Le blogue de l'édito

Archive de la catégorie ‘Grand Montréal’

Mercredi 4 avril 2012 | Mise en ligne à 5h24 | Commenter Commentaires (30)

Vol de vélos: faut-il s’en étonner?

Vol_Velo_Sequence_4-11_mPhoto Ninon Pednault, La Presse

NDLR : Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

Comme on le voit dans le reportage de mon collègue Hugo Meunier, on ne risque pas grand chose à voler un vélo à Montréal. Il a réussi à le faire huit fois de suite dans des lieux très passants, sans jamais être importuné*.  La plupart des témoins l’ont ignoré. Ceux qui l’ont vu ne se sont pas interposé. Un seul est intervenu, faisant échec à la neuvième tentative. Il s’était lui-même fait voler deux vélos dans le passé.

Davantage que le comportement des passants, c’est celui des cyclistes qui rachètent ces bécanes volées qui me dérange. Évidemment, quand on achète d’un particulier, on ne peut pas savoir. Mais d’un particulier qui a toujours de nouveaux vélos à proposer? Ou qui les vend dans un local qui n’est pas un commerce officiel? Les clients ont intérêt à ne pas être trop regardants. On estime que 15 000 à 30 000 bicyclettes sont volées chaque année à Montréal. À un moment donné, c’est la demande qui suscite l’offre. Et la roue tourne…

* Pour ceux qui n’auraient pas lu ou vu l’histoire en question, précisons qu’aucun vélo n’a été victime de mauvais traitements dans le cadre de ce reportage. La bicyclette “volée”, toujours la même, était celle d’Hugo, qui venait la subtiliser après que sa complice, la photographe-véidéaste Ninon Pednault, l’ait cadenassée dans un lieu public.

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Photo Olivier PontBriand (La Presse)

Photo Olivier PontBriand (La Presse)

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André Pratte

Le représentant de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale, Jean Poirier, parle d’une «fermeture sauvage»; M. Poirier a raison. 2400 employés d’Aveos, une entreprise spécialisée dans la maintenance des avions de ligne, ont appris hier par téléphone qu’ils perdaient leur emploi. La compagnie a fermé ses trois usines du Canada. On a appris ce matin qu’elle souhaitait se placer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers.

Dans une économie capitaliste, il arrive qu’une entreprise doive cesser ses activités en raison de difficultés financières. C’est évidemment difficile pour les employés mais, surtout dans le cas de travailleurs qualifiés, ils ont de bonnes chances de trouver un autre travail. L’entreprise a toutefois le devoir de les traiter avec respect: de leur expliquer ce qui se passe, de respecter les obligations prévues par la convention collective et de les aider à se replacer. Aveos s’est contentée d’appeler ses employés pour leur lire une déclaration de quelques lignes. Pas plus d’explications sur l’avenir de la compagnie, pas de rencontres avec les employés, pas de programme d’aide. Rien. Une fermeture sauvage, c’est ça.

Pourtant, Aveos prétend que le respect de ses employés fait partie de ses valeurs fondamentales: «Respect, Confiance et Sollicitude – notre personnel y a droit.  Nous lui donnons.» Apparemment, il ne s’agissait que de mots creux.

Aveos a fini par s’expliquer dans un bref communiqué de presse. Elle y blâme Air Canada pour ses malheurs: «Depuis le début de l’année, son principal client a réduit, différé et annulé du travail de maintenance, ce qui a résulté en des pertes de revenus d’environ 16 millions $ en moins de deux mois.»
On comprend la colère des employés mis à pied. Une colère accrue par l’impression d’avoir été victimes des manoeuvres d’Air Canada pour se sortir du trou. En 2007, l’entreprise a vendu son service de maintenance à long terme à des investisseurs privés. Air Canada demeure actionnaire d’Aveos à hauteur de 20% et Aveos s’occupe de l’essentiel de la maintenance des moteurs, des cellules et des composantes. Au moment de la transition, les employés ont eu le choix entre rester à Air Canada (mais auraient-ils eu longtemps un emploi?) ou être transférés à Aveos. La plupart ont choisi d’aller à Aveos. Ils sont désormais régis par une convention collective distincte, quoi que en tous points semblable à celle qui avait été signée avec Air Canada.

