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André Pratte
Au cours des vacances des Fêtes, une bronchite m’a mené dans un petit hôpital privé de la Riviera Maya, au Mexique. L’expérience m’a porté à réfléchir sur les avantages et risques d’une telle formule, qui n’existe pas ici. Évidemment impossible de conclure quoi que ce soit sur la base d’une simple anecdote. Mais, pour commentaires, je soulève quelques questions.
MON BIEN OU MON BIEN?
Parce que le médecin vu à l’hôtel craignait que la bronchite ne dégénère en pneumonie, il m’a envoyé à cet établissement de la région. Établissement auquel il est par ailleurs affilié. C’est d’ailleurs la première question qu’on se demande toujours quand on a affaire à la médecine privée: est-ce qu’il fait ça pour mon bien ou pour mousser les affaires de son établissement?
NE PARTEZ PAS SANS ELLE
Arrivée à 18h à la clinique Hospiten (un groupe possédant une douzaine d’hôpitaux en Espagne, en République dominicaine et au Mexique). L’établissement est beaucoup plus petit que nos hôpitaux: 3 étages, une centaine d’employés, dont 30 médecins. Salle d’attente à peu près vide. Petite salle d’urgence calme. J’attendrai tout de même plus d’une heure avant de voir un médecin. Le constat se répétera tout au long de mon séjour: le service n’est pas particulièrement efficace. Mais c’est peut-être le rythme mexicain plus que la gestion du lieu qui est en cause.
Avant l’admission, on m’a demandé une mise de côté de 1000$ US sur ma carte de crédit.
LA NUIT PORTE CONSEIL
Radiographie, formule sanguine. Après examen, le médecin recommande de passer la nuit à l’hôpital. Je ne suis pas d’accord: donnez-moi des antibiotiques et je vais retourner à l’hôtel. Le médecin rétorque: «Mon avis professionnel, c’est que vous demeuriez ici pour que nous puissions éviter des complications.» Son avis professionnel ou son désir d’occuper une chambre? 500$ la nuit, nouvelle mise de côté sur la carte de crédit. Au Québec, je serais allé dans une clinique sans rendez-vous, le médecin m’aurait renvoyé chez moi avec une prescription. L’hospitalisation était-elle vraiment nécessaire?
Par contre, pendant la nuit, j’ai vu deux autres patients installés comme moi dans une chambre privée et souffrant, eux, de problèmes importants de digestion. Chez nous, ils auraient passé des heures à l’urgence, sans intimité aucune. À la clinique Hospiten, ils étaient dans une chambre confortable, avec accès à une grande salle de bain très propre, sous la surveillance constante d’infirmières.
LE CONGÉ
Le matin, une infirmière a constaté qu’on m’avait confondu avec un autre patient, attribué le mauvais bracelet et donné le mauvais petit déjeuner… Des erreurs, il s’en produit partout, public ou privé.
Puis, l’interniste m’a rapidement donné mon congé, constatant qu’il n’y avait pas de signe d’aggravation. Il a toutefois fallu attendre deux heures pour que la paperasse nécessaire soit complétée.
LE BILAN
Il me semble que de tels établissements pourraient être utiles pour les nombreux cas qui, sans être graves, peuvent bénéficier d’un suivi médical serré, avec accès aux équipements diagnostiques, des cas qui au Québec tombent dans les fissures du système. À l’heure actuelle, la loi interdit la mise sur pied d’un hôpital privé. Serait-il utile de mener un projet pilote? Peut-on penser à un super-GMF?
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