Le blogue de l'édito

Archive, juillet 2012

Mardi 31 juillet 2012 | Mise en ligne à 17h20 | Commenter Commentaires (25)

Il faut sauver Rona

Photo Presse canadienne

Photo Presse canadienne

NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

André Pratte

Le quincailler Rona a fait savoir mardi matin qu’il avait rejeté une offre d’achat non-sollicitée venue de la chaîne américaine Lowe’s. Tout de suite après cette annonce on a senti que, cette fois-ci, Québec inc. ne se laisserait pas faire.

Déjà, lors de la dernière assemblée des actionnaires de l’entreprise, la direction avait été catégorique: «Rona n’est pas à vendre. En tout ou en morceaux», avait tranché le président sortant du conseil, Jean Gaulin.

Mardi matin, le ministre des Finances, Raymond Bachand, a déclaré que «cette transaction n’apparaît pas être dans l’intérêt du Québec ni du Canada». M. Bachand a demandé au président d’Investissement Québec, Jacques Daoust, de prendre les moyens pour protéger Rona contre son prédateur. Le Parti québécois a pour sa part laissé entendre que s’il formait le prochain gouvernement, il demanderait à la Caisse de dépôt, le plus important actionnaire de Rona, de bloquer la transaction.

Ça ne sera pas nécessaire: l’attitude de la Caisse montre qu’elle n’a pas l’intention de vendre ses actions de Rona. Au contraire.  D’abord, dans un communiqué, la Caisse a fait savoir que dans son évaluation d’offres d’acquisition, elle tiendrait compte non seulement de l’intérêt de ses déposants mais aussi d’autres facteurs, notamment «l’importance des retombées économiques du siège social de Rona au Québec» et «l’importance du développement continu du réseau de fournisseurs au Québec et à travers le Canada.»

Puis, la Caisse a traduit ses paroles en actes: elle a annoncé qu’elle avait acheté 2 428 000 actions de Rona à la bourse de Toronto, ce qui porte sa part de l’actionnariat à 14%. Le message est clair: si Lowe’s veut surenchérir, elle trouvera la Caisse sur son chemin.

Je ne suis généralement pas favorable aux manoeuvres de sauvetage des «fleurons» canadiens ou québécois orchestrées par les gouvernements. Ces manoeuvres coûtent cher aux contribuables et il n’est pas certain qu’elle soient, à long terme, dans l’intérêt de l’économie nationale. Les politiciens sont de bien mauvais hommes d’affaires (l’inverse est aussi vrai!). Et si nous nous voulons que nos Couche-Tard et CGI continuent de prendre de l’expansion hors-frontières,  nous ne pouvons pas empêcher les étrangers de faire des acquisitions chez nous.

Cependant, certaines entreprises locales sont plus stratégiques que d’autres. C’est le cas de Rona. Rona, ce n’est pas seulement près de 15000 employés. C’est aussi des achats très importants pour les fabricants canadiens, notamment au Québec. Presque la moitié des produits vendus dans les magasins de la chaîne proviennent d’entreprises québécoises, et 84% viennent d’entreprises canadiennes.

Dans l’éventualité d’une acquisition par une chaîne américaine, les emplois dans les magasins demeureraient sans doute mais les nouveaux propriétaires voudraient certainement centraliser leurs achats. Graduellement, les fournisseurs canadiens seraient délaissés au profit de fournisseurs américains ou autres.

De plus, il ne faut pas sous-estimer l’importance d’un siège social dans une communauté. Par exemple, Rona est très impliquée dans la commandite du programme olympique canadien. Une entreprise américaine en ferait-elle autant?

En achetant des actions de Rona lundi, à prix fort, la Caisse a payé une prime de quelque 5 millions. Ce n’est pas cher payé pour repousser Lowe’s. Alors oui, sauvons Rona. Mais ça ne devrait pas reposer seulement sur les épaules des institutions publiques. Les nombreuses entreprises privées qui ont des liens solides et anciens avec Rona devraient aussi s’intéresser au sort de l’entreprise et participer à la protéger, si jamais Lowe’s persiste dans son projet.

