
Photo Jean-Marie Villeneuve, Le Soleil
André Pratte
Le Parti québécois s’est toujours présenté comme LE défenseur de la langue française au Québec. «Promouvoir le français a toujours été au cœur du projet du Parti Québécois. (…) Nous sommes le seul véritable parti qui puisse promouvoir la langue française et qui entend prendre les moyens pour le faire», a déclaré récemment Pauline Marois.
Tous les stratèges péquistes ne semblent pas aussi soucieux que leur chef de la QUALITÉ du français. J’en veux pour preuve la publicité publiée dans les journaux ce matin.
«Ce soir, il y aura une question facile à répondre monsieur Charest», commence le texte, qui occupe une page entière. «Une question facile à répondre», ce n’est pas français. On ne répond pas une question, mais À une question.
Le texte se poursuit ainsi: «Savez-vous ce qui se passe avec les épargnes des Québécois?» «Se passer avec» est un calque de l’anglais («what is happening with…»).
Puis: «Vous avez changé la loi de la Caisse de dépôt et placement pour mettre les épargnes des contribuables à risque». Encore un calque de l’anglais («at risk»). De plus, cette affirmation est fausse, puisqu’avant les modifications à la loi, le mandat de la Caisse était mal défini et permettait diverses interprétations. La loi prévoit aujourd’hui que la Caisse recherche «le rendement optimal du capital des déposants dans le respect de leur politique de placement tout en contribuant au développement économique du Québec.» Comme le soulignait l’ancien vice-président de la CDPQ, Michel Nadeau, le rendement optimal, ce n’est pas la même chose que le rendement maximal.
Revenons-en à la langue. Il est déplorable que le Parti québécois publie un texte en si mauvais français. Je le rappelle, il ne s’agit pas ici d’un obscur document interne mais d’une publicité d’une page, diffusée à un moment crucial de la campagne électorale.
Dans la campagne en cours, c’est évidemment accessoire. Néanmoins, l’anecdote révèle un paradoxe réel. La priorité de quiconque veut protéger et promouvoir la langue française au Québec devrait être d’en assurer la qualité. Or, combien de Québécois se soucient vraiment de cette dernière?
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