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André Pratte
Pourquoi l’être humain est-il toujours à la recherche de nouveaux horizons, de nouvelles réponses, de nouvelles aventures? C’est à cette question que s’attaque le magazine National Geographic dans son numéro de janvier 2013. C’est sa façon de souligner le 125e anniversaire de la National Geographic Society.
Les causes de la bougeotte de l’homo sapiens sont multiples, découvre-t-on dans ce numéro. À commencer par une origine génétique. Dans l’article principal, le journaliste David Dobbs donne notamment comme exemple les Canadiens français qui ont colonisé la région du Saguenay, au XIXe siècle. «Du point de vue d’un biologiste, une telle vague migratoire ne concentre pas seulement un type particulier de personnes dans une région donnée; elle peut aussi concentrer et pousser l’expansion des gènes qui encouragent ces personnes à migrer.»
«Nous sommes obsédés par l’idée de connaître toutes les recoins de la Terre; atteindre les pôles les plus lointains, les sommets les plus élevés et les crevasses les plus profondes; naviguer sur toutes les mers de la planète et ensuite la quitter carrément», écrit Dobbs.
Un autre article raconte l’aventure terrifiante vécue de 1911 à 1914 par une équipe australienne chargée d’explorer d’Antarctique. Leur leader, Douglas Mawson, a été le seul survivant d’une équipe de trois, mettant 32 jours à parcourir les 150 kilomètres le ramenant au camp de base. Les chiens de l’équipe avaient aussi tous péri. «Trois jours après la mort de son collègue, Mawson découvrit avec effroi que la plante de ses pieds s’était détachée. La peau dessous transpirait le pus et le sang. Il recolla les plantes mortes avec du ruban gommé et enfila six paires de bas de laine. Dès ce moment, chaque pas lui infligea une douleur atroce.»
Douglas Mawson n’a pu regagner l’Australie que plusieurs mois plus tard. Malgré l’agonie qu’il avait vécue, il dirigea deux autres expéditions en Antarctique.
«C’est une sorte de folie, estime Svante Pääbo, directeur de l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste. Lorsque les explorateurs ont commencé à naviguer sur les océans, ils ne savaient pas ce qu’il y avait de l’autre côté. Et maintenant, nous voulons aller sur Mars. Nous n’arrêtons jamais. Pourquoi?»
Je vous relance la question. Pourquoi?
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