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André Pratte
Noël, déplorent plusieurs, est devenue la fête de la surconsommation. Est-ce votre avis? Depuis une dizaine d’années, des militants de l’Ouest canadien militent en faveur d’un Noël sans cadeaux. Du moins, d’un Noël beaucoup plus raisonnable en termes de consommation, le Buy Nothing Christmas.
L’idée de susciter une réflexion sur le sens de Noël et sur la place de la consommation durant cette fête n’est évidemment pas mauvaise. Pour ma part, j’estime que si on évite les excès, le fait d’acheter des cadeaux à des personnes chères ne va pas du tout à l’encontre de l’esprit de Noël.
Les gens de Buy Nothing Christmas vont beaucoup plus loin. Ils ont d’ailleurs l’appui du créateur du magazine Adbusters, Kalle Lasn, qui fut à l’origine du mouvement Occupy Wall Street. Sa critique de la consommation («l’opium du peuple») du temps des Fêtes est radicale. Pour Lasn et ses apôtres, arrêter de magasiner à Noël, c’est le début du démantèlement du système capitaliste:
«Les bases de notre système économique (nous travaillons trop fort pour faire de l’argent afin d’acheter des choses dont nous n’avons pas vraiment besoin) sont intenables. Une fois que le commerce au détail commencera à s’effondrer, nous pourrons rediriger nos efforts dans le nettoyage des dégâts que nous avons faits et développer une économie plus durable.»
Entre cette vision radicale de la consommation du temps des Fêtes et l’orgie de magasinage et de bouffe, où se trouve le juste milieu?
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