Le blogue de l'édito

Archive, août 2012

Vendredi 31 août 2012 | Mise en ligne à 12h39 | Commenter Commentaires (46)

La foi de Mitt Romney

NDLR : Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

RomneyMario Roy

En 1960, alors que John F. Kennedy faisait campagne pour la Maison-Blanche (et allait devenir le premier président catholique des États-Unis), il avait pris soin de préciser sa pensée dans un discours admirable sur la nécessaire séparation de l’Église et de l’État.

« Je crois que la foi religieuse d’un président relève de sa vie privée, qu’il n’a pas à l’imposer à la nation, que la nation n’a pas à en faire une condition de son élection. Je ne parle pas au nom de mon Église lorsque je traite d’affaires publiques et l’Église ne parle pas en mon nom… » avait-il dit.

C’est ce discours qu’un candidat à l’investiture républicaine, Rick Santorum, a dit trouver à ce point répugnant qu’il l’avait « presque fait vomir »…

Santorum, ce parangon d’intelligence, ce puits de science, ce penseur éclairé, parlait pour lui, bien sûr. Mais on peut avoir tendance à croire qu’une bonne partie des républicains partage son avis. Depuis le règne de Bush fils en particulier, la religion est devenue un aspect essentiel de la politique américaine. Et la course à la présidence dans laquelle s’engage maintenant officiellement Mitt Romney s’annonce bondieusienne comme rarement une campagne l’aura été!

salt-lake-mormon-temple15-thumbPendant la convention républicaine et malgré l’avis de des conseillers, Romney a même tenu à expliquer en long et en large son adhésion à l’Église mormone, que beaucoup de chrétiens et bien d’autres assimilent à une secte. (photo : le temple mormon de Salt Lake City.)

Il faut être croyant en… diable!

Car, de fait, la petite histoire de cette Église, ses articles de foi et ses pratiques au fil des quelques décennies que compte son histoire… tout cela, soyons francs, a l’air d’une bonne blague. (Je sais, les autres mythes religieux, n’importe lesquels, peuvent être hilarants eux aussi. Mais les Mormons sont à mon avis ex-aequo avec la Scientologie pour les histoires à dormir debout! Bill Maher conseillait d’ailleurs de les fusionner pour en faire la Mormonologie!)

Et savez-vous quoi?

Tout cela survient au moment où la foi et la pratique religieuse sont en forte baisse aux États-Unis! Ça, on ne le dit jamais, mais c’est très réel.

Depuis 2005, le pourcentage d’Américains se disant « religieux » est passé de 73 à 60%. Le nombre d’Américains ne croyant ni ne pratiquant aucune religion a été multiplié presque par deux pour atteindre 15%. Le nombre de ceux se disant carrément athées (malgré l’opprobre qu’ils s’attirent ainsi) a été multiplié par cinq!

La nouvelle n’est visiblement pas parvenu aux oreilles des républicains. Heureusement. Cela risquerait de les faire vomir…

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Jeudi 30 août 2012 | Mise en ligne à 15h14 | Commenter Commentaires (43)

Si la mari nuit au QI…

cannabis_mPhoto Alain Roberge, La Presse

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Ariane Krol

Une étude sur le cannabis a fait grand bruit cette semaine. La consommation régulière amorcée à l’adolescence pourrait avoir un impact négatif durable sur le quotient intellectuel, et faire perdre jusqu’à 8 points de QI.

J’emploie le conditionnel, car on ne peut pas parler de lien de cause à effet. Il s’agit plutôt de ce que les chercheurs ont observé et mesuré chez une cohorte de 1037 jeunes  Néo-Zélandais, de leur naissance (en 1972-73) jusqu’à l’âge de 38 ans. Ils ont cependant contrôlé plusieurs facteurs, dont la dépendance aux drogues dures, à l’alcool ou au tabac, la schizophrénie et le nombre d’années de scolarité.

Perdre huit points de QI n’est pas anodin, fait valoir la responsable de l’étude, Madeline Meier, une chercheure post-doctorale à l’Université Duke. Passer d’un QI de 100 (la moyenne) à 92, c’est descendre du 50e au 29e centile. Huit points de QI en moins risquent de vous désavantager aux plans de l’éducation, du revenu, de la santé et de la longévité, dit-elle.

Deux autres observations intéressantes:

1- Seuls les participants qui ont pris l’habitude de fumer de la marijuana à l’adolescence ont vu leur QI altéré. Pas ceux qui ont commencé à l’âge adulte.

2- Chez ceux qui ont commencé ados, l’arrêt de la consommation n’a pas permis un rétablissement complet du fonctionnement neuropsychologique.

Des constats importants donc, mais dont l’utilité reste à démontrer.

Les efforts de prévention devraient passer le message que l’usage du cannabis à l’adolescence peut avoir des effets nuisibles sur le fonctionnement neuropsychologique, et essayer de retarder le début de la consommation au moins jusqu’à l’âge adulte, concluent les chercheurs.

Facile quand on est, comme eux, déjà convaincus. Ou quand on s’adresse à un public de scientifiques réceptif à ce genre de démonstration. Mais à des ados, pour qui toute mise en garde sur le pot est, a priori, suspecte ? Bonne chance!


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Mercredi 29 août 2012 | Mise en ligne à 13h36 | Commenter Commentaires (19)

Nous, le peuple!

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obamaMario Roy

Étonnamment, l’affaire n’a pas fait grand bruit.

La voici.

Quatre soldats américains basés en Georgie, dans le sud du pays, accusés d’un double meurtre, sont maintenant soupçonnés de faire partie d’une milice anarchiste bien financée et bien armée. Ce groupe visait le renversement du gouvernement américain –rien de moins!- et l’assassinat de Barack Obama (photo).

Leurs deux victimes? Un ancien soldat et sa petite amie. L’ex-militaire en question était lié aux conspirateurs, qui l’ont soupçonné à un certain moment d’avoir pigé dans la caisse et de vouloir se retirer du groupe. En clair, ils craignaient apparemment d’être dénoncés.

La petite milice se faisait appeler FEAR (peur, frayeur, terreur) pour For Ever Enduring Always Ready. Leur leader, le soldat Isaac Aguigui, aurait financé l’entreprise à hauteur de 500 000$US, une somme produite par une police d’assurances sur la vie de son épouse, décédée il y a un an. Ils avaient accumulé pour 100 000$ d’armes et d’explosifs. Et, avant le « grand soir », songeaient à diverses opérations terroristes, dont des empoisonnements alimentaires de masse, le dynamitage d’un barrage hydroélectrique et un vol d’armes massif dans les bases militaires de la Georgie.

Bref, FEAR voulait « redonner le gouvernement au peuple », selon l’un des membres de la milice. Et ils se croyaient investis de cette mission.

On pense à la fameuse phrase de la Constitution américaine : « We, The People ». C’est-à-dire : « Nous, le peuple ». Le peuple en question étant dans cette affaire, comme dans bien des entreprises terroristes occidentales (par opposition à la terreur islamiste) depuis 50 ans, un petit groupe d’illuminés parlant au nom de dizaines de millions de personnes qui ne leur ont rien demandé!

Le « peuple » a le dos large, encore une fois…

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