Le blogue de l'édito

Archive du 10 novembre 2012

Samedi 10 novembre 2012 | Mise en ligne à 17h21 | Commenter Commentaires (21)

Des nouvelles de la santé

Photo Robert Skinner (La Presse)

Photo Robert Skinner (La Presse)

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

Notre cher système de santé n’a jamais tourné comme sur des roulettes, mais les dernières nouvelles du front sont particulièrement inquiétantes.

D’abord, cette coupe de 50 millions de dollars dans les budgets chirurgicaux. Le ministre Hébert a beau expliquer que Québec payait des frais administratifs en double, on voit mal comment ces compressions pourraient se faire sans réductions de services.

Et puis, ce minutage imposé aux soignants à domicile: 15 minutes pour nettoyer une oreille, 20 minutes pour deux et ainsi de suite pour chaque geste posé. Le ministre de la Santé, cette fois, n’a pas l’air d’apprécier. Ce modèle implanté à grands frais par une firme de consultants est néanmoins en vigueur dans de nombreuses régions.

Le rapport entre ces deux exemples? Une recherche d’efficience mal ciblée qui risque de faire plus de tort que de bien.

Je suis la première à réclamer plus d’efficacité dans le système de santé, et je suis convaincue qu’on pourrait en avoir plus pour notre argent. Ce qui ne veut pas dire de faire n’importe quoi sous prétexte d’améliorer la productivité.

Quelqu’un a-t-il établi que les infirmières, travailleurs sociaux et ergothérapeutes se traînent les pieds lorsqu’ils visitent les patients ? Si ce n’est pas le cas, on aura beau engager tous les consultants qu’on voudra, on n’améliorera rien du tout. Aux dernières nouvelles, le principal problème des soins à domicile, c’est que Québec rogne dedans même s’il ne cesse d’en vanter les mérites.

Dans le cas des chirurgies, il est possible que des frais soient versés en trop. Si c’est le cas, ça mérite d’être rectifié. Mais de façon ordonnée, avec un préavis suffisant. Croire qu’on peut réduire les transferts aux hôpitaux du jour au lendemain sans que les patients n’en ressentent le moindre effet, c’est faire preuve d’une grande naïveté. Si le nombre de chirurgies ne diminue pas, d’autres services, moins visibles, mais tout aussi importants pour les malades, seront affectés.

Si vous mettez une organisation sous pression, elle n’aura pas nécessairement la réaction désirée. Elle s’adaptera de la manière la plus facile pour elle. Et gérer une baisse subite de revenus sans que rien n’y paraisse, ce n’est pas exactement un naturel pour les hôpitaux.


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