Le blogue de l'édito

Archive de la catégorie ‘Courriels’

Vendredi 24 mai 2013 | Mise en ligne à 11h45 | Commenter Commentaires (21)

Si votre vie privée vous intéresse…

Infographie PTardif

Infographie: La Presse

NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

Pourquoi? C’est la question que je me suis posée en parcourant les résultats de ce sondage sur la protection des renseignements personnels: les Québécois y apparaissent nettement moins préoccupés que la moyenne des Canadiens* et ce, sur presque tous les sujets.

- Moins préoccupés par la protection de la vie privée en général, et par les risques liés à l’information financière et à la fraude bancaire.

- Moins enclins à demander à un organisme pourquoi il recueille leurs renseignements personnels.

- Moins conscients que leurs activités sur internet peuvent être suivies par des entreprises de marketing ou de recherche, et par les sites Web qu’ils consultent.

- Moins portés à bouder une application qui exige trop de renseignements personnels, ou à désactiver la fonction de localisation de leur appareil mobile pour protéger cette information.

Les répondants québécois se sont montrés plus sensibles à quelques enjeux, comme le vol d’identité et la sécurité des appareils mobiles. Mais dans l’ensemble, on a l’impression que tout ça nous passe un peu au-dessus de la tête.

Ces questions n’ont pourtant rien de théorique. Saviez-vous qu’une organisation qui perd ou se fait voler vos données n’a aucune obligation de vous en informer? Que les entreprises qui font un usage abusif ou négligent de vos renseignements personnels peuvent tarder à corriger le problème sans en subir de conséquences ?

La Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques est dépassée. La commissaire à la protection de la vie privée a fait d’excellentes suggestions pour lui redonner du mordant. Mais comme je le souligne en éditorial, si les citoyens ne disent rien, il ne se passera rien. Encore faut-il qu’ils soient conscients du problème.

* Pour la méthodologie, voir ici.

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Lundi 14 janvier 2013 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Commentaires (18)

Insupportables pourriels

hameçonnage

Image tirée du site du Commissariat à la protection de la vie privée du Canada

NDLR : Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

Nous avons au Canada une belle loi antipourriel… qui n’est pas en vigueur. Adoptée en décembre 2010, elle attend toujours le règlement qui permettra son application.

Pas encore adoptée, mais déjà diluée. À commencer par le titre. «Loi visant l’élimination des pourriels sur les réseaux Internet et sans fil», c’était pourtant clair, non? Trop, peut-être. On a maintenant une «Loi visant à promouvoir l’efficacité et la capacité d’adaptation de l’économie canadienne par la réglementation de certaines pratiques qui découragent l’exercice des activités commerciales par voie électronique».

Le terme «pourriel» ne figure d’ailleurs pas dans le texte. Ça évite d’avoir à le définir. Industrie Canada s’en était pourtant très bien tirée: «le pourriel se définit comme tout message électronique commercial envoyé sans le consentement explicite des récipiendaires». Enlevez ça du courriel et des textos entrants et déjà, on respire mieux.

La dilution se poursuit dans la deuxième version du règlement, qui donne beaucoup plus de marge de manoeuvre que la première aux entreprises désireuses vous solliciter. On s’inquiète beaucoup plus des envois malfaisants (qui incluent d’autres nuisances comme les logiciels espions et le code malveillant) que de ceux provenant d’entreprises légales. La sollicitation que ces dernières peuvent faire est encadrée, mais le cadre proposé est pas mal plus large qu’avant. Résultat ? Les consommateurs risquent de recevoir pas mal de messages qu’ils considèreront comme du pourriel mais qui, aux yeux de la loi, seront tout à fait légitimes.

Bref, le Centre de notification des pourriels va en entendre des vertes et des pas mûres. J’en parle en édito.

J’ai aussi parlé au prof Michael Geist, qui analyse le nouveau règlement en détail ici. Selon lui, si la loi a perdu des dents, c’est à cause des lobbies d’affaires. Il espère qu’elle ne s’affaiblira pas davantage. À surveiller après la fin de la période des commentaires, le 4 février.

En attendant, ce sont vos commentaires qui m’intéressent. Croyez-vous qu’une loi puisse aider à réduire le volume de pourriels envoyé sur les réseaux? Ou trouvez-vous cela inutile puisqu’il existe déjà toutes sortes de filtres et de moyens pour les bloquer?

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Mercredi 18 juillet 2012 | Mise en ligne à 12h24 | Commenter Commentaires (29)

Être branché rend-il cinglé?

Photo AFP

Photo AFP

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publiera désormais que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

C’est le genre de théorie qui m’a toujours exaspérée. La fréquentation d’internet, l’instantanéité des textos, la brieveté des gazouillis qui réduiraient notre capacité d’attention, voire notre intelligence. Bref, la méchante technologie détruisant notre humanité si pure, si parfaite. Blablabla.

Newsweek a pourtant réussi à m’intéresser de nouveau au sujet. Ce reportage publié cette semaine (eh oui, il se publie encore des magazines papier) cite plusieurs travaux récents sur les effets de ce branchement tout azimut devenu la norme plutôt que l’exception. Bref, des observations concrètes, pas seulement les raisonnements théoriques de fâcheux toujours prêts à s’alarmer du changement.

On y parle d’imagerie numérique du cerveau des accros à l’internet, où l’on voit un rétrécissement de la matière grise dans les zones responsables du traitement du langage, de la mémoire, du contrôle du mouvement, des émotions et des sensations. De plusieurs études montrant que plus une personne passe de temps branchée, moins elle va bien. D’un monsieur très doux, cadre en ressources humaines, qui devient impitoyable lorsqu’il joue au poker en ligne. Un psychiatre de Stanford lui a fait passer le test servant à détecter les troubles de personnalité multiple: il s’est avéré un véritable cas d’école.

Il y a aussi cette expérience où l’on a fait passer un tomodensitomètre crânien à 12 utilisateurs d’internet aguerris et autant de novices. Résultat: le cortex préfrontal des premiers présente des altérations. On a ensuite demandé aux novices de passer cinq heures en ligne durant la semaine suivante, et de subir le test de nouveau. Déjà, on voyait des changements dans leur cerveau.

Bref, il est possible, après tout, que le fait d’être constamment branché entraîne des changements biologiques, voire même une dépendance chez certains. C’est peut-être ce qui explique que même des sauveteurs ne résistent pas à l’envie de consulter leur téléphone alors qu’ils sont en devoir

Au-delà de votre opinion, j’aimerais que vous me parliez de votre expérience.Votre utilisation des textos ou d’internet vous préoccupe-t-elle? Considérez-vous en être dépendant? Est-ce que votre concentration, votre productivité ou vos relations en souffrent? Prenez-vous des mesures pour ne pas être constamment distrait par les réseaux sociaux ou les messages texte?

Ou pensez-vous au contraire qu’on s’en fait pour rien?

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