NDLR : Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.
Mario Roy
Paroles, paroles… Dans mon édito de ce matin, je dresse la liste hallucinante des séances de bavardage (sommets, comités, commissions, consultations, groupes de travail, assises, forums, tables, rapports, etc.) annoncées depuis septembre par le gouvernement Marois.
Juste un mot pour signaler que s’y ajoute aujourd’hui un autre comité. Celui-là sur la recherche de projets structurants à court terme pour les municipalités affectées par l’annulation des projets de minicentrales hydroélectriques. Rien de moins.
« Ça commence à ressembler à ce que d’Ormesson appelait l’inaptocratie », me signale un lecteur qui ne manque ni d’humour ni de culture…
Cependant, je veux surtout revenir un instant sur l’un de ces perrons d’église étatique : la consultation annoncée sur la laïcité.
Normalement, la question aurait dû être réglée par la commission Bouchard-Taylor, mais elle ne l’a pas été. Pourquoi? Il y a plusieurs raisons à cela, dont la tendance des commissaires à privilégier les droits religieux aux dépens des autres. Mais le sera-t-elle par une nouvelle consultation? J’en doute.
La dure réalité des consultations est qu’elles « consultent » toujours les mêmes groupes de pression, les mieux organisés ne tardant pas à prendre le plancher, comme on dit. Or, sur le thème de laïcité, les mieux organisés, financés, appuyés, interdits de critique, sont les groupes religieux.
La dure réalité, c’est que la religion –y compris dans ses incarnations les plus absurdes- gagne du terrain partout dans le monde. (Il faut absolument entendre Sam Harris à ce sujet.) Par exemple, ce n’est pas en Arabie saoudite, mais ici, que la Cour suprême a récemment ouvert la porte à la possibilité de témoigner masqué(e) devant une cour criminelle, ce qui est une négation des droits à faire dresser les cheveux sur la tête.
La dure réalité, c’est que les grands ténors des trois religions monothéistes, qui s’entendent comme des larrons en foire lorsqu’il s’agit de conserver leur pouvoir, vont finir par arriver à imposer des lois sur le blasphème (ô Moyen Âge!) à force de gosser l’ONU!
La dure réalité, c’est que, enseveli sous ce vacarme, le message des grands penseurs athées contemporains (le regretté Christopher Hitchens, Richard Dawkins ainsi que Sam Harris, déjà nommé), qui devrait servir de fondement philosophique à la lutte pour la laïcité dans l’espace public, est complètement inaudible. Y compris chez nous, évidemment. Il est en effet impossible de considérer la laïcité avec lucidité si on ne relativise pas l’importance –ou même l’existence- des divers dieux.
Une petite consultation-maison, donc? Franchement, je serais partisan de faire une… croix là-dessus!
Lire les commentaires (41) | Commenter cet article

L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription. 




