
Photo: Alain Roberge, archives La Presse.
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Ariane Krol
C’est la question qui je me pose en lisant le plus récent rapport du comité sénatorial sur les transports.
Le problème? Les Canadiens qui traversent la frontière américaine pour prendre l’avion. Plus de 5 millions par an*, croit le comité. La solution ? Éliminer graduellement les loyers des aéroports.
L’idée n’est pas nouvelle. Le même comité l’avait déjà proposée l’été dernier – sans compter tout ceux qui, au nom du transport aérien, du tourisme et du développement économique, en rêvent tout haut depuis des années.
Je ne suis pas plus amateur de taxes, tarifs et autres frais gouvernementaux que quiconque. Mais je trouve qu’Ottawa a bien fait de transférer la gestion des plus gros aéroports les plus achalandés à des administrations locales dans les années 90. Cette politique est une réussite, reconnaît d’ailleurs le comité sénatorial, en notant que ces aéroport se sont développés «au point de devenir parmi les meilleurs au monde». Et ce grâce un système basé sur le principe d’utilisateur payeur. Tu prends l’avion au Canada? Tu payes ta part des coûts. Plate, mais clair.
Comme je l’ai mentionné ici, Ottawa devrait toutefois imposer un véritable loyer aux aéroports, au lieu de l’actuel pourcentage des revenus qui a tout d’une taxe déguisée. Mais éliminer ces frais pour les refiler à l’ensemble des contribuables ? Un instant!
L’ensemble des taxes, frais et redevances (dont le loyer aéroportuaire ne constitue qu’une partie) représente seulement 15% à 33% de la différence de prix moyenne entre un vol canadien et américain. Éliminer ces loyers ne permettrait donc pas de réduire le prix des billets de façon assez importante pour ramener tous les Canadiens qui s’envolent des États-Unis. L’activité économique ainsi générée ne serait donc pas suffisante pour compenser tout l’argent que le Trésor public perdrait en éliminant les loyers des aéroports.
Peut-on vraiment qualifier de «solution» une mesure qui crée un problème encore plus grand ?
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