Le blogue de l'édito

Archive, février 2013

Mercredi 27 février 2013 | Mise en ligne à 14h41 | Commenter Commentaires (43)

Assurance-emploi: les raisons d’être inquiet

Photo Presse canadienne

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NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

André Pratte

L’assurance-emploi coûte chaque année quelque 20 milliards. Pas au gouvernement fédéral mais aux cotisants, c’est-à-dire aux travailleurs canadiens. De plus, chaque année, Ottawa dépiste plus de 100 000 réclamations frauduleuses, équivalent à plus de 100 millions, dont il ne parviendra à récupérer qu’une partie.

Cela étant, je ne m’offusque pas de voir que le gouvernement cherche à diminuer le nombre de personnes qui ont systématiquement recours à l’assurance-emploi et traque les fraudeurs. Tout est dans la manière et le dosage.

Dans un éditorial publié le mois dernier au sujet de la récente réforme du régime d’assurance-emploi, je soulignais que les principes sous-tendant les changements étaient raisonnables mais que l’exercice serait délicat:

Le règlement laisse beaucoup de discrétion aux fonctionnaires. S’ils l’interprètent humainement et intelligemment, la réforme n’aura pas les effets pervers que l’on craint. S’ils ont pour instruction de prendre leurs décisions d’abord en fonction d’économies à réaliser, des gens souffriront inutilement. C’est à suivre de près.

Mon inquiétude à cet égard s’est accrue depuis, pour deux raisons. Premièrement, les réponses évasives et contradictoires de la ministre responsable, Diane Finley, me fait craindre qu’elle ne maîtrise mal le dossier. Par conséquent, il y a fort à parier qu’elle n’est pas en mesure d’empêcher ou de décourager son ministère de faire de l’excès de zèle. Peut-être que c’est ce que souhaite le gouvernement Harper…

Deuxièmement, il y a les révélations du Devoir selon lesquelles les enquêteurs du ministère doivent rencontrer des objectifs chiffrés (485 000$ par an) de prestations à récupérer. Une telle politique risque d’amener les fonctionnaires à juger certains cas moins en fonction de la situation de la personne concernée que dans le but d’atteindre l’objectif attendu par leurs patrons.

L’affaire des quotas n’est pas directement reliée à la réforme récente. Cependant, l’existence des quotas révèle un état d’esprit, une culture particulière de gestion d’un programme social. Si les fonctionnaires appliquent la réforme suivent cette culture bête, avec pour seul objectif de générer des économies, l’impact pour les chômeurs fréquents pourrait être aussi catastrophique que ce que prédisent les critiques du gouvernement. Or, selon la Coalition pour l’assurance-emploi de l’Est du Québec, qui rencontrait mercredi la ministre Finley, le harcèlement est déjà commencé.

Entre-temps, la grogne prend de l’ampleur et, par indifférence, incompétence ou à dessein, le gouvernement conservateur ne fait rien pour la calmer.

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Mardi 26 février 2013 | Mise en ligne à 12h16 | Commenter Commentaires (28)

Santé: mieux vaut être riche…

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Ariane Krol

Les dictons n’ont pas toujours raison. «Mieux vaut être riche et en santé que pauvre et malade» ne s’est avéré qu’à moitié dans cette expérience réalisée dans la région de Toronto. Les chercheurs ont voulu savoir si le statut socio-économique du patient joue sur ses chances de trouver un médecin de famille. La réponse est aussi prévisible que déprimante.

C’est la mauvaise nouvelle de cette étude: les chercheurs qui appelaient les cabinets de médecins en prétendant être un employé de banque récemment transféré à Toronto se sont fait offrir un premier rendez-vous beaucoup plus souvent que ceux qui se faisaient passer pour des assistés sociaux. Leurs chances d’être reçus étaient meilleures par plus de 50%!

Soulignons que les 375 médecins approchés étaient tous participants au régime d’assurance-maladie ontarien. Ils étaient donc assurés d’être payés, peu importe les revenus du client.

Il y a tout de même une bonne nouvelle. Les «patients» qui disaient chercher un médecin pour leurs problèmes de santé chroniques (diabète et maux de dos) ont aussi reçu plus d’offres de rendez-vous que ceux qui prétendaient avoir besoin d’un simple examen annuel et ce, quelle que soit leur situation.

Les assistés sociaux font-ils l’objet de discrimination ? Pour le savoir, il aurait fallu que chaque cabinet reçoive un appel des deux types de patients dans un court laps de temps. Les chercheurs n’ont pas voulu le faire pour ne pas éveiller les soupçons. Chaque cabinet a donc reçu un seul appel de faux patient – le statut socioéconomique et l’état de santé étaient déterminés au hasard.

On constate néanmoins qu’un citoyen démuni doit faire pas mal plus d’appels qu’un mieux nanti pour voir un médecin.

L’expérience portait sur des omnipraticiens de Toronto. Je me demande si les résultats aurait été les mêmes dans de petites villes ou à la campagne. Ou avec des médecins de famille québécois.

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Lundi 25 février 2013 | Mise en ligne à 13h59 | Commenter Commentaires (26)

Heureusement qu’il y a Marc Garneau…

Photo Presse canadienne

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André Pratte

Depuis l’entrée en politique de l’ancien astronaute Marc Garneau, en 2008, personne ne voyait en lui une bête politique. Un homme intelligent, dévoué, à la carrière impressionnante, certes. Mais un politicien beaucoup trop terne pour aspirer au poste de chef du Parti libéral du Canada. Pourtant, dans la course à la direction du PLC, c’est M. Garneau qui, outre Justin Trudeau, monopolise l’attention. Il y parvient en attaquant le favori à répétition sur ses points faibles: son parcours professionnel peu convaincant, le peu d’idées qu’il met de l’avant.

Lundi, encore, Marc Garneau s’en est pris à son principal adversaire et lui a lancé un défi: pourquoi ne pas tenir un débat à deux? «Le format actuel des débats organisés dans le cadre de la course à la direction du Parti libéral n’a fourni que peu d’occasions aux neuf candidats de présenter un tableau complet de leurs différents points de vue, a souligné le député de Westmount-Ville-Marie. Jusqu’ici, Justin et moi n’avons eu que trois minutes de débat face à face. Ce n’est pas suffisant.»

M. Trudeau a vite rejeté l’invitation de son rival. On comprend pourquoi: il n’a aucun avantage à donner une telle visibilité à Marc Garneau. N’empêche, ce dernier a le mérite de soulever une question pertinente: «Il est temps pour Justin de se décider à défendre ses idées parce que s’il ne peut pas le faire avec moi devant une salle remplie de Libéraux, il ne pourra jamais le faire contre Stephen Harper.»

La tactique de Marc Garneau a le grand avantage de faire parler de lui, ce que les autres candidats – outre Trudeau – ne parviennent pas à faire. Lui attirera-t-elle plus d’appuis? Peut-être que les rares libéraux résistant à la trudeaumanie interne seront tentés de voter pour le seul candidat ayant l’audace de dire que le roi est nu. Par contre, la manoeuvre comporte un risque: elle fournit des armes aux conservateurs. En effet, ceux-ci se feront un plaisir, lors de la prochaine campagne électorale, de se servir des critiques de M. Garneau à l’égard de celui qui, entre-temps, sera devenu chef du Parti libéral.

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