Le blogue de l'édito

Archive de la catégorie ‘Agroalimentaire’

Mardi 6 septembre 2011 | Mise en ligne à 15h54 | Commenter Commentaires (11)

Tendance, la boîte à lunch?

BOITES_A_LUNCH_2010-093_mPhoto François Roy, La Presse

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publiera désormais que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

J’étais justement en train de manger mon repas du midi lorsqu’ils ont parlé, aux nouvelles, de la «Journée nationale Moi j’fais mon lunch». Wow! Mon modeste assemblage riz-haricots verts-boîte de thon venait de prendre une dimension événementielle, avec 20 jours d’avance par-dessus le marché.

Je n’ai que des bons mots pour l’organisme responsable de cette activité, la Tablée des chefs, qui s’est d’abord fait connaître en redistribuant les surplus alimentaires de la restauration et a progressivement élargi ses activités jusqu’à donner des ateliers de cuisine à des jeunes de milieux défavorisés. C’est justement cette mission que la Tablée cherche à financer avec sa Journée, par la vente de boîtes au coût de 2$. Plusieurs partenaires, dont Ricardo, Desjardins et de grandes entreprises alimentaires soutiennent l’initiative, mais je me demande si la formule, un peu complexe, ne nuira pas à leurs efforts. Ce serait dommage.

D’autant que la période me semble particulièrement bien choisie pour revaloriser le lunch fait maison. Contenants plus attrayants que jamais, variété quasi-infinie d’aliments, on a fait du chemin depuis la tour de macaroni Kraft Diner froid (démoulez du thermos au moment de servir) de mon enfance. Seul inconvénient: contrairement aux enfants, on doit préparer nos lunchs nous-mêmes. Mais au moins, on n’est pas limités par une liste interminable d’interdits (petits gâteaux pré-emballés ou, au contraire, faits maison, arachides, noix, chocolat, sucre, alouette…). Sans oublier le rapport qualité-prix, vraiment imbattable. Un argument de poids en ce début d’automne, où les dépenses de la rentrée s’ajoutent à celles des vacances.

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Jeudi 4 août 2011 | Mise en ligne à 11h27 | Commenter Commentaires (47)

Ces restos qui vous volent

313650-02_mPhoto Marco Campanozzi, La Presse

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Ariane Krol

Les restos qui fraudent éhontément leurs clients et le fisc ne sont pas une spécialité québécoise. Selon les résultats d’un projet pilote mené par l’Agence du revenu du Canada, environ le tiers des des établissements situés dans les autres provinces dissimulent une partie de leurs ventes. Un sur trois!

Le projet devait d’abord durer deux ans, mais devant l’importance des sommes détournées, il a été prolongé d’une année, jusqu’au 31 mars dernier, rapporte La Presse Canadienne en citant des documents obtenus par la loi d’accès. Quatorze spécialistes du traitement de données ont analysé les transactions électroniques de 424 établissements. Ils en ont trouvé 143 (34%) ayant caché des ventes, un million de dollars en moyenne.

D’accord, ça n’a aucune mesure avec la corruption dans les contrats municipaux de construction. Mais on nous vole quand même nos sous. Comme consommateurs d’abord, puisque ce ne sont pas des repas gratuits qui disparaissent de la comptabilité, mais des factures payées par les clients, avec taxes et tout. Et comme citoyens, vu que ces manoeuvres privent les finances publiques de centaines de milliers de dollars. Sans compter la concurrence déloyale que ces établissements font aux autres qui essaient d’arriver honnêtement.

Revenu Canada prépare une intervention plus musclée. Le président de l’Association canadienne de la restauration espère qu’on n’imposera pas un système trop lourd ou trop coûteux à l’industrie. Bonne chance! Après des années de répression au cas par cas, notamment contre les fameux «zappers» programmés pour effacer des ventes à même le système informatique d’une caisse,  Revenu Québec a décidé de sortir l’artillerie lourde. D’ici la fin de l’année, tous les restos devront avoir installé un module d’enregistrement des ventes. Un système coûteux dont des bien des restaurateurs honnêtes se seraient passés, mais que Revenu Canada pourrait bien adopter dans le reste du pays.

