Le blogue de l'édito

Archive de la catégorie ‘Environnement’

Dimanche 19 mai 2013 | Mise en ligne à 12h00 | Commenter Commentaires (15)

Mulcair: pas facile à suivre…

Photo Presse canadienne

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NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

André Pratte

La semaine dernière, le chef du NPD, Thomas Mulcair, a annoncé qu’il s’opposait au projet de la société Enbridge de renverser le flot de son oléoduc 9 entre l’Ontario et le Québec. La déclaration de M. Mulcair est franchement consternante.

Le projet d’Enbridge permettrait l’acheminement au Québec de pétrole extrait en Alberta, éventuellement de celui des sables bitumineux. Cela aurait plusieurs avantages. Les raffineries du Québec pourraient se procurer un pétrole moins cher que celui venant d’outre-Atlantique. Les producteurs albertains auraient un nouveau débouché pour leurs hydrocarbures.

Il y a sept mois à peine, dans un discours prononcé à Toronto, M. Mulcair a vanté l’idée, la préférant de loin à la construction d’un nouvel oléoduc (Keystone XL) pour exporter du pétrole vers les États-Unis. «C’est une initiative de l’industrie qui a l’avantage de générer des retombées dans toutes les régions du pays : de nouveaux marchés pour les producteurs de l’Ouest, des emplois à valeur ajoutée qui sont bien payés, et de l’énergie moins chère dans l’Est», a dit le chef de l’Opposition officielle.

Comment comprendre son opposition au projet d’Enbridge? M. Mulcair explique qu’il demeure favorable au principe de transporter le pétrole d’Ouest en Est. Cependant, il est contre le renversement de l’oléoduc 9 parce que le processus d’évaluation environnementale piloté par l’Office national de l’énergie a été affaibli par les changements législatifs apportés l’an dernier par le gouvernement conservateur.

Ces changements limitent – mais pas autant que ce qu’affirment les écologistes – le nombre de personnes et organismes qui pourront participer aux audiences publiques de l’Office. Il fixe une période maximale d’étude d’un projet à 15 mois, ce qui demeure raisonnable. Et il donne au gouvernement le pouvoir de prendre la décision finale sur un projet, après avoir reçu les recommandations de l’Office.

On peut trouver que ces changements sont néfastes. Cependant, il est nettement exagéré de soutenir, comme l’a fait le chef du NPD, qu’«il n’y a plus de processus crédible» d’évaluation. De toute façon, M. Mulcair serait plus cohérent et responsable en donnant son appui au projet, à moins d’informations révélant des risques inacceptables (inexistantes à l’heure qu’il est). Car, si le lien ouest-est ne se fait pas par le projet d’Enbridge, fondé sur une oléoduc existant, il ne se fera pas de sitôt. L’autre projet envisagé, celui de TransCanada, est plus complexe et moins avancé. Et on peut gager qu’il suscitera encore plus de réserves encore. Qu’en dira le NPD?

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Mardi 2 avril 2013 | Mise en ligne à 18h38 | Commenter Commentaires (31)

Notre oléoduc géant

Photo Presse canadienne

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André Pratte

La société TransCanada a confirmé mardi son intention de transporter des centaines de milliers de barils par jour de pétrole albertain vers l’est du pays, notamment pour alimenter les deux raffineries québécoises (Montréal et Lévis).  Après plusieurs mois d’études, l’entreprise a conclu que le projet était «réalisable sur les plans technique et économique». Elle lancera d’ici quelques jours un appel de soumissions afin de conclure des ententes avec des acheteurs intéressés à Montréal, Québec et St-Jean (Nouveau-Brunswick). Si ces négociations avec les raffineurs sont concluantes, les demandes de permis seront déposées.

Le projet est d’une envergure considérable. C’est notre Keystone XL à nous. TransCanada compte transformer en oléoduc une partie de son réseau de gazoduc reliant l’Ouest du pays à l’Ontario. Puis, un nouveau pipeline sera construit entre Cornwall et St-Jean (NB) – 1400 km – , où se trouve la plus importante raffinerie du pays. L’oléoduc pourra transporter jusqu’à 850 000 barils de pétrole par jour, la même capacité que celui du projet Keystone XL entre l’Alberta et le Nebraska, projet controversé en attente du feu vert du président Obama.

