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Ariane Krol
Au moment d’écrire ces lignes, on sait encore bien peu de choses sur la tuerie qui s’est produite vendredi matin dans une petite école de Sandy Hook, au Connecticut. Mais ce qu’on a entendu jusqu’ici a un sinistre air de déjà-vu. Près de 30 morts, dont une vingtaine d’enfants. Un tireur mort sur les lieux – Ryan Adam Lanza, apparemment dans la vingtaine 20 ans. Aucune idée de ses motifs.
Les motifs, dans ce genre d’histoire, ne sont rien d’autre que des fausses pistes. On n’ouvre pas le feu sur les enfants et les enseignants d’une école primaire pour des “raisons”.
On dit souvent de quelqu’un qui perd les pédales qu’il a sauté les plombs. Mieux vaudrait que ça se produise vraiment. Que la connexion entre le délire ou la frustration et le geste meurtrier n’ait pas lieu. Que le courant ne passe plus, que le fantasme ne se matérialise pas.
Oui, il y a ces armes semi-automatiques qui, dans trop d’États, sont presque aussi accessibles que des cannes à pêche, et vues comme à peu près aussi inoffensives. Mais il y a aussi ces types qui, dans toutes sortes de situations, croient sans l’ombre d’un doute que LA chose à faire du reste de leur vie est de s’en procurer pour tirer dans une foule de leur choix. Peut-on enlever le fusible avant qu’il ne soit trop tard ?
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