Le blogue de l'édito

Archive de la catégorie ‘Démographie’

Samedi 11 mai 2013 | Mise en ligne à 22h48 | Commenter Commentaires (71)

La religion et nous

Reuters

Photo: Reuters

NDLR : Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

Loin d’émousser le caractère distinct du Québec, l’immigration contribue au contraire à nous différencier des provinces (Ontario, Colombie-Britannique) et des villes (Toronto, Vancouver) auxquelles on se compare habituellement, nous a appris l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011, publiée cette semaine par Statistique Canada .

Autre aspect tout aussi frappant, mais dont je n’ai pas parlé en éditorial faute d’espace: la religion. Ou plutôt, l’absence de.

Près d’un Canadien sur quatre (23,9 %) a déclaré n’avoir aucune appartenance religieuse. Même chose en Ontario, et pas mal plus en Colombie-Britannique: presque un répondant sur deux y affirme n’avoir aucune religion. Au Québec ? Un peu moins d’un sur huit (12,1%)!

Notez qu’on n’interrogeait pas les gens sur leur pratique, mais sur leur appartenance religieuse. Le taux est à peine plus faible dans la région de Montréal, où seulement un habitant sur sept (14,9%) a dit n’avoir aucune religion.

Tout ça pour ça? Pourquoi tous ces débats sur la laïcité, le crucifix, les signes ostentatoires, l’espace public et tutti quanti si, devant un questionnaire anonyme, à l’abri des regard du curé et de la belle-mère, à peine 12% de la population ose revendiquer cette neutralité et se déclarer sans religion ?

Vraiment, nous sommes étonnants.

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Mercredi 1 mai 2013 | Mise en ligne à 12h04 | Commenter Commentaires (13)

Qui a peur des travailleurs étrangers temporaires ?

CANADA-ECONOMY_GDP_mDes travailleurs de la construction en Alberta. (photo PC)

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Ariane Krol

Ils étaient 338 189 à bosser au Canada en décembre dernier, soit 3,4 fois plus qu’il y a 10 ans. Et comme on peut le voir ici, le controversé programme de travailleurs étrangers temporaires (TET) est un grand fourre-tout regroupant une foule de situations, des aides familales aux employés agricoles en passant par les étudiants étrangers récemment diplômés, les travailleurs spécialisés oeuvrant de secteurs en pénurie de main-d’oeuvre (notamment dans les technologies de l’information) et les employés peu qualifiés.

Comme je le mentionne en éditorial, l’utilisation de main-d’oeuvre étrangère est un dossier extrêmement délicat. Tellement que le gouvernement Harper vient de faire marche arrière sur deux mesures qu’il avait pourtant annoncées il y a à peine un an. C’était nécessaire, et d’autres ajustements devront être faits. Mais dans bien des cas, on s’énerve pour rien.

Qu’on recoure à ce programme pour fournir du personnel à des restos de l’Alberta ou de certaines régions qui vivent un boom des ressources naturelles peut avoir l’air curieux, mais il faut se rendre à l’évidence. Ces employeurs auront beau offrir beaucoup plus qu’ici, ils auront toujours du mal à recruter et à garder du personnel parce que le coût de la vie est prohibitif dans ces endroits, et que d’autres entreprises viendront toujours débaucher leurs employés.

Contrairement à ce qu’on observe dans les autres provinces, l’utilisation des TET varie d’ailleurs beaucoup d’une année à l’autre en Alberta. Le nombre de TET peu qualifiés a chuté de 56 % entre 2008 en 2010, lorsque l’économie a ralenti. «Ce qui semble suggérer que les besoins des employeurs en ce qui a trait aux travailleurs étrangers temporaires peu qualifiés sont assez étroitement liée aux conditions économiques», note ce rapport de Citoyenneté et Immigration.

Il faut suivre la situation de très près pour éviter les effets pervers – qu’on développe une dépendance à certains types de main-d’oeuvre spécialisée au lieu de la former ici, qu’on laisse les conditions de certains emplois se dégrader au point que seuls des TET acceptent de les occuper ou, pis, que des travailleurs locaux perdent leur emploi au profit d’étrangers sous statut temporaire. Mais il faut aussi éviter de se conter des peurs.

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Mercredi 17 avril 2013 | Mise en ligne à 16h03 | Commenter Commentaires (49)

Retraites: arrêtons de pelleter par en avant !

couverture WEB Rapport (FR)

NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

L’image n’est plus de saison mais elle est, hélas, plus que jamais d’actualité.

Allez voir ce rapport qui vient tout juste d’être publié sur l’état des retraites au Québec. Ce tas qui commence à obstruer l’horizon? Oui, c’est ce qu’on pellette par en avant depuis un bon bout de temps déjà.

- Presque une famille sur deux, dans celles qui gagnent entre 38 000$ et 92 000$ par an, n’épargne pas assez pour sa retraite

- Presque un travailleur sur deux ne participe à aucun régime de retraite collectif

- À peine plus du tiers des travailleurs bénéficient du type de régime offrant la meilleure sécurité financière – un régime à prestations déterminées

- Quasiment les trois quarts de ces régimes-là sont en crise. Et pas seulement dans le privé, mais dans les municipalités et les universités.

Des solutions, il y en a. Le rapport d’Amours en présente plusieurs, qui répondent à deux problèmes distincts. Une nouvelle rente de longévité pour bonifier la retraite des travailleurs. Et un mode d’emploi pour remettre les régimes à prestations déterminées sur pied.

Je ne vous dit pas que ce sera facile. À peu près toutes les parties concernées (le gouvernement, les employeurs, les salariés, les contribuables et même une partie des retraités) vont devoir faire des efforts importants.

Il sera tentant de ne rien faire, c’est-à-dire de continuer à pelleter par en avant.

On peut continuer comme ça un bout de temps. Jusqu’à ce qu’on soit complètement bloqués.

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