PHOTO: RIDM
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Judith Lachapelle
Une fissure dans un mur de béton devient une dune où circule une caravane. Un passage piétonnier transformé en jeu de Pac Man. Un monument habillé d’un costume de super héros. L’art urbain — ou « street art », comme disent les Anglos — s’infiltre là où on ne s’y attend pas, surprend les passants, s’approprie la ville.
Les sites internet consacrés à cette forme d’art contemporain sont nombreux. Street Art Utopia présente de fabuleuses photos d’art urbain à travers le monde. D’autres photos peuvent être vues ici et ici . Sans parler de l’oeuvre spectaculaire du Britannique Banksy, à voir absolument ici.
Ces photos s’échangent couramment sur les réseaux sociaux, suscitant chaque fois l’admiration avec des « oh ! », des « ah ! » et des « pourquoi on n’en voit pas plus chez nous ? »
Pourquoi, en effet ?
Montréal ne manque sûrement pas d’artistes capables de rivaliser d’audace. Et surtout pas de murs, de mobilier urbain, de terrains vagues à illuminer au lieu de les livrer aux tagueurs ou aux ordures. Pas besoin d’une grande fresque élaborée pour avoir de l’impact ; souvent, les créations les plus fascinantes sont déconcertantes de simplicité.
Alors quoi ?
Pourtant, Montréal est la ville où a commencé à peindre Peter Gibson, alias Roadsworth, qui s’est longtemps servi du bitume comme d’une toile (photo ci-haut). Il sévissait le plus souvent pendant la nuit, jusqu’à ce qu’il se fasse pincer par la police en 2004. Révélé au grand jour, il a écopé d’une amende, mais surtout d’une notoriété qui s’est étendue bien au-delà de l’île. L’homme a été invité à s’exprimer dans d’autres villes, ce qu’il ne s’est pas prié pour faire.
Ce printemps, la New-Yorkaise Olek , « star du crochet », était aussi de passage à Montréal pour recouvrir quelques sculptures d’habits crochetées colorées. Elle y était à l’invitation de la galerie d’art NuEdge, qui a assumé les coûts de son séjour.
Les puristes du genre rejetteront toute forme d’encadrement pour assurer leur liberté. Et certains citoyens ne voient aucune différence entre l’art urbain et le vandalisme. Mais entre les deux, il y a sûrement moyen de faire éclore l’art de rue montréalais.
Faudrait-il créer un festival (un autre !) consacré à l’art urbain ? Désigner un quartier, une zone, comme terrain de jeu pour artistes visuels ? Encourager les artistes à soumettre des propositions à un comité ? Jumeler propriétaires de murs et artistes ? Embaucher des artistes en résidence le temps d’un été ?
Est-ce une question d’argent à verser aux artistes ? De celui pour coordonner la promotion de l’art urbain ? D’expertise disponible ?
Ou — plus inquiétant — est-ce un manque d’ouverture de notre part, citoyens, envers une forme d’art intrusive, provocante ? Aurions-nous peur d’être bousculés ? Après tout, l’art ne cherche pas nécessairement à faire joli, mais aussi à déranger.
C’est d’ailleurs ce qu’a observé Andrée Boily, de la galerie NuEdge, à la suite du séjour de la crocheteuse Olek. Les oeuvres de l’artiste ont, en certains endroits, été rapidement retirées, le plus souvent par des agents de sécurité chargés de protéger la propriété de leur employeur. Objet suspect, l’oeuvre d’art ? Certaines personnes, visiblement, ont bien peu de tolérance. Ou est-ce de l’ignorance ?
Drôle de constat, finalement, pour une ville qui se targue d’être créative…

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maximilien
11 juillet 2012
15h26
L’art urbain devrait :
Etre temporaire: ça devrait être détruit pas l’usure normale de la ville.
Ne pas détruire ou salir le mobilier urbain: par exemple la grafiti sur les banc en granit de la rue st-laurent), ou défigurer les facade légitimes (magasins, batiments publics et privés)
Devrait faire découvrir la ville: il devrait y en avoir un peu partout; dans les petites rues, ruelles, …
Devrait s’efforcer d’embellir la ville: voir Les nouvelles murales sur les murs des habitations jeanne-mance.
Devrait s’adapteur aux différents lieux: on peut faire un art urbain différent à Westmount et au Centre-ville.
Ne devrait pas promouvoir violence/discrimination, …
Beaucoup de ces points sont très subjectifs, mais en général, j’aime bien.
Maximilien Lincourt
gillesmenard
11 juillet 2012
17h27
Je déteste la froideur du modernisme,alors vive les grafitis et autres façons de ”ré humaniser”les foutues villes.
Vive la nature qui elle au moins est assymétrique et chaude pour notre bien-être humain.
