Le blogue de l'édito

Archive du 15 janvier 2013

Mardi 15 janvier 2013 | Mise en ligne à 18h28 | Commenter Commentaires (19)

Voyage au centre d’un hôpital privé

L'hôpital du groupe Hospiten à Playa del Carmen, au Mexique.

L'hôpital du groupe Hospiten à Playa del Carmen, au Mexique.

NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

André Pratte

Au cours des vacances des Fêtes, une bronchite m’a mené dans un petit hôpital privé de la Riviera Maya, au Mexique. L’expérience m’a porté à réfléchir sur les avantages et risques d’une telle formule, qui n’existe pas ici. Évidemment impossible de conclure quoi que ce soit sur la base d’une simple anecdote. Mais, pour commentaires, je soulève quelques questions.

MON BIEN OU MON BIEN?

Parce que le médecin vu à l’hôtel craignait que la bronchite ne dégénère en pneumonie, il m’a envoyé à cet établissement de la région. Établissement auquel il est par ailleurs affilié. C’est d’ailleurs la première question qu’on se demande toujours quand on a affaire à la médecine privée: est-ce qu’il fait ça pour mon bien ou pour mousser les affaires de son établissement?

NE PARTEZ PAS SANS ELLE

Arrivée à 18h à la clinique Hospiten (un groupe possédant une douzaine d’hôpitaux en Espagne, en République dominicaine et au Mexique). L’établissement est beaucoup plus petit que nos hôpitaux: 3 étages, une centaine d’employés, dont 30 médecins. Salle d’attente à peu près vide. Petite salle d’urgence calme. J’attendrai tout de même plus d’une heure avant de voir un médecin. Le constat se répétera tout au long de mon séjour: le service n’est pas particulièrement efficace. Mais c’est peut-être le rythme mexicain plus que la gestion du lieu qui est en cause.

Avant l’admission, on m’a demandé une mise de côté de 1000$ US sur ma carte de crédit.

LA NUIT PORTE CONSEIL

Radiographie, formule sanguine. Après examen, le médecin recommande de passer la nuit à l’hôpital. Je ne suis pas d’accord: donnez-moi des antibiotiques et je vais retourner à l’hôtel. Le médecin rétorque: «Mon avis professionnel, c’est que vous demeuriez ici pour que nous puissions éviter des complications.» Son avis professionnel ou son désir d’occuper une chambre? 500$ la nuit, nouvelle mise de côté sur la carte de crédit. Au Québec, je serais allé dans une clinique sans rendez-vous, le médecin m’aurait renvoyé chez moi avec une prescription. L’hospitalisation était-elle vraiment nécessaire?

Par contre, pendant la nuit, j’ai vu deux autres patients installés comme moi dans une chambre privée et souffrant, eux, de problèmes importants de digestion. Chez nous, ils auraient passé des heures à l’urgence, sans intimité aucune. À la clinique Hospiten, ils étaient dans une chambre confortable, avec accès à une grande salle de bain très propre, sous la surveillance constante d’infirmières.

LE CONGÉ

Le matin, une infirmière a constaté qu’on m’avait confondu avec un autre patient, attribué le mauvais bracelet et donné le mauvais petit déjeuner… Des erreurs, il s’en produit partout, public ou privé.

Puis, l’interniste m’a rapidement donné mon congé, constatant qu’il n’y avait pas de signe d’aggravation. Il a toutefois fallu attendre deux heures pour que la paperasse nécessaire soit complétée.

LE BILAN

Il me semble que de tels établissements pourraient être utiles pour les nombreux cas qui, sans être graves, peuvent bénéficier d’un suivi médical serré, avec accès aux équipements diagnostiques, des cas qui au Québec tombent dans les fissures du système. À l’heure actuelle, la loi interdit la mise sur pied d’un hôpital privé. Serait-il utile de mener un projet pilote? Peut-on penser à un super-GMF?

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Mardi 15 janvier 2013 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Commentaires (22)

Que font les vieux? Du bungee!

NDLR : Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

630937Mario Roy

Comment se comportent les personnes âgées du XXIe siècle? Selon les médias, la télé, la publicité et les gourous de la mort-en-bonne-santé, les vieux ne font rien d’autre que du bungee, du ski acrobatique, du vélo, du hockey-bottine, le tour du monde en voilier, le jeu de cache-cache avec les petits-enfants en hurlant, en sautant au plafond et courent les p’tits et les p’tites jeunes avec des airs lubriques!

Après 108 ans, on leur accorde enfin le droit de ne faire que du patin et de la planche à voile…

Ciel!

J’espère ne jamais arriver à cet âge : trop fatigant…

« Je n’ai pas le goût d’être une super vieille! » dit une ex-infirmière de 69 ans à notre collègue Louise Leduc, qui pose la bonne question : « A-t-on encore le droit, quand on est vieux, de se bercer tranquillement? »

D’abord, on ne réalise peut-être pas à quel point c’est une chance exceptionnelle qui nous est donnée de pouvoir… vieillir.

On meurt aujourd’hui à 80 ans du cancer (au Québec, c’est 78,9 ans pour les hommes et 83,4 pour les femmes) parce qu’on a vaincu la tuberculose qui tuait à 30 ou 40 ans. On a vaincu les infections, l’ignorance de l’hygiène, les prédateurs, les blessures, bref, tout ce qui tuait à 20 ans. On a vaincu les difficultés de l’accouchement qui ont tué en masse, pendant des millénaires, mères et enfants.

Et on arriverait au bout de tout ça pour faire du bungee?

Il y a une grande sagesse, parvenu à un âge vénérable, à se bercer sur la galerie! À partager l’expérience accumulée (je sais bien : l’expérience des plus vieux, ça n’a plus aucune valeur). À réfléchir. À contempler.

Juste un petit exemple, côté contemplation..

Avez-vous regardé le ciel, récemment? Je veux dire : loin de la ville, une nuit sans nuages? Même pas besoin de télescope. C’est une des expériences les plus émouvantes que l’on puisse vivre si on s’y consacre avec dévotion (le regretté Christopher Hitchens, ici, à ce sujet).

Écouter de la musique. Pas avec des écouteurs dans le métro, non. Confortablement installé, sans lire, sans penser à autre chose. Musique pure. Il faut avoir le temps.

Lire tout ce qu’on n’a pas eu le temps de lire. Vous vous rendez compte du choix?

Parler avec ses proches, ses contemporains, les plus jeunes.

Arpenter la ville lorsque le soleil se lève et que les lampadaires s’éteignent…

Vivre, en un mot.

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