Espérons que ça réglera le problème pour de bon. J’ai toujours été étonnée de voir à quel point ce genre de fraude restait sans conséquences au Québec. Même si les Finances dénoncent les établissements coupables, et que les médias relaient l’information, personne ne leur en tient rigueur, tout le monde continue à y aller comme si de rien n’était.

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Lundi 27 juin 2011 | Mise en ligne à 14h50 | Commenter Commentaires (31)

Dur dur de manger local

Fraises archives Tribune

(Archives La Tribune)

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Ariane Krol

Les Français appellent ça un marronnier: le genre de sujet qui revient chaque année à peu près à la même date. Et c’est un peu péjoratif. Mais je m’assume totalement. Oui, c’est généralement à ce temps-ci de l’année qu’on s’interroge sur la place des fruits et légumes locaux dans nos assiettes, nos paniers d’épicerie et, surtout, dans les épiceries elles-mêmes. Parce que c’est maintenant (depuis quelques semaines et durant quelques mois) qu’il y en a le plus de disponibles, frais, variés, colorés, appétissants. Et c’est justement pourquoi il est si exaspérant d’avoir à faire des pieds et des mains pour les trouver. Tant que ça restera un problème, il faudra en parler.

Les consommateurs ont une part de responsabilité. Au Québec, nous sommes des acheteurs de prix et nous nous trouvons très malins d’acheter des petits fruits importés en pleine saison locale, parce qu’ils sont moins chers*. Alors les chaînes de supermarchés répondent à cette demande. Ils ne sont pas là pour nous évangéliser, mais pour faire des profits, ce qui implique d’offrir aux clients ce qu’ils veulent. Le jour où ceux-ci vont bouder les fruits et légumes importés en saison locale et les laisser pourrir sur les étals, les chaînes vont changer de stratégie. D’ici là? D’ici là je rêve qu’elles mettent systématiquement les denrées locales à côté des importées lorsqu’elles sont disponibles, histoire de voir combien il s’en vend. Et qu’elles prennent l’habitude de répondre à cette demande, même minoritaire, pour les produits d’ici.

Naïf? Je m’y efforce. Depuis le temps que je m’intéresse à l’alimentation, je le sais bien que c’est beaucoup plus compliqué que ça. Si vous ne l’avez pas déjà fait, lisez l’excellent dossier que ma collègue Marie Allard a publié samedi sur le sujet. Comment voulez-vous que les clients aient envie de payer 8,17$ pour une courge spaghetti produite dans la région? Même s’ils ne savent pas que la cultivatrice n’en a obtenu qu’un dollar, ils se doutent bien qu’on leur demande trop cher.

La structure des géants de l’épicerie est terriblement mal adaptée aux négociations avec les petits producteurs. C’est pas des blagues: si ses achats de produits locaux non inscrits au répertoire du grossiste dépassent un certain seuil, le proprio de votre supermarché est pénalisé financièrement. Je comprends que les chaînes, qui ont aussi un nom à préserver et ne veulent pas que leurs affiliés se mettent à acheter n’importe quoi de n’importe qui. Mais ne pourrait-on pas faire preuve d’un peu plus de souplesse pour les produits québécois ?

J’interpelle les chaînes parce que la majorité des Québécois s’approvisionnent là, et que tout le monde n’a pas le temps d’aller dans les marchés publics ou directement chez le producteur. Mais ce n’est qu’une manifestation parmi d’autres du peu d’intérêt que nous portons, collectivement, à notre agriculture. Juste à voir l’empressement avec lequel on asphalte les terres dans la grande région de Montréal pour construire de nouveaux développements…

*Je sais, beaucoup de gens ont un budget serré. Mais je sais aussi qu’il y en a pas mal qui pourraient se permettre de mettre 1-2$ de plus pour des produits locaux,  et qui ne le feront pas parce que «pourquoi payer plus cher?»

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