Gilles Ménard
albertk
11 juillet 2012
22h18
«Faudrait-il créer un festival (un autre !) consacré à l’art urbain ? Désigner un quartier, une zone, comme terrain de jeu pour artistes visuels ? »
Euh… et Under Pressure, c’est du boudin ?
www.underpressure.ca
Albert Kahn
jolico
11 juillet 2012
23h12
J’aime beaucoup les commentaires de mon homonyme (un pur inconnu, mais sûrement un petit lien quelque part), alors je dis “Bis” à ses commentaires.
Josette Lincourt
respectable
11 juillet 2012
23h35
L’art Urbain est une raison pour justifier la pauvreté. Allez à Dallas vous allez comprendre. Une ville très riche où tout est clean. On se croirait en 2100 genre. Les citoyens de cette ville n’en voudraient pas de votre présumé art urbain et ce même si vous leur faisiez un chèque.
Simon picotte
chip
12 juillet 2012
06h45
Une chance qu’on les a ces artistes de l’underground qui courent le risque d’être mis à l’amende pour avoir coloré un peu la grisaille de la rue. Personnellement, je ne tenterais pas de les encadrer, ni eux ni leurs oeuvres, mais je contribuerais volontiers à un petit fond servant à payer leurs amendes, du matériel de qualité et le photographe qui immortalisera chaque création avant que les effaceurs de graffitis passent à l’attaque.
R. Ducharme
re_re...
12 juillet 2012
09h57
En parler comme vous le faites, est déjà un bon début!
En passant, c’est une de mes activités estivales en ville, de partir en vélo pour un safari photo afin de dénicher les perles rares en matière de “street art”!
Eric Cire
respectable
12 juillet 2012
10h20
Dans un québec souverain, 1% du budget serait alloué à l’Art Urbain. Car il est injuste de subventionner la culture mais pas les Arts d’après moi. À ceux qui pensent que l’art c’est de la culture oubliez ça. De la culture c’est Guilla et la même vingtaine d’artistes qu’on voit tout le temps et l’Art c’est ce qui nous est inconnu et qui mérite de l’être.
Simon picotte
re_re...
12 juillet 2012
10h41
@respectable
Ils l’ont l’affaire, les AMARICAINS!
Je ne voie pas en quoi les réalisations de Roadsworth avec ses designs épurés, sa poésie et une pointe d’humour, sont l’expression de la pauvreté! En tout cas, sûrement pas la pauvreté de l’esprit!
Les barbouilleurs et le “street art” n’ont pas le même objectif. Le premier est l’équivalent d’une pisse de chien et le second est l’expression d’une idée réalisée avec du talent et qui possède des qualités d’intégration.
Eric Cire
maximilien
12 juillet 2012
10h53
C’est poche de voir que le “festival” under-pressure ne soit qu’en Anglais.
Maximilien Lincourt.
legada
12 juillet 2012
11h21
Dans l’art urbain, il y a des perles mais 95% de gribouillage.
La liberté des uns finit où commence la liberté des autres.
Le respect doit être mutuel. Est-ce que les amateurs de graffiti aimeraient que d’autres aillent peinturer dans leurs chambres ce que eux considèrent comme beau?
Cela devrait être limité aux endroits autorisés seulement.
Daniel Legault
litchi
12 juillet 2012
11h29
@ albertk; Under Pressure n’est pas un festival mais une “convention” (rassemblement en bon français) de graffiteurs, qui se tient annuellement à Montréal, (11 et 12 août prochains).
Or je crois que le concept d’art de rue est plus large que ce que propose Under Pressure. Outre les graffitis, le muralisme, la sculpture et les installations pourraient aussi être présents.
Je partage entièrement l’avis de “chip”. Mais malheureusement je ne crois pas que nos élus acceptent que cette forme d’art s’exerce librement. Aussi je pense qu’un symposium, où des artistes pourraient s’inscrire en présentant un projet, précisant la nature de l’oeuvre (médium-technique-procédé) et le lieu de création serait une avenue à explorer. Toute autre forme de contrainte irait totalement à l’encontre de l’essence même de l’expression artistique.
@ respectable: je vous invite à aller faire un tour dans les rue du vieux St-Eustache où de nombreuses murales, représentant l’histoire des patriotes, ont été réalisés sur les murs aveugles d’une dizaine de bâtiments et après vous me direz si vous pensez toujours que l’art de rue “justifie la pauvreté”. Les marchands sont très heureux, eux, de l’achalandage que ces murales apportent.
Immanquablement, l’art dérange, l’art provoque, suscite des émotions, bouscule les idées, les préjugés et en même temps, il ouvre les esprits, fait évoluer, stimule la créativité et amène inévitable au changement. Mais bon, il faut admettre qu’on a encore du chemin à faire quand même la SAQ fait preuve d’étroitesse d’esprit face à certaines étiquettes qu’elle juge trop osées pour le marché Québécois.
C.Tassé