Le blogue de l'édito

Archive, janvier 2013

Jeudi 31 janvier 2013 | Mise en ligne à 16h06 | Commenter Commentaires (27)

Et si votre médecin vous vendait des pilules?

docteur_mNDLR : Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

Comment réagiriez-vous si votre médecin de famille, ou l’omnipraticien qui vous reçoit à sa clinique sans rendez-vous, voulait vous vendre les médicaments qu’il vient de vous prescrire? Trouveriez-vous pratique de ne pas avoir à aller à la pharmacie? Ou seriez-vous en train de vous demander si vous avez vraiment besoin du médicament en question?

Ce n’est pas pour rien que le Code de déontologie des médecins leur interdit cette pratique (art. 76).

Pour combien de temps? «La Fédération désire obtenir également, de façon à toujours mieux favoriser l’accès aux services pour les patients, le pouvoir pour tous les médecins omnipraticiens, de vendre les médicaments qu’ils precrivent (sic) à leurs patients. Elle cherchera en conséquence à obtenir les modifications législatives et réglementaires appropriées», a indiqué le syndicat des médecins de famille (FMOQ) au Registre des lobbyistes.

Il y a loin de la coupe aux lèvres, si elle s’y rend jamais. La FMOQ n’a fait encore aucune représentation, me dit son porte-parole, Jean-Pierre Dion. L’organisation a inscrit cette information au registre des lobbyistes par souci de transparence, parce que son conseil général lui a demandé d’étudier cette possibilité.

Les médecins de famille sont inquiets des nouveaux pouvoirs de prescription qui seront bientôt donnés aux pharmaciens. Plusieurs craignent que les renouvellements d’ordonnance qui pourront ainsi être faits retardent le diagnostic de problèmes de santé plus graves.

Et ils sont agacés de voir que les pharmaciens pourront désormais prescrire des médicaments sur lesquels ils feront un profit sans que cela soit considéré comme un conflit d’intérêt, alors qu’une telle chose demeure inacceptable de leur part.

Les médecins de famille veulent-ils vraiment vendre des pilules, ou essaient-ils seulement de choquer pour provoquer la discussion ? Ce n’est pas clair pour l’instant.

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Mercredi 30 janvier 2013 | Mise en ligne à 4h58 | Commenter Commentaires (16)

Nouveau BlackBerry: avez-vous hâte? (Ajouts)

RIM_mPhoto AP

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Ariane Krol

C’est aujourd’hui qu’a lieu le lancement tant attendu du nouveau BlackBerry 10 de l’entreprise canadienne RIM (Research In Motion). Tant attendu? Des investisseurs, analystes financiers et médias, certainement. Des employés et fournisseurs de RIM, ainsi que de la région de Kitchener-Waterloo aussi. Des clients actuels et potentiels ? C’est à voir.

RIM joue son va-tout avec ces appareils qui rouleront sur un nouveau système d’exploitation. L’un des modèles présentés aujourd’hui n’aura pas de clavier physique, une petite révolution pour le manufacturier canadien. Le BB10 a cependant plus de chances de se distinguer par ce qu’il offre que par ce qu’il n’a pas. On nous promet une navigation sur internet plus efficace, et la possibilité d’utiliser plusieurs applications en même temps.

Comment c’est toujours le cas avec ce genre de lancement, l’entreprise a distillé l’information goutte à goutte. On apprendra aujourd’hui les prix de ces appareils, et leur date de mise en vente. Mais comme le soulignait récemment mon collègue Vincent Brousseau-Pouliot, tout cela arrive peut-être trop tard.

RIM peut-il encore séduire des propriétaires de iPhone ou d’appareils sur plateforme Android ? Est-il même capable de convaincre les utilisateurs de Blackberry (particuliers et entreprises) d’acheter un de ces nouveaux téléphones dits intelligents plutôt que de faire le saut chez la concurrence?

La réponse dépend de vous.

Ajout: Les investisseurs n’ont visiblement pas apprécié que les BB10 ne soient pas disponibles avant mars aux États-Unis. Les Britanniques, eux, y auront accès dès demain (jeudi), les Canadiens la semaine prochaine. Du moins pour le modèle à écran tactile. J’ai vraiment hâte de voir la réaction des clients d’entreprises – cette nouvelle génération d’appareils est de toute évidence conçue pour eux. Le multitâches, s’il fonctionne aussi bien que durant le lancement de ce matin, est très prometteur, et les applications seront au rendez-vous. On dirait que les gens de RIM, pardon BlackBerry, après des années de surdité, ont enfin compris les besoins des utilisateurs. Ils ont même réussi à me surprendre avec leur partenariat avec Robert Rodriguez

Ajout 2: Mon édito sur l’avenir des BB10, et de BlackBerry elle-même…

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Mardi 29 janvier 2013 | Mise en ligne à 12h19 | Commenter Commentaires (13)

Accès à la propriété: de plus en plus inégal

ruelle-02_mNDLR : Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration

Ariane Krol

Statistique Canada vient de publier des chiffres intéressants sur l’accès à la propriété au pays. À première vue, il a augmenté depuis le début des années 80. Il est passé de 62% en 1981 à 69% en 2006. «Cette tendance aurait été encore plus prononcée si ce n’était la propension des Canadiens à retarder la création d’une famille, laquelle coïncide souvent avec l’achat d’un premier logement», note StatCan.

En y regardant de plus près, toutefois, on s’aperçoit que ce n’est pas vrai pour tout le monde.

C’est connu: la possession, plutôt que la location, de son lieu de résidence augmente avec le revenu. Ce qui est nouveau, c’est que durant les 25 années étudiées par StatCan, l’accès à la propriété a diminué chez certains ménages et continué à augmenter chez d’autres. Les moins fortunés comparativement au plus aisés? C’est plus compliqué que ça.

Regardez les deux graphiques au bas de la page, qui illustrent la situation des jeunes adultes (20 à 39 ans).

Chez les gens vivant seuls ou avec des personnes non apparentées (les ménages «hors famille», dans le jargon des statisticiens), l’accès à la propriété a augmenté pour tout le monde.

Chez les couples avec enfants, par contre, il a reculé pour les moins fortunés (les deux premiers quintiles de revenu).

Que faut-il en conclure? On peut plaindre ces familles qui, ayant des enfants, souhaiteraient sans doute être propriétaires plutôt que locataires. Mais peut-être devrait-on les féliciter de faire un choix cohérent avec leur situation financière. Acheter un condo ou une maison ne se résume pas à contracter une hypothèque et à acquitter les frais fixes. C’est aussi une source de toutes sortes d’autres dépenses, souvent faussement appelées investissements – témoin l’utilisation croissante des marges de crédit hypothécaires, qui contribuent de plus en plus à l’endettement des ménages.

Il faudra aussi voir comment la situation a évolué depuis 2006, particulièrement à partir de 2013, alors que les ventes de maisons et de condos s’essoufflent.

Hors famille

Taux d'accession à la propriété pour les 20-39 ans vivant hors famille, selon le quintile de revenu, 1981-2006

Familles

Taux d'accession à la propriété pour les couples de 20 à 39 ans avec enfants, selon le quintile de revenu, 1981-2006

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