Le blogue de l'édito

Archive du 5 décembre 2012

Mercredi 5 décembre 2012 | Mise en ligne à 15h57 | Commenter Commentaires (38)

Le psy plutôt que les pilules

Papineau_m

Le comédien François Papineau dans l'émission En thérapie.

NDLR : Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

C’est l’avant-dernière recommandation du rapport, mais celle qui retient le plus l’attention. La psychothérapie devrait être accessible à tous les Québécois qui en ont besoin, plaide le Commissaire à la santé et au bien-être dans un nouveau rapport sur la santé mentale.

Dans une enquête pancanadienne réalisée l’an dernier, plus de la moitié des répondants (59%) ont dit n’avoir pas pu consulter un psychologue, thérapeute ou autre lorsqu’ils en ont eu besoin parce que le service n’était pas assuré. Il existe des traitements de psychothérapie dans le système public, mais l’accès est très limité.

Le commissaire ne chiffre pas le coût de sa recommandation. Mais la situation actuelle n’est pas sans conséquence non plus.

Les médicaments psychotropes sont souvent la seule option que les omnipraticiens sont en mesure de proposer, mais ils ont tendance à être rejetés, souligne Robert Salois.

Par contre, la psychothérapie, dont l’efficacité a été démontrée dans le traitement de plusieurs troubles mentaux, est appréciée des patients. Selon une méta-analyse de 91 études, les interventions psychologiques peuvent faire économiser 20 à 30 % en services médicaux, note le rapport.

Bref, si donner accès aux psys avec la carte soleil engendrerait des dépenses importantes, ne pas le faire a aussi un coût.

D’autres problèmes sont aussi mis en relief, dont le manque de services aux jeunes de moins de 25 ans (70 à 80% des troubles mentaux apparaissent avant cet âge) et la stigmatisation que les personnes diagnostiquées ressentent à l’intérieur même du réseau de la santé.

J’aurais aimé que les auteurs évitent les tournures qui me font douter de ma propre santé mentale. «La fragmentation des services de santé, avec ses problèmes d’arrimage et de coordination entre les différents acteurs, ne facilite pas l’adoption optimales de pratiques innovantes basées sur les soins de collaboration en interdisciplinarité», ça n’a rien à faire dans un résumé.

Le rapport est cependant bien documenté et a la grande qualité de s’en tenir à cinq recommandations.

Reste à voir s’il fera changer les choses, ou s’il finira sur une tablette comme trop de ses semblables.

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