Les employés et le député libéral Denis Coderre ont réclamé l’intervention du gouvernement fédéral. Toutefois, il n’est pas certain qu’Ottawa puisse faire quelque chose si la compagnie est en faillite. Il ne saurait être question d’investir des millions d’argent public. Toutefois, les gouvernements provincial et fédéral devraient s’activer à trouver des acheteurs potentiels et, d’ici là, donner un coup de main aux employés mis à pied. A ce titre, le bref commentaire du ministre fédéral des Transports, Denis Lebel, selon qui «il s’agit d’une décision d’affaires prise par une entreprise privée» est pitoyable. Celle du ministre québécois du Développement économique, Sam Hamad, qui veut rencontrer la direction de l’entreprise, est appropriée.

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a demandé au contentieux de la Ville de se pencher sur un éventuel recours juridique contre Air Canada, qui pourrait violer la Loi sur la participation publique au capital d’Air Canada, adoptée lors de la privatisation de la compagnie. La Loi impose à l’ancienne société de la Couronne de «maintenir les centres d’entretien et de révision dans les villes de Winnipeg et Mississauga et dans la Communauté urbaine de Montréal». Toutefois, il faut savoir que la Cour supérieure de l’Ontario, dans un jugement rendu en mai dernier, a conclu qu’«Air Canada conserve des centres d’entretien et de révision dans ces villes en poursuivant des activités de révision en vertu de ses contrats avec Aveos et en se chargeant elle-même de certaines fonctions de révision dans le cours de ses activités d’entretien.»

En fin d’après-midi lundi, Air Canada a fait savoir qu’elle allait offrir à Aveos un prêt de 15 millions pour lui permettre de poursuivre au moins une partie de ses activités pendant qu’elle est sous la protection de la Loi. On ne sait toutefois pas si cette aide sera utile. Air Canada l’avait offerte à Aveos en fin de semaine et l’entreprise n’a pas jugé bon de l’accepter.

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Mardi 29 novembre 2011 | Mise en ligne à 12h54 | Commenter Commentaires (48)

Des CPE ratent leur cible (mise à jour)

291390-10_mPhoto Patrick Sanfaçon, La Presse

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Ariane Krol
Le modèle des Centres de la petite enfance (CPE) est mûr pour de sérieuses remises en questions. Le rapport du Vérificateur général du Québec, mercredi, ne sera pas tendre à leur égard. (Ajout: vous le trouverez ici, au chapitre 5)

Le ministère de la Famille doit s’occuper de ses problèmes de cohérence et de supervision, mais je trouve les lacunes signalées ici encore plus préoccupantes.

«Le Québec s’enorgueillit d’un réseau étendu de garderies à sept dollars par jour. Toutefois cette politique sociale, qui favorise la participation des mères de jeunes enfants au marché du travail, attire moins les mères pauvres dont les enfants profiteraient davantage d’une stimulation précoce que les autres», souligne la Direction de santé publique de Montréal dans son rapport annuel.

Ça se vérifie ailleurs au Québec. Les enfants qui auraient le plus besoin de fréquenter un CPE n’y vont pas. C’est un problème majeur. Évidemment, le travail des éducatrices n’est pas perdu. Je n’ai pratiquement jamais entendu de commentaires négatifs de parents qui ont la chance d’avoir des places en CPE. Mais leurs enfants, pour la plupart, s’en tireraient très bien à l’école s’ils n’étaient pas passés par là. Pour les enfants de milieux défavorisés, par contre, ça peut faire toute la différence du monde – la différence entre décrocher ou réussir ses études.

Malheureusement, c’est souvent dans les secteurs moins aisés de l’île de Montréal que le nombre de places en CPE par 100 enfants est le moins élevé. Ça n’explique pas tout, puisque les familles qui ont un revenu moindre ou dont la mère est peu scolarisée ont moins tendance à utiliser les services de garde. Le directeur de santé publique de Montréal a beau recommander d’accroître l’accessibilité aux CPE dans les quartiers les plus démunis, je me demande qui va l’appuyer.

Ce serait pourtant essentiel. On parle toujours des «places à 7$» sous l’angle économique. Ce qu’elles nous coûtent collectivement, ce qu’elles permettent (deux revenus dans le ménage, un enfant de plus, etc.), le casse-tête financier et logistique de ceux qui ne trouvent pas de places subventionnés à la fin du congé parental…  Où est passée la mission d’insertion sociale?

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