-30-

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Lundi 30 juillet 2012 | Mise en ligne à 11h30 | Commenter Commentaires (26)

Le règlement, c’est le règlement!

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ecouteursMario Roy

Aux yeux d’un chef d’État ou même d’un maire le moindrement proactif, comme on dit de nos jours, il ne semble pas y avoir de limites aux règlements qu’on peut inventer puis imposer au malheureux citoyen.

Deux exemples viennent des États-Unis… où, pourtant, on est réputé plus allergique que nous le sommes ici aux interventions étatiques.

Un, on parle d’étendre à l’ensemble du pays un règlement de Fort Lee, New Jersey, s’adressant aux piétons déambulant avec des écouteurs sur les oreilles (une amende de 85$ est prévue). Apparemment, les accidents impliquant des piétons distraits auraient beaucoup augmenté, le casque d’écoute étant le coupable désigné. Piétons, vos papiers!

allaitDeux, l’inénarrable maire Bloomberg, de New York, veut maintenant que les hôpitaux de la ville cachent littéralement le lait maternisé pour contraindre les nouvelles mamans à pratiquer l’allaitement naturel. Celles qui exigeront tout de même le lait maternisé devront obligatoirement rencontrer un « conseiller » qui leur fera la morale…

Pour mémoire, maman Bloomberg a déjà imposé à sa grande famille new-yorkaise de draconiennes interdictions de fumer, une interdiction des gras trans, l’obligation d’indiquer le nombre de calories sur les menus, une interdiction des grands formats de breuvages sucrés, et s’apprêterait à réglementer la quantité de sel dans la nourriture.

Amusant, tout ça!

Vous avez des idées à suggérer à M. Bloomberg pour de nouvelles réglementations?

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Dimanche 29 juillet 2012 | Mise en ligne à 13h38 | Commenter Commentaires (7)

Émilie Heymans: excellence et longévité

572132-emilie-heymans-jennifer-abeln-decroche_mÉmilie Heymans et Jennifer Abel savourent leur médaille de bronze remportée au 3 mètres synchro. (Photo PC)

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Jean-Pascal Beaupré

Malgré un palmarès impressionnant, Émilie Heymans, plutôt réservée de nature, a souvent plongé dans l’ombre de son coéquipier Alexandre Despatie depuis qu’ils ont tous deux commencé à se signaler sur la scène internationale à la fin des années 90.

Mais dimanche matin, les projecteurs étaient braqués sur Émilie qui a réussi tout un exploit à Londres. Deux exploits, en fait. Elle est devenue le premier athlète canadien, féminin ou masculin, et la première plongeuse de la planète à mériter une médaille dans quatre Jeux olympiques d’été consécutifs.

Émilie Heymans a décroché le bronze en compagnie de sa partenaire Jennifer Abel au 3 mètres synchro. Du même coup, le duo a permis au Canada de s’inscrire au tableau des médailles, à la deuxième journée de compétition.

C’est déjà une grande réalisation que d’accéder à l’excellence. C’est autre chose que de maintenir ce niveau d’excellence sur une aussi longue période, ce qu’Émilie a accompli avec panache et résilience.

L’athlète québécoise de 30 ans a d’autant plus de mérite qu’elle a gagné ses médailles dans des épreuves différentes (10 mètres individuel, 3 mètres synchro, 10 mètres synchro), mais aussi avec trois plongeuses différentes en duo. Polyvalence et grande capacité d’adaptation, deux autres grandes qualités dans son carquois…

Émilie aura une autre chance de monter sur le podium au tremplin de 3 mètres individuel dans quelques jours, après avoir raflé l’argent à la tour à Pékin il y a quatre ans.

Bien sûr, les Jeux en sont encore à leurs premiers balbutiements et plusieurs athlètes canadiens peuvent encore voler la vedette (on l’espère). Mais si on confiait à Émilie Heymans la responsabilité de porter le drapeau canadien à la cérémonie de clôture, cet honneur lui reviendrait de plein droit, ne croyez-vous pas ?

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