
Photo Martin Chamberland (La Presse)
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Ariane Krol
Qui aime bien châtie bien… C’est ce que je me suis dit en voyant le texte sur les aliments biologiques de Sylvain Charlebois (ici), ce samedi dans nos pages, et son entrevue avec notre éditorialiste en chef André Pratte (ici). Ce qui peut passer, à première vue, comme une charge en règle contre le bio est en réalité un appel à développer l’énorme potentiel de ce secteur. Procédé un peu décoiffant, mais habile. Sylvain Charlebois, un spécialiste de l’agroalimentaire à l’Université de Guelph, est un observateur et un commentateur aguerri de ces questions. Je ne partage pas toujours ses points de vue, mais je dois reconnaître qu’ils ne sont jamais banals.
Je vous laisse vous faire votre propre idée, et l’exprimer ici, sur le détail de ses arguments. C’est plutôt son point de départ qui a retenu mon attention. Le bio, selon M. Charlebois, est à la croisée des chemins. Le secteur a un potentiel énorme pour l’économie agricole québécoise et canadienne, mais si on veut assurer sa croissance, il va falloir axer le débat sur des faits scientifiques.
Permettez-moi d’être sceptique. Y a-t-il des arguments scientifiques qui puissent convaincre un large public de payer plus cher pour du bio? Chaque fois que j’entends des gens parler de leur préférence pour de tels aliments, c’est toujours avec des motifs éminemment personnels. Ils croient que c’est meilleur pour leurs enfants. Ils veulent encourager de petits producteurs. Ils ont l’impression de consommer de façon plus responsable, en accord avec leurs principes.
Et franchement, je ne fais pas mieux. En bio, j’achète surtout des produits d’origine animale. Pas parce que je les trouve plus savoureux, ni que je les considère meilleurs pour ma santé. Encore moins parce que c’est une bonne affaire. Seulement parce que je suis préoccupée par l’antibiorésistance et qu’acheter des produits d’élevages qui ne contribuent pas, ou très peu, au phénomène me paraît plus cohérent. C’est une goutte d’eau, j’en conviens. Et c’est justement là le noeud du problème. La consommation du bio, à mon avis, n’est pas une affaire de raison pure, ni d’arguments scientifiques incontestables. Peut-elle, et devrait-elle, le devenir ? Je vous le demande.
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