François Cardinal
S’il y a un projet de société taillé sur mesure pour le Québec, c’est bien celui de l’indépendance énergétique. La preuve, tous les partis proposent d’atteindre une certaine autosuffisance en la matière.
L’ensemble des formations souverainistes en fait un engagement clair, comme je l’évoque aujourd’hui en édito. Le PLQ souhaite une diminution importante des produits pétroliers dans le bilan énergétique de la province. Et la CAQ veut réduire la facture pétrolière de la province (12 milliards $ par année).
Normal, il s’agit d’un beau projet vert, nationaliste et… réaliste!
Le Québec, en effet, est déjà en avance sur la plupart des pays dans le monde grâce à une consommation énergétique qui provient à 50 % de source renouvelable. Ce qui fait dire à certains experts, comme le professeur de physique de l’Université de Montréal Normand Mousseau, que «la province pourrait se sevrer presque complètement de sa dépendance aux hydrocarbures en 10 à 15 ans». Hydrocarbures étrangers et polluants, évidemment.
Mais attention! Pour y arriver, deux choses sont nécessaires : un plan courageux et une volonté hors du commun. Deux choses, malheureusement, qui manquent aux trois partis susceptibles de prendre le pouvoir.
Aucun n’en fait sa première priorité. Aucun ne propose de plan, avec ce que cela suppose en mesures coercitives. Aucun ne se dit prêt à s’attaquer au transport individuel et aux industries énergivores, les deux principaux consommateurs d’énergie.
Vrai, François Legault a bel et bien accepté d’intégrer à la plateforme de la CAQ des éléments verts, certains courageux, mais disons-le, cela est loin d’être une priorité personnelle. Il n’en a d’ailleurs pas fait un thème de sa campagne.
Jean Charest en a fait un élément important de son discours inaugural l’an dernier, mais on ne retrouve dans le programme du PLQ qu’une minuscule (pour ne pas dire insignifiante) mesure en ce sens : un crédit d’impôt à la rénovation résidentielle…
Quant à Pauline Marois, dont le parti est celui qui a le plus clairement fait de l’autosuffisance un projet, elle n’a pas encore démontré sa volonté d’en faire une de ses principales priorités. L’indépendance énergétique, en un mot, est loin derrière l’indépendance.
Or l’une est difficilement conciliable avec l’autre, la quête d’une souveraineté énergétique est difficilement compatible avec la quête d’une souveraineté étatique, tant les deux sont des défis gigantesques qui nécessitent une attention pleine et entière. Tous les élus du PQ sont prêts à se retrousser les manches pour l’indépendance, mais seulement une partie d’entre eux est prête à le faire, en toute priorité, sur l’indépendance énergétique.
C’est d’ailleurs ce que laisse entendre Dominic Champagne dans son tout récent pamphlet, Le gouvernement invisible. Sans renier ses convictions souverainistes (mais tout en avouant que «le projet porté par le Parti québécois est un échec»), il soutient que l’important, dans le contexte actuel, est de «nous rassembler autour d’un vrai plan». Il n’évoque pas l’indépendance énergétique comme telle, mais plutôt un véritable contrôle de nos ressources naturelles, deux objectifs ayant les mêmes ramifications.
«Nous pouvons en toute sérénité bâtir davantage sur ce qui rallie les citoyens francophones, anglophones et allophones que sur ce qui semble nous diviser. (…) Nous avons tous besoin d’un but qui soit une source d’inspiration commune.»
Il ajoute, plus loin, qu’il faut se rassembler «autour de l’atteinte du bonheur commun», de la souveraineté du peuple, ce qui passe notamment par une réappropriation de nos ressources naturelles.
«Bon nombre d’anglophones et d’allophones devraient y trouver, comme une majorité de francophones, matière à se mobiliser, puisqu’il en va de l’intérêt de tous. Dans un champ de compétence où le Québec est déjà souverain, cet élément mobilisateur peut être exercé sans débat sur l’unité canadienne.»
Y a-t-il un parti prêt à miser prioritairement sur un tel chantier? Pas pour l’instant…

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nike
28 août 2012
07h55
“Mais attention! Pour y arriver, deux choses sont nécessaires : un plan courageux et une volonté hors du commun. Deux choses, malheureusement, qui manquent aux trois partis susceptibles de prendre le pouvoir.”
