Le blogue de l'édito

Archive du 11 décembre 2012

Mardi 11 décembre 2012 | Mise en ligne à 14h15 | Commenter Commentaires (41)

Déballer vos bobos à la pharmacie, ça vous tente?

Reuters_mPhoto Reuters

NDLR : Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

«C’est quoi vos symptômes?»

La scène se passe dans une pharmacie montréalaise il y a quelques semaines. J’ai déposé ma prescription au guichet surmonté de l’écriteau «Donnez» et je me tiens sagement près du comptoir marqué «Recevez». Je m’attends à recevoir mes comprimés avec les conseils d’usage, et à les payer. Pas à me faire imposer une consultation en public pour mériter mes médicaments.

La consultation, je l’ai déjà eue, plutôt deux fois qu’une. D’abord par une infirmière, puis par la médecin de garde au sans rendez-vous de mon GMF. Les deux rencontres se sont tenues dans un petit bureau derrière une porte fermée, et je n’ai aucun motif de douter du diagnostic. Suis-je vraiment obligée de me livrer au même déballage à portée de voix de plusieurs clients – dont au moins un discute avec une autre pharmacienne à côté de moi ?

J’ai failli donner l’information qu’on me demandait pour en finir au plus vite. Mais j’ai tenu bon.

- J’ai déjà tout dit au médecin et je n’ai vraiment pas envie d’en discuter ici.

- OK d’abord, je vais appeler le médecin.

Heureusement, la dame a pu le rejoindre rapidement, et confirmer que mon ordonnance était adéquate.

Il n’est pas rare que les pharmaciens contactent les médecins pour clarifier et corriger des prescriptions. Je salue leur professionnalisme. Et note que leur téléphone, quoique bien en vue, ne permet généralement pas aux clients d’entendre leur conversation. Mais s’ils commencent à poser des actes jusqu’ici réservées aux médecins, ils doivent offrir la confidentialité et la dignité qui vont avec. Un comptoir muni de séparateurs qui n’arrivent pas à l’épaule du client est loin d’être suffisant – même les banques et la douane offrent plus d’intimité.

La plupart des établissements disposent déjà d’un espace privé, me dit la présidente de l’Ordre des pharmaciens, Diane Lamarre. Dans ce cas, ils vont devoir prendre l’habitude de l’utiliser.

Les pharmaciens recevront aussi de la formation avant de pouvoir poser de nouveaux actes professionnels. Un petit volet «approche-patient» ne serait pas du luxe. Même en n’achetant pratiquement jamais de médicaments, j’ai entendu ma part de trucs bizarres au fil des ans.

Les pharmaciens pourront non seulement renouveler des ordonnances, mais prescrire des médicaments pour des conditions ne nécessitant pas de diagnostic comme la pédiculose, la nausée de la femme enceinte, les feux sauvages et la vaginite. Ils toucheront des honoraires pour cela.  Est-ce trop demander d’avoir un minimum de discrétion pour discuter de ces problèmes ?

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