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Après un crime (supposons un homicide conjugal), que verrons-nous à la télé d’info continue dans les heures qui suivent? Un voisin, ou peut-être même un membre de la famille de la victime, qui dira : « C’était un couple tranquille, normal, sans histoire ». Ou : « On n’aurait jamais cru qu’il pourrait leur arriver une chose pareille »…
C’est un classique. Mais, en général, c’est faux…
Je traite de criminalité dans mon édito de ce matin. Et j’ai pensé vous parler ici d’un homme, d’un livre et de… l’intuition.
Ainsi, de toutes les idées fausses que nous entretenons tous au sujet du crime violent, les prétentions selon lesquelles il n’est pas prévisible, il survient abruptement, on ne peut pas s’en protéger, sont les plus contraires à la réalité.
C’est surtout le cas en matière de drames conjugaux, de violence adolescente, de harcèlement aggravé. Et même, dans beaucoup de circonstances, d’agressions par des étrangers (beaucoup plus rares que l’on croit).
Un des experts mondiaux en matière de sécurité est Gavin de Becker. Il administre une firme spécialisée en enquête et protection qui fait affaire avec les gouvernements, les célébrités, les personnages publics. Et il écrit des livres. Je suis actuellement plongé dans un de ses ouvrages, The Gift of Fear (édition revue et augmentée de 2010).
La première règle qu’il édicte (d’où le titre) est celle-ci : pour prévenir et vous protéger, fiez-vous d’abord à votre intuition. Autant lors d’une première rencontre avec quelqu’un, ou à l’intérieur du couple, ou en marchant le soir dans la rue. Notre cerveau est programmé pour détecter efficacement le danger depuis notre lointain passé animal, il y a des centaines de millénaires, à des époques où c’était à chaque minute une question de survie. Il analyse les données que les sens lui apportent beaucoup plus rapidement et correctement que ne le peut notre raisonnement conscient.
Les policiers entendront souvent de la part d’une victime d’agression (supposons un date rape) : « Il était charmant. Mais, à bien y penser, j’ai tout de suite été un peu mal à l’aise avec lui… » Voilà l’intuition. Et l’antique instinct de survie.
Deuxième règle de Gavin de Becker : la violence ne survient pas d’un coup, mais est le résultat d’une progression plus ou moins lente qui, à chaque étape, laisse nombre d’indices… que l’intuition perçoit fort bien.
Troisième règle : cessez d’avoir peur de ce qui n’est pas (ou très rarement) dangereux. Je vous réfère simplement à ce sujet au site web de la firme Gavin de Becker & Associates, dont une page (pas tendre pour les médias…) parle de la « menace terroriste ».
Voilà.
Exercice pratique : faites le compte dans votre tête de vos peurs et de vos intuitions! Ce sera probablement amusant et instructif…

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jolico
11 février 2013
14h40
Souvenons-nous de l’inquiétude au sujet du bogue de l’an 2000… Souvenons-nous, plus récemment, qu’il y a des gens qui se sont rendus dans un petit village en France car ils croyaient aux prédictions du calendrier Maya. Ces derniers étaient vraiment du groupe des “peureux professionnels”, si je puis dire.
Conseiller de se fier à son intuition est excellent. Par contre, je me demande parfois si, en cette ère de surinformation, de surexcitation des sens par une myriade de sources n’a pas un peu émoussé ce sens de base qu’est l’intuition. Bien plus facile de “twitter” et demander à quelqu’un qui peut ne pas nous connaître vraiment comment réagir dans une situation qui est vague et pas celle du “twitté”. Pour se fier à son intuition, il faut quand même avoir appris à s’en servir et ça s’apprend dans le calme, calme devenu denrée rare maintenant. Il faut aussi qu’une personne ait appris, enfant, que sans avoir peur de tout, il faut écouter sa petite voix intérieure suite à ce que nos parents nous ont appris, mais même cela peut devenir compliqué en ce jour où il risque d’y avoir plus de deux parents dont les idées ne convergent pas nécessairement.
J. Lincourt
gastonbourdages
11 février 2013
15h25
Et cette violence qui se construit subtilement une niche, toutes formes et contenus confondus. Une violence dont une des origines se nomme «SILENCE» ou «NON-DITS». Ces silences et non-dits qui, de guerre lasse de ne pouvoir être brisés, finissent par exploser. Je doute que la violence soit innée.
J’ai, sur une période de 23 ans, fait les constats de 32 avenues (puissiez-vous m’excuser l’utilisation de ce mot) dont l’issue s’appelle violence, jusqu’à l’extrême.
Très intéressant et fort informatif votre propos Monsieur Roy. Mercis à vous et à Monsieur Gavin de Becker.
