Le blogue de l'édito

Archive du 4 août 2012

Samedi 4 août 2012 | Mise en ligne à 11h39 | Commenter Commentaires (64)

Bon départ pour la CAQ (mis à jour)

duchesneau

NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

André Pratte

De tous les partis en lice dans cette campagne électorale, la Coalition Avenir Québec, le parti de François Legault, a sans doute connu le meilleur départ. C’était d’ailleurs crucial pour ce parti; il devait s’imposer, se faire remarquer, sinon il risquait d’être vite confiné au statut de tiers parti, rien d’autre que le successeur de l’ADQ.

D’abord, la CAQ a réussi à dominer les nouvelles. Ses engagements – une loi 1 contre la corruption, un médecin de famille pour tous les Québécois – ont fait jaser. Son premier candidat-vedette, le docteur Gaétan Barrette, a pris beaucoup de place (sans mauvais jeu de mot) dans les médias. Et enfin, l’arrivée-surprise de monsieur Net, Jacques Duchesneau, qui a été confirmée dimanche matin lors d’une conférence de presse très courue.

Les électeurs ne votent pas pour un parti parce qu’il compte une ou deux vedettes. Mais ils ne confieront pas le gouvernement de la province à une équipe d’inconnus. Avec MM. Barrette et Duchesneau, plus quelques autres candidats moins connus mais au CV impressionnant, François Legault peut maintenant prétendre être en mesure de gouverner le Québec.

Plusieurs commentateurs ont souligné que M. Duchesneau est une grosse prise mais que le bonhomme ne sera pas facile à gérer. C’est évident. L’homme est impulsif, comme en témoigne cette décision de dernière minute de faire le saut en politique. Selon les reporters de La Presse, ce revirement a surpris tout le monde dans son entourage. Selon Le Devoir, M. Duchesneau aurait brusquement changé d’idée en entendant M. Charest s’attribuer une note de 8 sur 10 dans le dossier de la corruption. Le principal intéressé a admis dimanche que cette déclaration a été la goutte qui a fait déborder le vase, alors que des discussions étaient en cours avec François Legault depuis quelques jours. Au sujet de son virage à 180 degrés relatif à la politique, il a dit qu’il existait actuellement «une conjoncture particulière», ce qu’on ne peut pas nier.

Nul doute que François Legault sait parfaitement dans quoi il s’embarque. Mais la «gestion» de M. Duchesneau (comme celle du docteur Barrette, qui a lui aussi tout un caractère) dans son caucus post-électoral est le moindre de ses soucis. Pour l’instant, ce qui compte, c’est le gros coup de pouce que donnera cette candidature à sa campagne. Après, on verra.

Le défi immédiat, c’est d’éviter les dérapages de ces candidats-vedettes d’ici le jour du vote. Ce pari sur des noms connus à la personnalité imprévisible, tous les chefs de parti le font. Jean Charest, par exemple, l’avait fait dans les cas de Yves Séguin et Marc Bellemare. On peut dire que Mme Marois fait de même avec le brillant journaliste et stratège Jean-François Lisée.

François Legault est maintenant bien positionné pour grimper dans les sondages. Il a un grand avantage sur les libéraux et les péquistes: il représente vraiment le changement. Or, c’est ce que les électeurs veulent avant tout: du changement. Il lui reste à continuer de faire une campagne en évitant les pelures de banane, un exercice toujours difficile pour le chef d’un nouveau parti. Et à bien faire aux débats, alors que beaucoup d’électeurs feront pour la première fois connaissance avec lui.

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