En territoire québécois, le nouvel oléoduc sera construit dans la vallée du Saint-Laurent, sur la rive nord du fleuve jusqu’à Québec, pour ensuite traverser le fleuve et se rendre jusqu’au Nouveau-Brunswick. Nul doute que le projet fera face à beaucoup d’opposition, par les groupes écologistes et par certains des propriétaires concernés. La fuite de pétrole survenue dans une ville de banlieue de l’Arkansas, vendredi dernier, alimentera les craintes. Il faudra garder à l’esprit que l’oléoduc en cause, de la pétrolière Exxon, a été construit dans les années 1960. Les oléoducs construits aujourd’hui sont soumis à des normes de sécurité beaucoup plus strictes.

Pour l’est du Canada, dont le Québec, le projet de TransCanada comporterait au moins deux avantages importants. D’une part, il permettrait la survie des raffineries (et des industries connexes) en les alimentant en pétrole à meilleur prix que le pétrole importé. D’autre part, il réduirait considérablement notre dépendance par rapport au pétrole étranger (Algérie, mer du Nord, Angola, Nigéria, etc.)

Le débat sur ce projet ne fait que commencer. L’Office national de l’énergie tiendra des audiences publiques. Le gouvernement du Québec voudra sûrement avoir son mot à dire, même si les ouvrages interprovinciaux sont de compétence fédérale. Rien n’empêcherait Québec de demander au BAPE de se pencher sur le projet, indique une note de recherche récente de la Bibliothèque du Parlement.

Le début de la construction est prévu au mieux pour le premier trimestre de 2016.

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Mardi 5 mars 2013 | Mise en ligne à 16h39 | Commenter Commentaires (9)

Keystone: dur coup pour les écologistes

Photo Reuters

Photo Reuters

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André Pratte

Les pressions augmentent de toutes parts sur le président Barrack Obama pour qu’il approuve ou bloque le projet d’oléoduc Keystone XL, devant transporter le pétrole de l’Alberta jusqu’aux raffineries du golfe du Mexique. Les arguments des écologistes ont toutefois été affaiblis par la publication, vendredi dernier, du rapport préliminaire de l’évaluation environnementale du département d’État. Cette évaluation est exhaustive, reposant notamment sur l’expertise de plusieurs ministères américains et sur la consultation de plus de 400 000 communications envoyées au département par des citoyens et des organisations diverses.

Conclusion de cette évaluation: pour ce qui est des émissions de gaz à effet de serre (GES), le nouvel oléoduc ne changera pas grand-chose. Certes, la production du pétrole albertain émet davantage de GES que celle du pétrole présentement raffiné aux États-Unis. Mais, ajoutent les auteurs de l’évaluation, «l’approbation ou le rejet du projet n’aura probablement pas d’impact substantiel sur le développement des sables bitumineux.» Que Keystone XL soit bâti ou non, les producteurs albertains vont trouver un marché pour leur or noir et les moyens de le transporter (par d’autres oléoducs, par train ou par bateau). Les émissions de GES augmenteront quel que soit le scénario retenu.

Quant à l’autre grande inquiétude des écologistes, les fuites, le département d’État souligne que les risques sont très faibles. Selon le document, contrairement à ce qu’affirment les militants verts, le pétrole albertain et les diluants nécessaires à son transport ne sont pas plus corrosifs pour les oléoducs que les autres formes de pétrole. Le rapport note qu’il n’y a pas plus de fuites causées par la corrosion dans les oléoducs de l’Alberta, qui transporte du bitume dilué, que dans les pipelines américains.

En point de presse, les responsables du dossier au département d’État ont bien pris soin de souligner qu’il s’agit là d’un document préliminaire. Le rapport final sera rédigé après qu’on aura reçu les commentaires du public.

Restera ensuite au président de trancher. Sauf que, à moins que le département d’État n’effectue un virage à 180 degrés dans son appréciation, il sera difficile pour M. Obama de dire non au projet sur la base des risques environnementaux.

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