Le blogue de l'édito

Archive du 18 juillet 2012

Mercredi 18 juillet 2012 | Mise en ligne à 12h24 | Commenter Commentaires (29)

Être branché rend-il cinglé?

Photo AFP

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NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publiera désormais que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

C’est le genre de théorie qui m’a toujours exaspérée. La fréquentation d’internet, l’instantanéité des textos, la brieveté des gazouillis qui réduiraient notre capacité d’attention, voire notre intelligence. Bref, la méchante technologie détruisant notre humanité si pure, si parfaite. Blablabla.

Newsweek a pourtant réussi à m’intéresser de nouveau au sujet. Ce reportage publié cette semaine (eh oui, il se publie encore des magazines papier) cite plusieurs travaux récents sur les effets de ce branchement tout azimut devenu la norme plutôt que l’exception. Bref, des observations concrètes, pas seulement les raisonnements théoriques de fâcheux toujours prêts à s’alarmer du changement.

On y parle d’imagerie numérique du cerveau des accros à l’internet, où l’on voit un rétrécissement de la matière grise dans les zones responsables du traitement du langage, de la mémoire, du contrôle du mouvement, des émotions et des sensations. De plusieurs études montrant que plus une personne passe de temps branchée, moins elle va bien. D’un monsieur très doux, cadre en ressources humaines, qui devient impitoyable lorsqu’il joue au poker en ligne. Un psychiatre de Stanford lui a fait passer le test servant à détecter les troubles de personnalité multiple: il s’est avéré un véritable cas d’école.

Il y a aussi cette expérience où l’on a fait passer un tomodensitomètre crânien à 12 utilisateurs d’internet aguerris et autant de novices. Résultat: le cortex préfrontal des premiers présente des altérations. On a ensuite demandé aux novices de passer cinq heures en ligne durant la semaine suivante, et de subir le test de nouveau. Déjà, on voyait des changements dans leur cerveau.

Bref, il est possible, après tout, que le fait d’être constamment branché entraîne des changements biologiques, voire même une dépendance chez certains. C’est peut-être ce qui explique que même des sauveteurs ne résistent pas à l’envie de consulter leur téléphone alors qu’ils sont en devoir

Au-delà de votre opinion, j’aimerais que vous me parliez de votre expérience.Votre utilisation des textos ou d’internet vous préoccupe-t-elle? Considérez-vous en être dépendant? Est-ce que votre concentration, votre productivité ou vos relations en souffrent? Prenez-vous des mesures pour ne pas être constamment distrait par les réseaux sociaux ou les messages texte?

Ou pensez-vous au contraire qu’on s’en fait pour rien?

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