Le blogue de l'édito

Le blogue de l'édito - Auteur
  • André Pratte

    André Pratte et son équipe échangent avec les internautes sur les sujets d'actualité.
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    Mardi 7 août 2012 | Mise en ligne à 15h31 | Commenter Commentaires (16)

    Des algues bleues aux noyades

    Photo Patrick Sanfaçon (La Presse)

    Photo Patrick Sanfaçon (La Presse)

    NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

    André Pratte

    Il y a quelques semaines, une série de noyades d’enfants dans des piscines a créé une panique médiatique et populaire, au point où le gouvernement Charest a senti le besoin de lancer un nouveau programme: des cours d’initiation à la natation seront désormais offerts aux élèves de troisième année. Coût: 2 millions. On parlait au début de juillet d’une forte augmentation du nombre de noyades au Québec: 60% par rapport à la même période en 2011.

    Un mois plus tard, David Santerre, de La Presse, a constaté que la tendance s’est renversée. Il y a eu moins de noyades pendant les vacances de la construction que d’habitude, ce qui fait qu’on compte aujourd’hui 49 morts par noyade depuis le début de 2012, 4 de moins que l’an dernier (données compilées par la Société de sauvetage). Cette stabilité est franchement étonnante, si l’on tient compte du temps exceptionnel que nous connaissons cet été: on peut penser que rarement les Québécois se sont baignés autant qu’au cours des dernières semaines.

    Combien d’enfants se sont noyés dans la piscine familiale cet été, croyez-vous? Six. C’est trop, évidemment. Mais cela justifie-t-il qu’on donne des cours de natation aux bambins de toute la province? Le nombre de noyades est en baisse au Québec depuis une vingtaine d’années. La plupart des personnes noyées sont des adultes, et la grande majorité de ces accidents surviennent sur des rivières et des lacs. Faudrait-il clôturer nos lacs? Exiger un permis de tous ceux qui veulent se baigner?

    On a là un bon exemple des «crises» provoquées par la concentration d’événements dans une courte période de temps, concentration qui tient au hasard mais donne l’impression d’une épidémie. Les médias se mettent tout à coup à s’intéresser au phénomène. Cet intérêt augmente l’inquiétude de la population, ce qui met la pression sur les politiciens, qui cèdent, évidemment. Et un nouveau programme est créé!

    Cette attention accrue a du bon. On peut penser qu’à la suite de la «crise des noyades» du début de l’été, beaucoup de parents ont pris des mesures supplémentaires pour rendre l’accès à leur piscine plus difficile. Mais il y a aussi des effets pervers: réactions excessives du gouvernement, perceptions faussées au sein de la population.

    Les exemples de ces «crises inventées» sont légion. Rappelez-vous de la «crise des algues bleues», pendant l’été 2007. Tout à coup, les lacs de toute la province semblaient attaqués par ce phénomène. La ministre de l’Environnement de l’époque, Line Beauchamp, a été accusée de laxisme. Elle a multiplié les annonces, fait une tournée des régions, convoqué un sommet. Mais, à mesure que les médias se lassaient, on s’est de moins en moins intéressé aux efforts de Mme Beauchamp. Et la «crise» a disparu comme elle était venue.

    Pourtant, selon les données du ministère de l’Environnement, le phénomène des algues bleues n’a pas diminué. Les médias se sont tout simplement tournés vers d’autres «crises». Encore là, l’épisode a provoqué une sensibilisation utile. Cependant, ce fut au prix d’une grossière exagération de la gravité du problème.

    -30-


    • Oui, les crises et les campagnes médiatiques (p. ex., procréation assistée, colisée) nous coûtent cher.

      J. Bouthilier

    • Vous avez parfaitement raison. Je me souviens il y a bien des années quand les pitbulls semaient la terreur au Québec. À toutes les semaines il y avaient deux ou trois grands titres sur les attaques de pitbulls. Quand on lisait les articles, ces attaques provenaient de partout autour du monde.

      Ceci m’amène à deux points d’actualité politique:
      1- Les référendums populaires du PQ: Ces référendums auraient bien sur raccourci les tergiversations au sujet du Suroît, du Mont Orford et de la commission sur la corruption et la collusion. Il reste que ces référendums peuvent amener à des décisions complètement absurdes suite à une série d’évènements ponctuels ou d’évènements comme Concordia, de la Polytechnique ou du docteur Turcotte. On doit remarquer que dans les cas du Suroît, du Mont Orford et de la Commission la pression populaire a eu raison du gouvernement.
      2- Démocratie directe à la CLASSE ou à la GND: La même situation mais cette fois sans garde-fou dans le cas de démocratie directe. Une minorité bien organisée peut amener à prendre des décisions aberrantes. On l’a vu lors de la crise étudiante.
      Clément Boisvert

    • Cher M. Pratte, vous avez tout à fait raison, l’alarmisme des médias engendre des actions nuisibles de la part de gouvernemaman. La question est, pourquoi cet alarmisme médiatique?