Ce qui me fait pouffé de rire c’est que ce commentaire vient du même blogueur qui conspuait l’administration de Montréal dénonçant l’évidence, Montréal est mal administré ses structures sont déficientes. Mais aussitôt qu’un parti ose parler de réduire le nombre de conseillé municipal dans une ville ou les citoyens en ont 10 fois plus par capita qu’une ville comme Toronto… Il est contre…
Dénoncé la situation actuel et être contre tout changement. Vive l’immobilisme dans la continuité!
On peut raisonnablement croire que Mr Cardinal a déjà la roche dans sa main prêt à la lancé au premier qui ferait la moindre proposition concrète pour réaliser un tel projet.
Bernard Théroux
Hochelaga
pacog
28 août 2012
08h04
Effectivement, serait-il possible d’enfin arrêter de parler d’une fausse souveraineté, qui nous laisserait aucun pouvoir sur notre politique monétaire avec le dollar canadien et à la merci des marchés à cause de notre dette écrasante, au risque de devoir privatiser Hydro-Qc ou faire d’autres concessions sur nos acquis? Concentrons nous plutôt sur les facteurs d’une réelle indépendance, c’est-à-dire réduire la taille de la dette et créer une industrie forte.
Je comprends que c’est dur à accepter pour les souverainistes purs et durs de la vieille école, mais il est plus que temps de passer à autre chose. De toute façon, au rythme ou vont les choses, c’est le Canada qui va nous mettre dehors avant un prochain referendum!
F. Gagnon
simon_c
28 août 2012
08h05
M. Cardinal, non seulement le Québec importe pour 12 milliards de dollars de produits pétroliers, mais en son industrie automobile est marginale.
Les importations de voitures et pièces aussi creusent la balance commerciale.
Économiquement, c’est un non-sens de favoriser le développement du réseau routier et l’étalement urbain, surtout que le moteur à combustion interne, même lorsque couplé à une partie électrique, continuera malheureusement de dominer le marché des voitures pour encore bien longtemps.
Au delà de l’exploitation des ressources, il faut réduire la consommation de toutes les ressources. Ça commence par un meilleur aménagement du territoire, une taxation du pétrole plus réaliste, une taxation des distances parcourues annuellement (le tout pondéré par la masse du véhicule) et, avec les sommes engrangées, un développement d’alternatives. Surtout que les alternatives sont construites ici.
Simon Chartrand
gtv2000
28 août 2012
09h30
Monsieur Cardinal,
Laissez-moi d’abord revenir sur votre édito car vous y mentionnez, que selon plusieurs, l’importation de produits pétroliers représentent une perte sèche de 13 milliards. Hein ? Au mieux il s’agit d’une analyse économique sommaire basée sur le mercantilisme et le protectionnisme. C’est sûr que ces produits ne proviennent pas du Québec, mais à quoi servent-ils ? À faire fonctionner des camions, des voitures, à chauffer des maisons, des usines, à faire fonctionner des génératrices, bref à faire fonctionner notre société, à créer de la richesse. Ce 13 milliards, il faut se poser la question à quoi il sert et combien d’activité économique il permet de générer. Il faut aussi se demander quelles sont nos alternatives à coût raisonnable.
D’ailleurs, pourquoi s’arrêter à l’indépendance énergétique? Pourquoi pas aussi l’indépendance alimentaire et faisons le choix douloureux et nécessaire d’arrêter d’importer des ananas, des brocolis des États-Unis, des raisins d’Afrique du Sud et du Chili, du vin français et sud-américain. Faisons aussi le choix d’arrêter d’exporter nos laitues, céleris et brocolis vers les États-Unis, notre chocolat, beurre d’arachide et porc. Je prône aussi un arrêt des importations de télés, de voitures, de Ipad, de téléphones cellulaires, de bulldozer, de pelles mécanique, de scies à chaînes, de climatiseurs et j’en passe bien sûr. Il est très facile de se cantonner dans une logique “d’indépendance” économique et de souvenaineté, énergétique ou autre, quand on vit dans une société dont la richesse, la prospérité et la qualité de vie dépendent grandement de notre ouverture sur ce qui provient de l’extérieur: biens, services ou idées.
