Le blogue de l'édito

Archive de la catégorie ‘Agroalimentaire’

Jeudi 16 mai 2013 | Mise en ligne à 11h05 | Commenter Commentaires (46)

Mangerez-vous plus québécois ? (ajouts)

MarcheAVRIL-006_mPhoto Bernard Brault, La Presse

NDLR : Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

C’est le coeur de la nouvelle Politique de souveraineté alimentaire du gouvernement Marois: privilégier les aliments québécois, en consommer davantage ici. Les supermarchés ont saisi la balle au bond, les institutions sont invitées à en tenir compte dans leurs achats. Mais le succès de cette Politique dépendra avant tout des consommateurs et des citoyens.

Est-ce important pour vous d’acheter des aliments d’ici ? Est-ce que cela vous demande un effort ? En d’autres mots, ces produits sont-ils assez accessibles – en termes de coûts et de disponibilité, notamment. Trouvez-vous que les services alimentaires des hôpitaux, écoles et autres établissements publics devraient leur donner la préférence, même si ça leur coûterait parfois plus cher ?

Ajouts: Vous pouvez prendre connaissance de la politique détaillée ici. Le principal objectif: que 50% des aliments consommés par les Québécois viennent du Québec. On est à 33% environ, a indiqué la Première ministre Pauline Marois.

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Lundi 1 avril 2013 | Mise en ligne à 12h36 | Commenter Commentaires (16)

Cuisine de rue: on avance…

Photo: Bernard Brault, La Presse

Photo: Bernard Brault, La Presse

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Ariane Krol

Le dossier avance à la vitesse d’un camion au ralenti, mais au moins, il avance dans la bonne direction.

La Commission permanente sur le développement économique et urbain vient de recommander «que le conseil municipal se prononce en faveur du déploiement de la cuisine de rue sur le territoire de la Ville de Montréal».

On reste dans la logique du projet pilote, puisque l’indispensable cadre réglementaire reste à créer « dans la perspective d’une implantation progressive à compter de 2015 et d’un développement à moyen et long terme».

En attendant, on devrait voir davantage de camions culinaires dans la métropole. Le maire a annoncé un projet dans Ville-Marie cet été. Les autres arrondissements intéressés sont aussi invités à favoriser la présence de la cuisine de rue sur leur territoire.

Il y a beaucoup de bon dans le rapport de la Commission. Des évidences, comme le respect des normes de salubrité, de gestion des déchets et de bruit. Des orientations intéressantes, comme l’obligation d’avoir des camions et roulottes réellement mobiles, retirés du domaine public hors des heures d’opération et n’occupant pas toujours le même site.

Mais il y a aussi des recommandations discutables, comme l’obligation de posséder un lieu de production fixe à Montréal «dans une perspective d’équité fiscale entre commerçants». Ça sent la fleur faite aux restaurateurs, qui ont toujours surestimé la concurrence faite par la cuisine de rue. Toutes les fois où j’ai acheté d’un camion, c’était pour goûter ce qu’il faisait ou pour manger sur le pouce dehors. Et si ce camion n’avait pas été là, je ne serais davantage allée dans resto, puisque je n’en avais ni l’envie, ni le temps.

Des points importants devront aussi être précisés. La Commission recommande de «favoriser une offre alimentaire basée sur des produits sains et sur une créativité culinaire.» D’accord pour qu’on refuse que ces camions vende des hot-dogs et des pizzas bas de gamme: on n’a pas besoin d’eux pour ça. Mais il ne faudrait pas que ce critère de «produits sains» nous prive d’aliments savoureux sous prétexte qu’ils ressemblent à de la malbouffe, comme des tacos ou de la poutine au canard.

Et une fois ce point réglé, il faudra un un appel de candidatures extrêmement rigoureux, pour s’assurer d’avoir la meilleure offre possible. Vous pouvez voir toutes les recommandations ici (merci à Radio-Canada).

Et dites-moi: êtes-vous un client de ces camions qui servent de la bouffe de rue? Qu’en pensez-vous?


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Samedi 19 janvier 2013 | Mise en ligne à 5h30 | Commenter Commentaires (48)

Le bio, une affaire de raison ?

Photo Martin Chamberland (La Presse)

Photo Martin Chamberland (La Presse)

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Ariane Krol

Qui aime bien châtie bien… C’est ce que je me suis dit en voyant le texte sur les aliments biologiques de Sylvain Charlebois (ici), ce samedi dans nos pages, et son entrevue avec notre éditorialiste en chef André Pratte (ici). Ce qui peut passer, à première vue, comme une charge en règle contre le bio est en réalité un appel à développer l’énorme potentiel de ce secteur. Procédé un peu décoiffant, mais habile. Sylvain Charlebois, un spécialiste de l’agroalimentaire à l’Université de Guelph, est un observateur et un commentateur aguerri de ces questions. Je ne partage pas toujours ses points de vue,  mais je dois reconnaître qu’ils ne sont jamais banals.

Je vous laisse vous faire votre propre idée, et l’exprimer ici, sur le détail de ses arguments. C’est plutôt son point de départ qui a retenu mon attention. Le bio, selon M. Charlebois, est à la croisée des chemins. Le secteur a un potentiel énorme pour l’économie agricole québécoise et canadienne, mais si on veut assurer sa croissance, il va falloir axer le débat sur des faits scientifiques.

Permettez-moi d’être sceptique. Y a-t-il des arguments scientifiques qui puissent convaincre un large public de payer plus cher pour du bio?  Chaque fois que j’entends des gens parler de leur préférence pour de tels aliments, c’est toujours avec des motifs éminemment personnels. Ils croient que c’est meilleur pour leurs enfants. Ils veulent encourager de petits producteurs. Ils ont l’impression de consommer de façon plus responsable, en accord avec leurs principes.

Et franchement, je ne fais pas mieux. En bio, j’achète surtout des produits d’origine animale. Pas parce que je les trouve plus savoureux, ni que je les considère meilleurs pour ma santé. Encore moins parce que c’est une bonne affaire. Seulement parce que je suis préoccupée par l’antibiorésistance et qu’acheter des produits d’élevages qui ne contribuent pas, ou très peu, au phénomène me paraît plus cohérent. C’est une goutte d’eau, j’en conviens. Et c’est justement là le noeud du problème. La consommation du bio, à mon avis, n’est pas une affaire de raison pure, ni d’arguments scientifiques incontestables. Peut-elle, et devrait-elle, le devenir ? Je vous le demande.

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