
Photo Rocket Lavoie (Le Quotidien)
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André Pratte
Le conseil d’administration de Rio Tinto a montré la porte au pdg, Tom Albanese. M. Albanese est l’architecte de l’acquisition d’Alcan en 2007, au prix de 38 milliards. Même si la transaction était très coûteuse, Rio Tinto était à l’époque convaincue que, en raison de la croissance des besoins de la Chine, les prix de l’aluminium resteraient élevés. Or, c’est le contraire qui s’est produit. Aujourd’hui encore, le prix de l’aluminium est plus bas de 30% qu’en 2007. Le Financial Times estime qu’à la suite des radiations d’actifs faites par Rio Tinto, Alcan a perdu entre 20 millliards et 25 milliards de sa valeur de 38 milliards.
Il y a là un enseignement que devraient retenir tous ceux qui veulent voir l’État québécois, notamment la Caisse de dépôt et placement, investir dans le secteur des ressources naturelles et/ou pour garder au Québec le siège social de nos «fleurons». Lorsque Rio Tinto a acheté Alcan, il s’en trouvait pour soutenir que le gouvernement aurait dû intervenir pour stimuler une offre concurrente. François Legault était de ceux-là.
Rappelons-nous que de tels investissements, en plus d’être énormes, sont TOUJOURS risqués. Il est dans la nature des investisseurs privés de prendre des risques. En 2008, l’action de Rio Tinto a atteint un sommet de 123$. Aujourd’hui, elle en vaut moins de 54$. Voulons-nous vraiment que l’État québécois prenne de tels risques, en particulier avec l’argent de nos fonds de retraite et d’assurances? Moi, non.
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