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Ariane Krol
Si vous avez manqué les nouvelles hier, lisez ma collègue Caroline Touzin. Autrement, vous savez déjà que Claude Robinson, le plus célèbre créateur spolié du Québec, a eu gain de cause sur le fonds en Cour d’appel, mais qu’il y a perdu presque la moitié de ses gains. Les 5,2 millions accordés en première instance ont fondu à 2,7 millions. Combien lui restera-t-il un fois payés ses frais d’avocats ? Surtout si la Cour suprême accepte d’entendre la cause…
Le plus frustrant n’est pas tant le jugement en Cour d’appel que l’ensemble de l’oeuvre. Oui, certains points sont dérangeants, notamment la réduction dramatique des dommages psychologiques et punitifs. Mais peut-être que ça se défend en droit. Tout comme la révision à la baisse des profits – imputable, selon les trois juges d’appel, à des erreurs de calcul et d’interprétation en première instance. Sauf qu’au terme de l’exercice, une question fondamentale demeure: est-il possible, pour une victime comme Claude Robinson, d’obtenir justice?
Le type a déjà perdu 16 ans de sa vie avec ça, dont 14 uniquement pour faire reconnaître l’arnaque dont il a fait l’objet. Et il en retire quoi, au bout du compte? Deux tribunaux lui ont donné raison contre des voleurs et des menteurs qui tentaient de le faire passer pour un illuminé. L’honneur, donc, est sauf. Mais l’honneur, contrairement à ce que chante Anne Sylvestre, ça ne se mange pas en salade. Ça aide à vivre, mais ça ne nourrit pas son homme.
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