Le blogue de l'édito

Archive du 26 décembre 2012

Mercredi 26 décembre 2012 | Mise en ligne à 14h58 | Commenter Commentaires (53)

En Chine, le TGV. Au Canada, le TGL (très grande lenteur).

Photo Associated Press

Photo Associated Press

NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

André Pratte

Dans l’essai le plus remarqué de l’année, Why Nations Fail, les auteurs racontent notamment comment, au XIXe siècle, les dirigeants de l’empire austro-hongrois et de la Russie ont tenté d’empêcher la construction de chemins de fer dans leur pays. Le conte Egor Kankrin, ministre des Finances du tsar Nicolas I, estimait les chemins de fer néfastes parce qu’ils «encouragent les voyages inutiles d’un endroit à l’autre, typiques de notre époque.» L’inefficacité des transports explique pourquoi ces deux pays n’ont pas profité de la Révolution Industrielle comme ont pu le faire d’autres pays d’Europe.

Carte chemins de fer_s

Cette carte, tirée du livre, montre à quel point le rail est développé en Grande-Bretagne et dans plusieurs pays d’Europe en 1870. Par contre, en Russie et en Austro-Hongrie, il n’y a pratiquement rien.

J’ai pensé à cela en lisant que les Chinois avaient inauguré mercredi la plus longue liaison de TGV au monde, 2300 kilomètres, entre Pékin et  Canton. Le trajet entre la capitale et la métropole économique du sud du pays prendra désormais 8 heures (à 300 km/heure) plutôt que 21 heures par train ordinaire.

La Chine a considérablement développé son réseau de trains à grande vitesse au cours des dernières années. D’ici 2020, elle prévoit avoir 16 000 kilomètres de voies réservées aux TGV reliant toutes les principales villes du pays. Le projet compte ses détracteurs: il coûte très cher et la sûreté des nouveaux trains est incertaine depuis un accident survenu l’an dernier (40 morts). Néanmoins, la capacité de se déplacer rapidement d’un centre-ville à l’autre, sans les nombreux inconvénients du voyage par avion, devrait contribuer puissamment à la croissance du pays.

Pendant ce temps, au Canada… Le réseau de trains à grande vitesse chez nous n’existe pas plus que le voyage par rail en Russie en 1870. Pourtant, le potentiel de liaisons TGV entre Montréal et Toronto et entre Edmonton et Calgary semble évident. La plus récente étude sur la question, commandée par les ministères fédéral, ontarien et québécois des Transports, a conclu qu’une liaison Québec-Windsor serait rentable malgré des investissements initiaux considérables (plus de 20 milliards). Il est insensé que pour aller de Montréal à Toronto, il faille se taper quelque chose comme deux heures de route entre les centres-villes et les aéroports, sans compter l’attente, les mesures de sécurité, etc. Une liaison rapide en train de centre-ville à centre-ville serait beaucoup plus efficace. Elle serait favorable au développement de relations économiques plus intenses entre les deux villes. Même du point de vue politique, le projet serait avantageux. Malheureusement, les politiciens ne l’ont pas compris. Le gouvernement Harper a toujours été indifférent à l’égard du projet. Et à Québec, on s’est montré plus intéressé à un éventuel trajet entre Montréal et New York.

Résultat: malgré les efforts des dirigeants de Via Rail, on continuera de voyager à très grande lenteur (TGL?) entre les principales villes du pays.

Lire les commentaires (53)  |  Commenter cet article






publicité

  • Twitter

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    avril 2011
    L Ma Me J V S D
    « mar   mai »
     123
    45678910
    11121314151617
    18192021222324
    252627282930  
  • Archives