Le blogue de l'édito

Archive de la catégorie ‘Histoire’

Mardi 30 avril 2013 | Mise en ligne à 11h26 | Commenter Commentaires (22)

Le retour de Churchill

Photo Yousuf Karsh (1941)

Photo Yousuf Karsh (1941)

NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

André Pratte

Est-ce le hasard ou la nostalgie d’un leader tel qu’il ne s’en fait plus? On parle beaucoup de Winston Churchill ces temps-ci dans le monde anglo-saxon. La Bank of England vient d’annoncer que son nouveau billet de 5 livres sera illustré d’un portrait de Churchill. L’ancien premier ministre britannique (1940-45, 1951-55) sera la seule personne du XXème siècle apparaissant sur un billet de banque anglais.

churchill_sLe portrait reprend la célèbre photo de sir Winston prise par le Canadien Yousuf Karsh, à Ottawa, en 1941. La légende veut que Karsh ait provoqué la colère du premier ministre en lui enlevant son cigare de la bouche. D’où l’air renfrogné qui a fait du cliché l’un des plus connus de l’histoire.

Il y a quelques mois a été publié le troisième tome d’une monumentale biographie de Winston Churchill signée par le journaliste américain William Manchester. Décédé en 2004, Manchester a passé le relais à un collègue, Paul Reid. On y découvre (ou redécouvre) combien Churchill était un personnage à part. On le connaît bien sûr comme orateur hors pair, talent grâce auquel il a inspiré son peuple pendant la Seconde Guerre mondiale. Il était aussi plein de défauts: colérique, alcoolique, brouillon. Ayant fait une carrière militaire, il se croyait grand stratège mais ses généraux pestaient contre les ordres et conseils dont il les inondait.

Difficile d’imaginer qu’un tel homme puisse survivre à la surveillance médiatique d’aujourd’hui. Par contre, l’histoire compte peu de personnes animées par des convictions aussi fortes. Si Churchill n’avait pas été à ce point déterminé à combattre Hitler, s’il n’avait pas insufflé à son peuple le courage d’endurer la guerre pendant encore quatre ans, l’Angleterre aurait peut-être baissé les bras, avec des conséquences catastrophiques pour l’Europe et pour le monde. Pour cette seule raison, il aurait mérité de figurer sur un billet de banque bien avant aujourd’hui.



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Mardi 13 décembre 2011 | Mise en ligne à 14h56 | Commenter Commentaires (43)

On est 8 millions, parlons-en

Andre Pichette_mUn des 88 300 bébés nés en 2010. (Photo André Pichette, La Presse)

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Ariane Krol

C’est chose faite, ou ça ne saurait tarder: nous serons 8 millions d’habitants avant la fin de l’année, confirme l’Institut de la statistique du Québec. Il nous aura fallu 21 ans pour gagner un million de concitoyens de plus – le seuil des 7 millions avait été atteint en 1990. Quelques tendances:

Stable

- Les naissances: 88 300 en 2010, contre 88 600 l’année précédente.

- Les remariages. Depuis 10 ans, environ le tiers des mariages comptent au moins un des deux conjoints ayant déjà été marié.

En hausse

- L’espérance de vie à la naissance (81,7 ans)

- Les décès: 58 400 l’an dernier, 20 % de plus qu’il y a 20 ans. Et avec le vieillissement de la population, ça ira en augmentant.

- Le mariage: presque 23 200 l’an dernier, contre 22 600 en 2009 et environ 22 000 de 2005 à 2008.

- Les mariages célébrés par  une personne désignée, comme un membre de la famille (15 %) ou un notaire (12 %).

- Les bébés hors mariage: presque deux sur trois l’an dernier, contre un sur deux en 1995.

- Le Maroc, l’Algérie et la France, les trois principales sources d’immigration en 2010.

- Les Québécois nés à l’étranger: 11,5 % de la population en 2006, contre 8,7 % en 1991.

En baisse

- L’écart entre l’espérance de vie hommes-femmes: 4,1 ans contre 7,7 ans à la fin des années 1970.

