
Photo: Bernard Brault, La Presse
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Ariane Krol
Le dossier avance à la vitesse d’un camion au ralenti, mais au moins, il avance dans la bonne direction.
La Commission permanente sur le développement économique et urbain vient de recommander «que le conseil municipal se prononce en faveur du déploiement de la cuisine de rue sur le territoire de la Ville de Montréal».
On reste dans la logique du projet pilote, puisque l’indispensable cadre réglementaire reste à créer « dans la perspective d’une implantation progressive à compter de 2015 et d’un développement à moyen et long terme».
En attendant, on devrait voir davantage de camions culinaires dans la métropole. Le maire a annoncé un projet dans Ville-Marie cet été. Les autres arrondissements intéressés sont aussi invités à favoriser la présence de la cuisine de rue sur leur territoire.
Il y a beaucoup de bon dans le rapport de la Commission. Des évidences, comme le respect des normes de salubrité, de gestion des déchets et de bruit. Des orientations intéressantes, comme l’obligation d’avoir des camions et roulottes réellement mobiles, retirés du domaine public hors des heures d’opération et n’occupant pas toujours le même site.
Mais il y a aussi des recommandations discutables, comme l’obligation de posséder un lieu de production fixe à Montréal «dans une perspective d’équité fiscale entre commerçants». Ça sent la fleur faite aux restaurateurs, qui ont toujours surestimé la concurrence faite par la cuisine de rue. Toutes les fois où j’ai acheté d’un camion, c’était pour goûter ce qu’il faisait ou pour manger sur le pouce dehors. Et si ce camion n’avait pas été là, je ne serais davantage allée dans resto, puisque je n’en avais ni l’envie, ni le temps.
Des points importants devront aussi être précisés. La Commission recommande de «favoriser une offre alimentaire basée sur des produits sains et sur une créativité culinaire.» D’accord pour qu’on refuse que ces camions vende des hot-dogs et des pizzas bas de gamme: on n’a pas besoin d’eux pour ça. Mais il ne faudrait pas que ce critère de «produits sains» nous prive d’aliments savoureux sous prétexte qu’ils ressemblent à de la malbouffe, comme des tacos ou de la poutine au canard.
Et une fois ce point réglé, il faudra un un appel de candidatures extrêmement rigoureux, pour s’assurer d’avoir la meilleure offre possible. Vous pouvez voir toutes les recommandations ici (merci à Radio-Canada).
Et dites-moi: êtes-vous un client de ces camions qui servent de la bouffe de rue? Qu’en pensez-vous?