      Vous connaissez la réponse. Vous vous souvenez de la “crise” du virus H1N1? L’école de mon enfant a été touchée, au point où un médecin de Ministère de la Santé est venu à une assemblée pour calmer les nerfs des parents. Il a brandi une page couverture de La Presse avec en “une” un titre en grosses lettres hautement alarmiste au sujet d’un virus… le médecin nous a alors expliqué que cet l’article parlait non pas de la “crise” en cours, mais d’une toute autre épidémie qui avait fait de vrais ravages quelque part en Afrique ou ailleurs il y a plusieurs années. Il fallait lire l’article pour s’en rendre compte!

      Le message du médecin: ne vous laissez pas alarmer par les médias. Ils sont pleins de trucs de ce genre. La Presse est en affaires pour vendre son journal, et c’est tout!

      G. Lalande

    • Évidemment qu’à ce stade-ci, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives au sujet des noyades; après tout, l’été n’est pas encore fini et il reste définitivement plusieurs semaines de baignade devant nous. J’ose espérer un bilan pas plus négatif d’ici là.

      Mais supposons (juste pour le plaisir de discuter) que le score final reste proportionnellement semblable à l’actuel: Supposons que l’on sait que toute cette agitation n’était qu’une fausse alerte. Quelqu’un va-t-il rembourser au peuple le 2M$ qu’a coûté ce programme, ou si en bout de ligne on va se retrouver avec un programme de “juste 2M$, ce qui est très peu cher par rapport à sauver ne serait-ce qu’une vie”, mais qui va finalement peut-être en coûter 5, 10, 20 ou même 50M$ au final (registre des armes à feu, quelqu’un)?

      J’avoue ne pas savoir trop quoi penser de ces programmes, de ces “solutions” lançées à la sauvette sans trop avoir réfléchi aux coûts, aux implications et surtout – aux bénéfices tangibles. Remarquez que votre texte ci-haut pourrait également s’appliquer à une foule d’autres sujets, incluant les changements climatique, la bourse du carbone et même la défense nationale…

      Si certaines de ces “menaces” s’avéraient non-fondées (ou juste loin d’être aussi graves qu’elles ne le paraîssent – surtout que tout change avec le temps), existe-t-il un gouvernement quelque part qui va dire “oups – nous nous sommes trompés, revoici votre argent”? Mieux vaut rêver en couleurs – et sortir notre porte-monnaie quand même.

      “[...] Encore là, l’épisode a provoqué une sensibilisation utile. Cependant, ce fut au prix d’une grossière exagération de la gravité du problème. [...]”

      Bref, l’impact des médias a peut-être eu un effet d’amplitude sur certaines crises et a possiblement très bien servi la/les cause(s) sous-jacentes (volontairement ou non), tout en restant une exagération qui n’aurait pas nécessairement eu lieu si un certain effort journalistique et critique avait été fait en temps et lieu. “Facts and nothing but the facts”, n’est-ce pas?

      Je ne sais pas pour vous, mais moi ça ne me rassure pas du tout sur la qualité journalistique en général.

      E. Racine.

    • Mais vous oubliez que certaines crises peuvent s’avéré salutaire, M. Pratte, pensez que pendant près de deux ans on n’entendait parler que de corruption, puis est arrivé la “crise” étudiante et soudainement les projecteurs se sont braquer sur les méchants étudiants versus le bon gouvernement défenseur de la démocratie, la loi et l’ordre, face à la rue…

      Ah les voix de la démocratie ont quelque chose d’impénétrable, c’est pas comme certains!

      Denis Blouin

    • M. Pratte: on peut se questionner sur l’efficacité d’un tel programme.

      Tout d’abord, tous les jeunes noyés dans des piscines familiales cette année n’auraient pu suivre cette formation parce qu’ils étaient trop jeunes.

      Ensuite, la majorité des noyades sont reliées à des hommes téméraires, intoxiqués ou ne suivant pas les règles élémentaires de sécurité nautique.