À ceux qui rêvent d’indépendance énergétique pour 2020 ou 2025 ou 2030 je tiens à vous rappeler que Al Gore en 1998 mentionnait qu’un passage aux énergies “vertes” était possible en dix ans et qu’à la même époque on croyait que l’éthanol produit à partir de mäïs était aussi une énergie “verte”. Sachez aussi que pour produire une éolienne, ça prend beaucoup d’acier et de béton, des centaines de kilos de terres rares et que pour l’installer il faut déboiser, réserver une superfie de 2,5 ha, installer des lignes de transmission qui n’existent pas encore et qu’il faut toujours prévoir une autre source de génération (thermique dans la plupart des pays) parce que des fois, il ne vente pas. D’ailleurs, qui en veut à vue de sa maison?
Je rajouterai en terminant que malgré tous les efforts que les pays occidentaux pourraient consacrer à la réduction des gaz à effet de serre, d’autres pays comme la Chine et l’Inde continuent d’augmenter leurs consommation de pétrole et de charbon à un rythme qui rend futile même l’effort le plus herculéen de notre part. Les villes de ces pays, et d’autres, croissent à grande vitesse et ont besoin de sources d’énergie faciles à transporter, fiables et denses : le pétrole, le gaz naturel et l’électricité produite à partir de centrales thermiques alimentées au charbon ou au gaz naturel.
Bref, on peut rêver à quelque chose mais il faut demeurer réaliste. La prochaine énergie propre (par rapport aux précédente ou actuelles) c’est le gaz naturel qui remplace avantageusement le charbon pour la production d’électricité. On peut penser que le gouvernement peut imposer des choix aux citoyens/consommateurs mais la réalité du marché, la disponibilité de source d’énergie à meilleur prix unitaire, finir toujours par primer. Désolé.
JF Villeneuve
gl000001
28 août 2012
09h46
Une compagnie a récemment développé une nouvelle méthode de crakage pour les gaz de shale. Beaucoup plus propre. Il suffit de trouver la bonne façon de le faire en mettant le priorité sur l’environnement. Et cette priorité passe par une réduction du gaspillage de l’énergie. Isoler nos maisons, améliorer le transport en commun. Ca passe par là en premier.
@nike
Mr Cardinal un “immobiliste”. Franchement !!! Vous comprenez (mal) ce que vous voulez bien comprendre.
Voici un extrait du blogue de Mr Cardinal :
” (surtout si c’est pour remplacer quatre élus par quatre employés au service d’un seul élu, comme à Toronto…).
Comprenez-moi bien, il y a place à l’amélioration. Mais pas à quelques ajustements à droite et à gauche pour faire plaisir à ceux qui trouvent simplement qu’il y a trop d’élus à Montréal et que le Plateau a trop de pouvoirs ”
Alain Lajoie
gillesmenard
28 août 2012
10h48
@pacoq
”En Effet”
Gilles Ménard
bloganon
28 août 2012
11h33
Tant que les municipalités et les gouvernements accepteront l’étalement urbain, les discussions sur l’environnement seront stériles.
J. Bouthillier
pager
28 août 2012
13h25
Lorsqu’on a noyé des millions d’arbres pour construire nos barrages,nous avons permis à ces arbres de libérer des métaux lourds tels le mercure, le plomb et même l’arsenic. et ainsi de contaminer de vastes étendues d’eau dans le nord du Québec. Résultat, les Inuit ne peuvent plus pêcher pour se nourrir.
La construction de nos barrages a nécessité des millions de tonnes de béton. Or l’industrie du béton est une des industrie les plus énergivore et polluante qui soit.
Alors, quand des gens viennent dire que l’hydro-électricité du Québec est propre, propre et propre…Un instant!
Surtout lorsque nos bons séparatistes se servent de cet argument pour nous comparer avec l’industrie pétrolière de l’ouest et prétendre qu’il faut absolument se séparer à cause de cela?
Gilles Tremblay
pager
28 août 2012
13h28
…J’oubliais: Nous avons créé des dizaines de millier de Kilomètres carrés de lacs de toute sorte…Les changement climatique ça vous dit quelque chose?
Gilles Tremblay
pager
28 août 2012
13h29
En résumé…Il y a un prix à payer à toute chose!
Gilles Tremblay
pager
28 août 2012
13h36
L’avantage de l’hydro-électricité du Québec. C’est que nos rivières ne nous coutent rien…Comme les sables bitumineux de l’ouest ne leur coutent rien!
Gilles Tremblay