Mes respects,
Gaston Bourdages,
Simple citoyen – ex-bagnard – conférencier – écrivain actuellement en rédaction de sujets traitant de la violence, ses origines, ses causes, ses inqualifiables effets et conséquences autant sur les victimes proches et éloignées que sur les auteurs(es).
http://www.unpublic.gastonbourdages.com
gillesmenard
11 février 2013
18h29
Bon OK c’tassé bienvenue à Pape Académie.
Gilles Ménard
gren
11 février 2013
19h52
Vous avez parfaitement raison mais en2013 les gens ne font plus attention aux gens qui les entourent. Sont trop occupé a texter ou parler au téléphone avec quelqu’un qu’ils ne voient presque plus sauf sur leur appareil électronique. Meilleur système pour rendre les gens comme des robots qui ne réagissent plus a rien. Leur monde est irréel.
n.y.grenier
maillet
12 février 2013
00h08
Il vient un temps où la culture peut interférer avec tout entrainement évolutif, comme l’intuition du danger.
D’un côté, notre culture peut nous apprendre à nous méfier “instinctivement” de quelqu’un simpleent parce qu’il appartient à un groupe étranger (une autre culture, une autre religion, une autre couleur de peau…). Parfois ces sentiments peuvent être justifiés, comme en temps de guerre, mais souvent ils ne le sont pas.
Alors notre culture peut aussi nous apprendre à ne pas nous fier aux préjugés. Ce qui est un enseignement sain.
Et parfois, cet enseignement sain peut se retourner contre nous. Nous rencontrons quelqu’un dont nous nous méfions instinctivement, peut-être cette fois avec raison, mais nous rationalisons et nous nous convainquons d’avoir tort : «Non, je ne devrais pas le juger», parce qu’il est d’une couleur ou religion différente, qu’il est plus pauvre, etc. Alors nous baisson nos gardes par bonnes convictions…
On ne peut parler d’instinct sans parler de culture chez l’humain.
J. Maillet
nadagami
12 février 2013
05h06
« Les policiers entendront souvent de la part d’une victime d’agression (supposons un date rape) : « Il était charmant. Mais, à bien y penser, j’ai tout de suite été un peu mal à l’aise avec lui… » Voilà l’intuition. Et l’antique instinct de survie. »
– — –
Je suis d’accord avec l’idée que c’est notre instinct qui nous met en garde face à un danger potentiel.
Mais pour qu’il y ait éveil de l’instinct, celui-ci a dû être au préalable stimulé. Comment alors notre instinct est-il stimulé?
Par la transmission d’une information entre un émetteur, ici l’agresseur, et un récepteur, ici la victime.
On a donc affaire ici au départ à un phénomène de télépathie, à un transfert d’informations extrasensoriel entre eux individus et c’est cela qui stimule l’instinct de survie qui nous permet de nous protéger face à un agresseur potentiel.
Et si on peut déclarer que « j’ai tout de suite été un peu mal à l’aise avec lui… » », c’est parce qu’il y a eu transmission d’une information entre deux individus, entre un émetteur et un récepteur.
Daniel Verret Nadagami
legada
12 février 2013
06h25
Beaucoup de gens ont peur qu’une voiture explose ou prenne en feu. Dans la réalité, c’est rarissime. Cette crainte vient du cinéma, un monde virtuel.
La criminalité est aussi très mal perçue a cause de certains médias et du cinéma. On met l’emphase sur les criminels anonymes alors que dans la réalité beaucoup de crimes sont faits par des gens qui nous connaissent. Le terme beaucoup est très relatif puisque la criminalité baisse.
Cette mauvaise perception a pour conséquence qu’on ne met pas nos énergies aux meilleurs endroits pour prévenir le crime.
Daniel Legault
gl000001
12 février 2013
07h48
“fiez-vous d’abord à votre intuition”
Bien sur. Et si la personne n’est pas assez intelligente pour s’y fier justement ? Ou si la personne a déjà des tendances paranoïaques ? Ca cautionne la “violence préventive” et ça donne des histoires comme celle-ci entendu il y a plusieurs années:
Tard le soir, un homme marche sur le trottoir avec deux sacs d’épicerie dans chaque mains. Une dame marche en sens inverse sur le même trottoir. Au moment de le croiser, elle lui lance un grand coup de pied dans les “parties”. Elle le poivre et continue à donner des coups de pieds à l’homme qui est par terre. Quand la police arrive, elle embarque le gars bien sur. Un policier bien intentionné donne les sacs d’épicerie à la dame qui les refuse en disant qu’ils sont à l’homme. Le policiers comprennent finalement, posent les bonnes questions et arrètent la bonne femme.
@gren
Ca a toujours été. Les zombies du texto sont les mêmes qui bloquent l’allée à l’épicerie en immbilisant leurs carosse en plein milieu, qui s’arrètent soudainement en plein milieu de la piste cyclable sans signaler, qui vous rentrent dedans au centre d’achat et vous reprochent de ne pas regarder ou on va alors qu’on est immobile. Il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Les bidules électroniques sont juste un gadget de plus pour les distraire. Alain Lajoie