      Par ailleurs, cette formation est offerte dans une piscine tranquille avec une veste de flottaison alors que la majorité des noyades surviennent dans des rivières ou des lacs.

      Enfin, si on regarde le succès de cette formation, on découvre les faits suivants: «Les projets-pilotes menés au Québec (notamment à la commission scolaire des Découvreurs) montrent que 36 % des jeunes ont réussi à réaliser les trois exercices au terme des trois séances d’une heure, 43 % y sont arrivés avec une veste de flottaison et 21 % ont échoué même en portant une telle veste.»

      Enfin, aucun porte-parole de la Société de sauvegarde n’est en mesure de produire des chiffres ou des études à l’effet que ce programme a réduit le nombre de noyades.

      Bref, un programme dont on peut douter de l’efficacité sera imposé dans nos écoles qui ont bien d’autres missions à respecter et qui devront payer en partie pour celui-ci alors qu’elles manquent d’argent pour offrir des services aux jeunes.

      Carol Vadnais

    • M. Pratte: En passant, 60% des gens qui se sont noyés savaient nager et une analyse des 49 morts par noyade cette année vous permettra de remarquer des cas de personnes âgées noyées alors qu’elles ont éprouvé des malaises cardiaques dans l’eau, des plongeurs sous-marins et même un suicidaire! (Noter la logique: ce suicidaire, même s’il avait suivi une telle formation, aurait-il survécu?)

      Quant à moi, toute cette psychose mérite que nos journaux y consacrent plus qu’un simple éditorial comme le vôtre.

      Carol Vadnais

    • Évidemment que le bon ouernement doit faire quelque chose pour bien paraître aux yeux de la population. C’EST LA RESPONSABILITÉ DES PARENTS DE TENTER D’ETRE VIGILENT DANS CES ACTIVITÉS. IL se peut que des accidents arrivent. C’est le cas dans la majorité des cas. Une loi quel quelle soit ne peut régir le bon sens et les acccidents. Cessons de toujours penser que notre bon ouernement peut tout régir. Mais ça fait l’affaire des compagnies qui font du lobbying auprès de nos élus qui sont pret a tout faire pour etre élus.
      n.y.grenier

    • Je suis en faveur d’apprendre à nos jeunes à nager. Je ne suis pas certain pourquoi cela est vu ici comme une dépense plustôt que comme un investissement dans notre futur.

      Je pense que les journalistes ont soulevé un point valide, car je crois qu’il va de leur rôle de soulever ce genre d’inquiétudes.

      Je pense que le gouvernement à réagit de façon appropriée quoique que de façon probablement trop précipitée, mais je doute que le plan annoncé sera mis en place étant donné la situation politique actuelle (élections).

      Quant aux jugement exprimé ici sur les médias, je pense que la convergence médiatique affectant l’indépendance de la plupart des médias traditionels est a blâmer pour la pauvre qualité d’une partie du travail journalistique québécois. Je pense que beaucoup d’enjeux importants sont brossés sous le tapis par manque de moyens pour les investiguer et/ou parce que ça ne cadre pas avec le “profil” voulu pour la nouvelle. Je pense qu’il revient au gouvernement, aux journalistes et aux patrons de presse d’oeuvrer à corriger cette situation inquiétante.

      Gabriel Durany

    • Vous devriez avertir l’éditorialiste en chef d’un journal connu qu’il faudrait cesser de verser dans le sensationnalisme. Ça serait plus efficace que d’écrire un édito sur le sujet, non ?

      Simon Chartrand

    • Ca demontre le peu d’idee des media ! Vous avez oubliez la pshychose Listeriose l’an passe , le H1N1, les PitBulls, les 3 roues , etc….Chaque annee les journalistes se cherchent une histoire populaire, alors quoi de neuf cette annee?? Vous etes editorialiste du ‘plus meilleur quotidien francais d’Amerique’, dites vous ca dans vos meetings que les histoires font dures ??? Pas jsute Quebecor ou V qui sort des histoires pic pic !

      Trois choses a faire pour pas te noyer: Watch tes enfants (mon Dieu qu’un enfant de 2 ans cest vite qunad ca veut quelque chose) , respecte la loi sur l’alcool au volant meme en bateau, et met ta flotte au lieu de t’en servir comme coussin !

