

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