Le blogue de l'édito

Archive de la catégorie ‘Éducation’

Lundi 13 mai 2013 | Mise en ligne à 12h33 | Commenter Commentaires (17)

Hé toi, tu veux devenir astronaute?


NDLR : Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

Si vous avez trouvé difficile de retourner au boulot ce lundi, ayez une petite pensée pour Chris Hadfield qui, lui, doit littéralement revenir sur Terre. Pas évident de rentrer au bureau après 146 jours inoubliables dans l’espace. Heureusement pour lui, il aura sans doute droit aux applaudissements nourris de ses collègues de l’Agence spatiale canadienne, qui n’auraient pu rêver d’une meilleure publicité. En voilà un qui peut se dire «mission accomplie».

On a beaucoup parlé de l’incroyable talent de vulgarisateur du commandant Hadfield, en particulier auprès des jeunes. Combien, grâce à lui, rêvent aujourd’hui de devenir astronautes? Quand j’étais enfant, en tout cas, c’était un choix de carrière très populaire. Mais on ne savait pas de quoi on parlait. Au-delà du rêve, il faut prendre ses études au sérieux pour devenir astronaute. Chris Hadfield, par exemple:

- lauréat du Mérite scolaire de l’Ontario

- bac en génie mécanique avec distinction

- maîtrise en systèmes aéronautiques

Et tout le parcours qui s’en est suivi pour devenir le premier Canadien à prendre le commandement d’un engin spatial. Ça n’a pas dû être facile tous les jours. Mais ces années d’efforts auront notamment permis à M. Hadfield de:

a) devenir le scientifique le plus cool du système solaire

b) discuter avec le capitaine Kirk

c) s’entretenir avec le Premier ministre Harper le vendredi

d) et lui faire la leçon le lundi suivant

e) réaliser un incroyable fantasme de musicien amateur

Chris Hadfield a mis des étoiles dans les yeux de toute une génération. J’espère qu’il se trouvera dans leur entourage des gens pour faire le lien entre cette aventure et tout l’apprentissage qu’elle suppose.

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Mercredi 1 mai 2013 | Mise en ligne à 12h04 | Commenter Commentaires (13)

Qui a peur des travailleurs étrangers temporaires ?

CANADA-ECONOMY_GDP_mDes travailleurs de la construction en Alberta. (photo PC)

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Ariane Krol

Ils étaient 338 189 à bosser au Canada en décembre dernier, soit 3,4 fois plus qu’il y a 10 ans. Et comme on peut le voir ici, le controversé programme de travailleurs étrangers temporaires (TET) est un grand fourre-tout regroupant une foule de situations, des aides familales aux employés agricoles en passant par les étudiants étrangers récemment diplômés, les travailleurs spécialisés oeuvrant de secteurs en pénurie de main-d’oeuvre (notamment dans les technologies de l’information) et les employés peu qualifiés.

Comme je le mentionne en éditorial, l’utilisation de main-d’oeuvre étrangère est un dossier extrêmement délicat. Tellement que le gouvernement Harper vient de faire marche arrière sur deux mesures qu’il avait pourtant annoncées il y a à peine un an. C’était nécessaire, et d’autres ajustements devront être faits. Mais dans bien des cas, on s’énerve pour rien.

Qu’on recoure à ce programme pour fournir du personnel à des restos de l’Alberta ou de certaines régions qui vivent un boom des ressources naturelles peut avoir l’air curieux, mais il faut se rendre à l’évidence. Ces employeurs auront beau offrir beaucoup plus qu’ici, ils auront toujours du mal à recruter et à garder du personnel parce que le coût de la vie est prohibitif dans ces endroits, et que d’autres entreprises viendront toujours débaucher leurs employés.

Contrairement à ce qu’on observe dans les autres provinces, l’utilisation des TET varie d’ailleurs beaucoup d’une année à l’autre en Alberta. Le nombre de TET peu qualifiés a chuté de 56 % entre 2008 en 2010, lorsque l’économie a ralenti. «Ce qui semble suggérer que les besoins des employeurs en ce qui a trait aux travailleurs étrangers temporaires peu qualifiés sont assez étroitement liée aux conditions économiques», note ce rapport de Citoyenneté et Immigration.

Il faut suivre la situation de très près pour éviter les effets pervers – qu’on développe une dépendance à certains types de main-d’oeuvre spécialisée au lieu de la former ici, qu’on laisse les conditions de certains emplois se dégrader au point que seuls des TET acceptent de les occuper ou, pis, que des travailleurs locaux perdent leur emploi au profit d’étrangers sous statut temporaire. Mais il faut aussi éviter de se conter des peurs.

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Lundi 22 avril 2013 | Mise en ligne à 11h27 | Commenter Commentaires (45)

Diplôme inutile ou problème passager?

Economy_Retail_Sales_m

Le bachelier caissier, symbole par excellence de l'employé trop qualifié. Photo: AP.

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Ariane Krol

À chaque fois que l’économie piétine, on observe le même phénomène: des jeunes universitaires incapables de trouver du travail dans leur domaine, coincés dans un boulot alimentaire nécessitant à peine un DES. Et chaque fois, on s’interroge sur la valeur de ces diplômes universitaires qui ne permettent pas de se placer les pieds.

La situation, toutefois, est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. Dans la région de Montréal, par exemple, ce sont les diplômés des écoles de métiers qui sont les plus susceptibles d’occuper un emploi inférieur à leurs compétences, montre cette étude du Cirano. Ce qui ne veut pas dire que les universitaires s’en sortent sans une égratignure. Certains domaines d’études ont une production impressionnante de travailleurs surqualifiés. C’est le cas, entre autres, de l’histoire, des arts visuels et d’interprétation ainsi que des sciences sociales. Environ la moitié des travailleurs issus de ces programmes sont trop qualifiés pour l’emploi qu’ils occupent, ont constaté les profs Boudarbat et Montmarquette.

Les étudiants qui ont étudié dans ces domaines ont-ils perdu leur temps ? Là encore, la réponse n’est pas simple. Ce papier s’est intéressée au cas d’une jeune femme dont avait parlé le Washington Post. Ça se passait en 1982, mais ç’aurait pu être 10 ans plus tard, ou la semaine dernière. Après avoir étudié le français et l’arabe, la jeune femme avait décroché une maîtrise en gestion de la prestigieuse université Yale. Deux ans plus tard, elle était toujours barmaid.

L’auteur du papier l’a retrouvée. Elle est aujourd’hui gestionnaire senior dans une boîte de consultants en développement international sous contrat avec l’USAID. Elle s’est notamment occupée de reconstruction de voies ferrées à Madagascar, où sa connaissance du français lui a été très utile. «C’est généralement comme ça que le vent tourne pour les gens qui ont deux diplômes universitaires», conclut l’article.

Et vous, vous êtes-vous déjà senti coincé dans un emploi pour lequel vous étiez surqualifié ? Avez-vous eu l’impression de vous être trompé de domaine d’études?

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