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Archive de la catégorie ‘Élections Québec 2012’

Jeudi 20 septembre 2012 | Mise en ligne à 13h09 | Commenter Commentaires (58)

Premiers jours, grandes ambitions

Photo Reuters

Photo Reuters

NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

André Pratte

Les nouveaux gouvernements ont toujours de grandes ambitions. Ils sont convaincus que leur arrivée au pouvoir constitue un moment historique et qu’ils changeront le Québec. C’est normal. Cela prouve que malgré tout ce qu’on dit de mal à leur sujet, nos politiciens portent des idéaux et veulent les réaliser. Cela indique aussi que même ceux qui ont beaucoup d’expérience ont tendance à minimiser les obstacles qui se trouveront sur leur route. Enfin, ils ont travaillé tellement fort pour arriver à ce poste de premier ministre ou de ministre qu’ils tendent à exagérer l’importance du moment pour l’histoire de la province. Le nouveau gouvernement Marois n’échappe pas à ces péchés véniels.

Ainsi, dans son discours de mercredi, la nouvelle première ministre a donné un sens à sa victoire beaucoup plus vaste que ce qu’indiquent les résultats serrés du scrutin. «Le peuple québécois doit se dégager de ses entraves et se remettre en marche, a-t-elle dit. Je veux voir huit millions de personnes relever la tête, reprendre confiance et retrouver leur fierté commune d’appartenir à ce peuple qui sait être grand.»

Les Québécois étaient peut-être mécontents du gouvernement en place et troublés par toutes les allégations de corruption. Avaient-ils perdu confiance? Cessé d’être fiers de ce qu’ils sont? Avaient-ils arrêté d’avancer? Certainement pas. D’ailleurs, le Québec d’aujourd’hui s’est bâti sous des gouvernements libéraux, conservateurs, unionistes et péquistes. Aucun parti n’a le monopole du progrès de notre société.

Encore: «Le 4 septembre, un nouveau chapitre de l’histoire du Québec s’est ouvert. Le peuple québécois s’est remis en marche à son rythme.» Un nouveau chapitre? Laissons l’histoire en juger. Chose certaine, les élections de 2012 ne sont ni celles de 1960 ni celles de 1976.

Le 29 avril 2003, en présentant son premier conseil des ministres, le chef libéral Jean Charest avait déclaré: «Les Québécois nous ont élus pour que nous changions les choses, nous allons donc le faire avec empressement. Et ces changements donneront jour à un grand renouveau du Québec.» Le bilan des années Charest est loin d’être aussi mauvais que plusieurs le prétendent. Cependant, il n’y a certainement pas eu un «grand renouveau».

Les mandats que Mme Marois a confiés à chacun de ses ministres sont ambitieux, dans certains cas démesurés. Nul doute que tous s’y attaqueront avec conviction et détermination. Mais les aléas de la vie politique (un gouvernement minoritaire…) et de la conjoncture économique et fiscale (il manquera vite d’argent dans les coffres de l’État) les rattraperont.

Un dernier mot. À la fin de son discours, la première ministre a déclaré: «Cette visée qui doit tous nous guider, nous rassembler, nous dépasser : celle de la liberté.» Les Québécois n’ont pas à viser la liberté; ils sont déjà libres. Et c’est en toute liberté qu’ils continueront de faire avancer le Québec, quelle que soit la formation au pouvoir. En toute liberté aussi qu’ils choisiront le statut politique qu’ils souhaitent pour leur nation, comme ils l’ont déjà fait à plusieurs reprises dans leur histoire.

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Mercredi 5 septembre 2012 | Mise en ligne à 1h00 | Commenter Commentaires (40)

Une première Première ministre. Et maintenant?

MAROIS-27_mPhoto Patrick Sanfaçon, La Presse

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Ariane Krol

En une autre occasion, ç’aurait été le résultat le plus remarquable de la campagne. Au terme de cette soirée électorale, c’est presque une banalité. Oui, les Québécois se sont donnés une Première ministre. Et après?

L’heure n’est pas au qui, mais au comment. Comment ce gouvernement minoritaire réussira-t-il à gouverner ?

Pas avec Québec Solidaire. Avec ses deux députés, le parti de gauche ne pèse pas assez lourd pour avoir la balance du pouvoir qu’il appelle du pied depuis un mois. Et ce n’est pas l’accueil contraint que Pauline Marois a fait à Françoise David qui donnera envie à cette dernière de se jeter dans ses bras.

Pas souvent avec la CAQ non plus, même si François Legault a assuré Mme Marois de sa collaboration «constructive» et «de bonne foi» sur des sujets comme la corruption. Le message clé de son discours n’a échappé à personne : «C’est partie remise».

La question du «comment» se pose tout autant de l’intérieur. Comment diable Mme Marois réussira-t-elle à gouverner avec les députés qui l’entoureront à l’Assemblée nationale?

Et surtout, on s’interroge sur la manière : comment gouvernera ce parti ayant reçu mandat pour le moins restreint, qui ne lui donne pas la légitimité nécessaire pour réaliser ses promesses les plus controversées ?

On dit souvent que les femmes doivent travailler plus fort pour réussir. Franchement, je ne vois pas en quoi être un homme faciliterait la tâche à Mme Marois au cours des prochaines semaines et des prochains mois.

En tout cas, elle n’a pas eu besoin de ça pour réagir avec un sang froid exemplaire au Métropolis…

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Mardi 4 septembre 2012 | Mise en ligne à 20h00 | Commenter Commentaires (31)

Suspense… (1ère mise à jour)

vote_mNDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publiera désormais que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

Et voilà, les jeux sont faits. Les partis ont eu 35 jours pour faire pencher la balance de leur côté, les Québécois jusqu’à 20 heures aujourd’hui pour exercer leur droit de vote.

Ça fait plus de 20 ans qu’on n’avait pas eu autant de candidats, et des candidatures de qualité à en juger par le nombre de luttes serrées.

Reste à voir si les électeurs, eux, ont répondu à l’appel.

On peut déplorer bien des choses de cette campagne – les sujets ignorés, les promesses exorbitantes, les attaques dirigées. Mais on ne peut pas dire qu’il y manquait d’enjeux, ou de raisons de voter. Ni de suspense, d’ailleurs. Au point que la question de savoir si on aura une première femme Première ministre au Québec est devenue assez secondaire.

On se demande bien plus si on aura un gouvernement majoritaire ou minoritaire, et quel parti formera l’opposition officielle – ou lequel ne formera même pas l’opposition officielle…

Sans oublier toutes les sous-questions. Celui-ci se fera-t-il battre dans sa propre circonscription? Celle-là réussira-t-elle enfin à se faire élire? Celui-ci aura-t-il un siège ? Et celui-là ? Quel parti prendra cette place? Et où est Charlie?

Plus prosaïquement, je me demande quels ministres hériteront des Finances, de la Santé, de  l’Éducation – même sans annonce officielle, on en aura une bonne idée dans quelques heures.

Et vous, que surveillez-vous en cette soirée électorale ?

Ajout 1: Un gouvernement du PQ, donc. Une incertitude de levée, mais pas tout le suspense, loin de là…

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