- Le poids démographique du Québec dans le Canada: 23,1 % depuis juillet dernier, contre 25,3 % en 1990. La population québécoise augmente moins vite.

- Le divorce: 13 900 en 2008, soit 400 de moins que l’année précédente et 1100 de moins qu’en 2006.

- Les mariages religieux: 55% des mariages de couples de sexe opposé en 2010, la plus faible proportion jamais enregistrée.

- Les très jeunes mères. Chez les jeunes filles de 15-19 ans, seulement 9 sur 1000 ont eu un bébé l’an dernier, ce qui serait le plus faible niveau
jamais enregistré.

- Le Liban, Haïti et le Viêt Nam,  qui étaient les trois principales sources d’immigration en 1990.

- Les Québécois qui vont vivre ailleurs au Canada. Le déficit migratoire interprovincial (environ 3000 personnes l’an dernier) est l’un des plus faibles depuis 20 ans.

On est 8 millions, et on est bien différents de lorsqu’on était 5, 6 ou même 7 millions. Et à 9 millions, on aura l’air de quoi?

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Mardi 19 juillet 2011 | Mise en ligne à 12h34 | Commenter Commentaires (11)

Chicane pour une épave


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Ariane Krol

Ça se passe au Nunavut, sous des mètres d’eau glaciale, et ça concerne un tas de bois en décomposition. Bref, rien pour faire la manchette par une belle journée d’été. Mais la querelle de chiffonniers qui se déroule en ce moment autour d’une épave d’Amundsen est une honte pour le Canada, et nous devrions nous empresser de remettre ce vestige à qui il appartient.

Le Maud a été abandonné à Cambridge Bay (Ikaluktutiak en inuktitut) par l’explorateur norvégien Roald Amundsen en 1925. Le vaisseau n’a pas réussi à atteindre le Pôle Nord comme prévu, mais comme le rappelle le Globe and Mail, il a quand même franchi le passage du Nord-Est et permis de faire des découvertes importantes. La Compagnie de la Baie d’Hudson l’a racheté en 1925 et utilisé durant cinq ans jusqu’à ce que le navire, pris dans les glaces, coule par le fond. L’entreprise a revendu l’épave, rebaptisée Baymaud, en 1990 pour la somme symbolique d’un dollar à la commune d’Asker, en banlieue d’Oslo.

Les Norvégiens veulent rapatrier le Maud et lui consacrer un musée. Ça ne pourra pas attendre indéfiniment: selon des scientifiques canadiens qui l’ont visitée au milieu des années 90, l’épave tombe en morceaux et risque de se désintégrer complètement si rien n’est fait pour la préserver. Le problème, c’est que des résidants de Cambridge Bay s’y opposent. Ils font même circuler une pétition à cet effet. Le navire, plaident-ils, est «un site archéologique canadien depuis 1930». Pardon?  «C’est dans notre baie, et nous y amenons beaucoup de touristes», a expliqué une porte-parole au Globe.

Que les gens du coin aient exploité cette épave tandis qu’ils l’avaient dans leur cour, c’est tout naturel. Mais qu’ils s’y accrochent alors qu’elle revient de toute évidence à la Norvège est proprement disgracieux. Il y a déjà assez des pays émergents qui doivent batailler durant des années pour récupérer leur patrimoine spolié durant les guerres et les colonisations, on s’attendrait à ce qu’entre pays dits développés, on ait des discussions un peu plus intelligentes.

Ikaluktutiak signifie «lieu où il fait bon pêcher». J’espère que le ministre du Patrimoine canadien ne fera pas de chichis lorsque les Norvégiens demanderont la permission de repêcher le Maud. Si les gens qui vivent du tourisme dans le coin avaient un peu de vision, ils feraient un partenariat avec eux. Entre le film du sauvetage et l’histoire des missions d’Amundsen, il y a de quoi faire un lieu d’interprétation très intéressant pour les touristes à cet endroit qui est au début du passage du Nord-Est.

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