      Pour ce qui est du programme de natation, cest inutile: les enfants qui se noient ont en bas de 5 ans (bambins) ou cest des adultes d’en haut de 16 ans (souvent a la suite d’une imprudence ou d’une beuveurie) . Le programme ne va prevenir rien du tout dans ce groupe d’age. Prend les 2 millions, fais des publicites choquantes a partir du mois de mai, et ca va en faire reflechir une couple

      Y. Montana

    • Algues bleues -> crise. Peut-être que els médias ont sautés dans le train en amrche mais laissez moi vous dire M. Pratte que si vous viviez près d’un lac qui est envahi par les algues bleues vous changeriez peut-être d’idée sur cette pseudo crise comme vous dites.

      Causes des algues bleues
      Principalement les engrais phosphatés pour verdir le maudit gazon des riverains.

      effet des algues bleues

      Baisse de la valeur de la propriété
      Interdiction de baignade,
      Interdiction de boire l’eau du lac, de prendre une douche bref d’utiliser cette eau.

      Maintenant coûts pour les municipalités qui s’approvisionnent dans un plan d’eau envahi par les algues bleues.

      Modification physique des usines de filtration des eaux allant du changement du média filtrant (anthracite -> charbon actif) à nouvelle usine au complet. Juste pour Témiscouata sur le Lac cela nous a coûté 80 000$ en achat de charbon actif simplement comme mesure préventive advenant que les algues bleues atteignent notre prise d’eau. Cela pour moins de deux semaines par an d’occurence d’algues bleues.

      Gilbert Duquette
      Témiscouata sur le LAc.

    • M. Durany: il ne s’agit pas de cours pour apprendre à nager. Si vous vous informiez, vous découvririez en quoi consiste cette formation. Et votre erreur fait que bien des gens vont croire que leur enfant sait nager alors qu’il n’en est rien, ce qui est très dangereux. Ou pire, ils vont attendre que l’école leur donne cette formation incomplète en troisième année du primaire alors que les jeunes se noient souvent cet âge.

      On parle de trois séances d’une heure dans une piscine. Les élèves doivent pratiquer une entrée en culbute dans l’eau afin de se familiariser avec le phénomène de la désorientation quand on tombe accidentellement à l’eau . Ils doivent aussi se maintenir à la surface de l’eau pendant 60 secondes et nager sur une distance de 50 mètres. Et cette formation est considérée réussie même avec une veste de flottaison individuelle. Faut le faire!

      Carol Vadnais

    • @gasston
      Avec vous, c’est toujurs la faute aux médias ou des autres. Pourtant vous la donnez la solution :
      “Il fallait lire l’article pour s’en rendre compte! ”
      Demandez plutot aux gens de prendre leur responsabilité et de lire mieux !!!

      @yvonmontana
      Vous vous trompez de cible. La “crise” de la listeriose a été créée par le gouvernement qui détruisait tous les fromages qui leur tombaient sous la main. Au contraire, les médias et les gens se demandaient si c’était nécessaire.

      Alain Lajoie

    • typique du gouvernement , des matantes s’enerve le poil et il pitche de millions pour cacher le probleme , les premier responsables sont les proprio de picine non securisee , 2) les parents de ces enfants (je suis un parent)
      ma fille a ete dans l’eau avant de marcher , elle n’aime aps rechigne mais elle sais qu’il n’y a pas de discussions , elle apprend a nager point .
      le niveau de deresponsabilisation de mes contemporains est une tragedie nationale

      tom bombal mtl

    • Apprendre à nager à ses enfants et les surveiller sont les responsabilités des parents. Je trouve précipité et déresponsabilisant que le gouvernement nous ponde (encore) un autre programme universel.

      Mais il semble que ce soit la façon de faire au Québec. Dès qu’on s’aperçoit qu’un groupe de personnes est déraisonnable, on réglemente et tant pis pour la majorité qui faisait bien les choses.

      Nombre d’enfants savent déjà nager en troisième année et ne bénéficierons pas de ce programme. Seuls les enfants des parents n’ayant pas pris cette responsabilité en bénéficieront. Mais tous les travailleurs paieront pour le programme. C’en est désespérant. Sans compter que les noyades concernent surtout les tout petits, qu’il suffit de surveiller tout en limitant l’accès à notre piscine, et les plus de 16 ans téméraires et parfois ivres qui font des niaiseries en faisant fi de toute raison, sans gilet de sauvetage en prime.

      Quant à la responsabilité des médias sur les crises qu’ils peuvent et parfois fabriquent, je considère que tous et chacun se doit de garder un esprit critique, y compris le gouvernement. Comme parent, je ne crée pas de nouvelles lois ni de nouveaux programmes dans la famille à chaque fois qu’un de mes enfants le revendique. Le gouvernement devrait agir de même.

      G. Lavoie

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