Le blogue de l'édito

Archive de la catégorie ‘Cinéma’

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François Cardinal

Les enjeux environnementaux font rarement de bonnes fictions, comme le prouve à son tour le film Promised Land (Terre promise) de Gus Van Sant et Matt Damon.

Bien des auteurs s’y sont essayés, ont tenté de transposer les grandes questions écologistes en romans, en films ou encore, en livres pour enfants. Et chaque fois, ou presque, cela a donné des œuvres moralisantes et manichéennes qui tombent à plat.

Hormis l’excellent roman d’Edward Abbey The Monkey Wrench Gang (Le gang de la clef à molette), qui a défini le genre en 1975, peu d’œuvres de fiction ont en effet réussi à être à la fois un outil de prise de conscience et un bon divertissement.

Je pense à l’horrible State of Fear (État d’urgence) de Michael Crichton un indigeste «techno-thriller» sur les changements climatiques qui n’a rien d’enlevant, contrairement aux nombreux autres titres de l’auteur. Ou encore au roman Le parfum d’Adam de Jean-Christophe Rufin, qui réussit à dénoncer la situation des animaux de laboratoire, mais moins à nous intéresser à ses personnages écoterroristes.

Il en va de même avec le tout récent Promised Land, un film à gros budget qui porte sur l’industrie des gaz de schiste. Je ne vous dirai pas ce que je pense des détails du récit afin d’éviter de vous révéler les punchs, mais je peux vous livrer une impression générale : c’est un navet.

Je ne suis qu’à moitié étonné, pour tout vous dire.

D’un côté, je suis vraiment surpris que l’auteur Dave Eggers, dont j’ai adoré le roman What Is the What (Le Grand Quoi), ait pondu un récit aussi plat et «disneyesque». Je m’étonne aussi que le cinéaste Gus Van Sant, à qui l’ont doit le génial Elephant, ait produit un film aussi primaire et linéaire.

Mais de l’autre, j’ai simplement eu la confirmation de ce que je pense depuis longtemps : l’écologie fait rarement de bonnes œuvres, tout simplement parce que les convictions de l’auteur prennent toute la place aux dépens du récit (et ce, je tiens à le souligner, peu importe qu’on soit pour comme Adam, ou contre comme Crichton).

Le problème, c’est qu’on se sert de la fiction pour faire-valoir ses propres opinions, un procédé qui trouve sa place dans les documentaires, beaucoup moins dans les œuvres de fiction. Vous ne trouvez pas?

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Lundi 27 février 2012 | Mise en ligne à 16h03 | Commenter Commentaires (24)

Ces films dont on ne parle pas

Patrick Doyon et son invitée à leur arrivée à la cérémonie des Oscar (photo AP).

Patrick Doyon et son invitée à leur arrivée à la cérémonie des Oscar (photo AP).

NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

André Pratte

On a beaucoup, beaucoup parlé, dans les jours précédents la cérémonie des Oscar, du beau film de Philpppe Falardeau, Monsieur Lazhar. Une attention tout à fait méritée (voir à ce sujet mon éditorial de lundi).

Deux autres films canadiens en nomination sont malheureusement passés inaperçus. Il s’agit de deux films d’animation (on peut les visionner ici) produits par l’Office national du film. Le premier, Dimanche, est un dessin animé réalisé par Patrick Doyon, un natif du Lac St-Jean. Le second, Une vie sauvage, est l’oeuvre de deux cinéastes habitant Calgary, Amanda Forbis et Wendy Tilby. Deux très jolis films qui sont les 71ème et 72ème de l’histoire de l’ONF en nomination pour les Oscar.

Dimanche

Dimanche, de Patrick Doyon

Malheureusement, ni Dimanche ni Une vie sauvage ne l’a emporté. N’empêche, ces deux nominations illustrent le travail formidable qui se fait à l’Office. En cinéma d’animation, il n’a pas son pareil. Dans les courts métrages et les documentaires, l’ONF est un grand incubateur de talent. Des générations de réalisateurs y ont fait leurs premières armes, de Denys Arcand à Philippe Falardeau. Il suffit de visiter le site web de l’ONF pour réaliser la richesse de ce qu’il a produit au fil des ans. On nous y offre des centaines de films qu’on peut voir gratuitement et qui valent bien mieux que beaucoup d’émissions qu’on trouve à la télé aux heures de grande écoute.

Depuis sa fondation en 1939, l’ONF a créé plus de 13 000 films et s’est mérité de nombreux prix, dont 12 Oscar. Bon an mal an, le budget de l’ONF se situe à un peu moins de 70 millions. Sans doute ne sera-t-il pas épargné par les compressions attendues dans le prochain budget Flaherty. Espérons que les conservateurs manieront le bistouri plutôt que la hache, de sorte que soit préservé l’essentiel de ce qui fait de cette organisation l’écrin de la culture canadienne, notamment de la culture québécoise.

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Jeudi 3 juin 2010 | Mise en ligne à 5h39 | Commenter Commentaires (23)

Droits d’auteur: l’étau se referme

MUSIC AT THE BEACH 20091201_mNDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

Le nouveau projet de loi fédéral sur le droit d’auteur contient des
mesures intéressantes pour les citoyens et les milieux éducatifs,
mais cet accès est tributaire du bon vouloir des fournisseurs de
contenus. Il suffira en effet qu’un DVD ou un livre électronique soit
muni d’une serrure numérique pour que le simple particulier ou
l’étudiant perde tous les avantages que lui confère la Loi sur la modernisation du droit d’auteur. Car faire sauter un verrou numérique, pour quelque motif que ce soit, sera interdit et passible d’amendes pouvant atteindre plusieurs milliers de dollars. Et pas besoin de partager des contenus en ligne pour être dans l’illégalité. Si le DVD que vous avez acheté ne vous permet pas de transférer le film dans votre téléphone intelligent et que vous déjouez cette interdiction, vous commettrez un délit.

C’est malheureux, car on sent une volonté de tenir compte de l’usage privé et non commercial que les individus font des nouvelles technologies. Ce projet de loi fait donc preuve de plus de souplesse que sa mouture précédente (C-61). Mais il permet aux entreprises détentrices des droits d’auteur de réduire cette souplesse à néant.

Qu’un producteur de jeux vidéos puisse sévir contre les petits malins qui vendent des copies piratées de leur nouveau titre vedette, c’est légitime. Mais si votre trajet matinal en train est le seul moment dont vous disposez pour regarder des films ou des émissions télés, pourquoi vous empêcher de les visionner sur l’appareil de votre choix? Et que dire des livres destinés aux étudiants? Tout au long de ma scolarité, j’ai acheté des bouquins usagés, chaque fois que je l’ai pu. Pourquoi un éditeur d’ouvrages en format électronique aurait-il le droit de mettre un verrou qui empêche l’acheteur de revendre ses manuels ou ses romans une fois qu’il en a terminé? Est-ce acceptable?

Reste à voir comment les détenteurs de droits exerceront leurs nouveaux pouvoirs – si le gouvernement Harper réussit à faire adopter son projet de loi. S’ils s’en servent pour faire fermer des services de partage illégal, passe encore. Mais s’ils les emploient pour traîner en cour des mères d’ados qui s’adonnent au téléchargement illégal, ça risque de barder. Même si le projet de loi réduit de beaucoup les amendes pour les usages non commerciaux.

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