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André Pratte
Le whip en chef du gouvernement Marois, Yves-François Blanchet, a demandé au président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, d’enlever le drapeau canadien installé dans le salon rouge, là où siégeait autrefois le conseil législatif. M. Chagnon a plutôt remis la décision entre les mains des députés, qui pourraient voter sur la question la semaine prochaine. Les libéraux sont contre, les caquistes aussi. Par conséquent, tout indique que l’unifolié restera en place. Tant mieux.
On ne s’intéresserait pas à cette tempête dans une cuiller à thé d’eau si elle n’était pas révélatrice des efforts constants du Parti québécois pour faire disparaître toute trace du gouvernement du Canada au Québec. La tactique est claire: moins les Québécois seront en contact avec le Canada, moins le gouvernement fédéral sera pertinent pour eux, moins ils hésiteront à s’en séparer.
Toutefois, cette chasse aux symboles canadiens n’est pas respectueuse des sensibilités de la majorité des Québécois. Un sondage récent réalisé par CROP pour L’Idée fédérale, un groupe de recherche dans lequel je suis impliqué, confirme que la plupart des citoyens de la province sont à la fois fiers d’être Québécois et fiers d’être Canadiens. Leur attachement au Québec est plus fort que celui au Canada mais ce dernier est bel et bien présent. Comme beaucoup de gens sur la planète, les Québécois portent des identités multiples.
Selon M. Blanchet, le drapeau canadien n’a pas sa place à l’Assemblée nationale parce que celle-ci est souveraine: «La présence exclusive du drapeau du Québec, c’est pour symboliser que seul le Québec a compétence dans notre Parlement.» Argument auquel on pourrait répondre que cette compétence exclusive du parlement provincial dans les domaines provinciaux est la principale caractéristique du système fédéral. Et que la mise en place de ce parlement québécois est le gain fondamental qu’ont fait les Québécois lors de la mise en place de la Confédération. Par conséquent, il n’est pas incongru du tout que l’unifolié soit présent à l’Assemblée nationale.
Quoi qu’il en soit, la réaction la plus intelligente à cette affaire est venue du député Gérard Deltell, de la CAQ: «On me parle du décrochage scolaire, on me parle de l’attente dans les hôpitaux, on me parle du fait que nos finances publiques sont désastreuses. Puis les péquistes nous parlent de quoi ? De tasser le drapeau du Canada ? Wow !» En effet.
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