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André Pratte
Le CAA-Québec a publié lundi son bilan annuel de l’évolution du prix de l’essence. L’organisme note que l’essence s’est vendue 5% plus cher en 2012 qu’en 2011. Le CAA déplore l’augmentation de la marge des détaillants. Il dénonce aussi des hausses injustifiées survenues le vendredi ou la veille de certains congés.
Furieux contre le prix élevé de l’essence, certains Québécois se demandent s’ils auront droit à des prix plus bas le jour où la province produira son propre pétrole. Ainsi, une éventuelle société d’État, Pétro-Québec, pourrait faire comme Hydro-Québec et vendre son énergie à rabais aux consommateurs québécois.
L’idée est séduisante en apparence. Toutefois, suivre cette piste entraînerait des effets pervers. Plusieurs pays, en particulier des producteurs de pétrole, subventionnent ainsi la consommation d’essence et de mazout. Ça leur coûte très cher et ça encourage une consommation effrénée. À un point tel que, selon l’OCDE et l’Agence internationale de l’énergie, la diminution des subventions au pétrole serait l’une des mesures les plus importantes à prendre pour lutter contre les changements climatiques.

Manifestation contre la hausse du prix de l'essence au Bangladesh, le 13 janvier dernier (AFP).
Autre difficulté: une fois qu’un État commence à subventionner l’essence, il lui est très difficile de revenir en arrière, comme en témoignent les manifestations violentes qui ont éclaté dans plusieurs pays.
En somme, subventionner les produits pétroliers ne serait pas la meilleure façon de faire profiter la société québécoise de ses éventuelles richesses en hydrocarbures. Il vaudrait mieux choisir des investissements dont la portée est à long terme. Par exemple, réduire la dette.
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