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François Cardinal
Il neige. Il pleut. Il neige. Il mouillasse. Il bruine. Il grésille. Il pleut.
Les mois de décembre ne sont plus ce qu’ils étaient, à Montréal. Dans l’bon vieux temps, comme dirait l’autre, il faisait suffisamment froid pendant la période des Fêtes pour que la neige s’accumule et que les enfants en profitent, les mitaines mouillées et les nez rouges.
Nostalgie que tout ça? Certainement, surtout quand on regarde les photos féériques et enneigées du Jardin des Merveilles en 1965 que viennent de diffuser les Archives de Montréal. Mais une nostalgie qui s’appuie sur des données scientifiques crédibles et bien réelles…
D’abord, à Montréal, les probabilités de vivre un Noël blanc sont de moins en moins grandes avec les années, confirme Environnement Canada. Comparons les mois de décembre que connaissent aujourd’hui les enfants aux mois de décembre qu’ont connu leurs parents lorsqu’ils étaient eux-mêmes petits.
Dans les années 1960 et 1970, les enfants de la génération X avaient 80 % de chances de profiter d’une belle couche de neige au sol lorsqu’ils quittaient l’école pour les vacances de Noël.
Or aujourd’hui, leurs enfants n’ont plus que 70 % de chances de jouir de ce même tapis blanc, une baisse importante de 10 % en seulement 30 ans…
Faisons le même exercice avec la quantité de neige au sol. De 1963 à 1982, l’épaisseur moyenne de la neige, à ce temps-ci de l’année, était de 16 bons centimètres.
Aujourd’hui? Elle n’est plus que de 8 centimètres en moyenne, si on regarde la période allant de 1992 à 2011… Une diminution de moitié en très peu de temps!
Évidemment qu’une absence de tempête ne fait pas le printemps, mais on observe là une tendance sur une période suffisamment longue pour qu’on puisse la relier aux changements climatiques, en cours et bien réels, selon le plus récent rapport préliminaire du GIEC.
Vu les nombreuses précipitations des derniers jours, j’ai appelé René Héroux d’Environnement Canada pour discuter de la situation. Il m’a expliqué que ce que l’on observe de plus en plus en décembre et même en janvier, à Montréal, c’est précisément ce que l’on voit depuis quelques jours: de la neige, suivie de redoux de plus en plus fréquents et… doux.
Donc il peut bien y avoir plus de précipitations ou de flocons une certaine année, le problème, c’est que cette belle neige a beaucoup plus de chances qu’il y a 30 ans de fondre au sol, voire de disparaître sous la pluie avant l’arrivée du Père Noël…
Cette tendance, elle vous inquiète? Elle vous désole? Ou au contraire, elle vous réjouit?
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