
Photo: Reuters
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Ariane Krol
Loin d’émousser le caractère distinct du Québec, l’immigration contribue au contraire à nous différencier des provinces (Ontario, Colombie-Britannique) et des villes (Toronto, Vancouver) auxquelles on se compare habituellement, nous a appris l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011, publiée cette semaine par Statistique Canada .
Autre aspect tout aussi frappant, mais dont je n’ai pas parlé en éditorial faute d’espace: la religion. Ou plutôt, l’absence de.
Près d’un Canadien sur quatre (23,9 %) a déclaré n’avoir aucune appartenance religieuse. Même chose en Ontario, et pas mal plus en Colombie-Britannique: presque un répondant sur deux y affirme n’avoir aucune religion. Au Québec ? Un peu moins d’un sur huit (12,1%)!
Notez qu’on n’interrogeait pas les gens sur leur pratique, mais sur leur appartenance religieuse. Le taux est à peine plus faible dans la région de Montréal, où seulement un habitant sur sept (14,9%) a dit n’avoir aucune religion.
Tout ça pour ça? Pourquoi tous ces débats sur la laïcité, le crucifix, les signes ostentatoires, l’espace public et tutti quanti si, devant un questionnaire anonyme, à l’abri des regard du curé et de la belle-mère, à peine 12% de la population ose revendiquer cette neutralité et se déclarer sans religion ?
Vraiment, nous sommes étonnants.
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