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Jean-Pascal Beaupré
Le ciel économique s’ennuage rapidement aux quatre coins de la planète. La journée de vendredi à elle seule aura été orageuse en mauvaises nouvelles pour les parquets boursiers.
Le marché de l’emploi vacille. Les États-Unis ont connu en mai leur pire performance depuis un an : seulement 69 000 emplois ont été créés, la moitié moins que les prévisions des analystes. Dans la zone euro, le taux de chômage a atteint un sommet de 11% depuis sa création en 1999. Et les perspectives ne s’annoncent guère reluisantes pour les prochains mois.
Toujours en Europe, la situation financière de l’Espagne, quatrième économie de l’Europe, ne cesse de s’envenimer. Les grandes banques ont du mal à se financer, les bons 10 ans se négocient à 6,5% et s’approchent des niveaux alarmants autrefois franchis par la Grèce, l’Irlande et le Portugal, des nains à côté du géant ibérique.
Pour ajouter aux inquiétudes, la reprise en Chine et au Brésil connaît des signes d’essoufflement. Cette fois-ci, il semble que les pays émergents ne seront pas en mesure de venir à la rescousse des économies occidentales, comme ce fut le cas après la crise financière de 2008.
Résultat : les places boursières ont culbuté hier au terme d’une semaine mouvementée. Notamment, le Dow Jones a effacé tous ses gains de 2012, idem à Paris.
Bien que son économie soit en meilleure posture, le Canada n’est pas à l’abri d’un ressac mondial. D’ailleurs, il a dû se contenter d’une mince croissance de 1,9% sur une base annuelle au premier trimestre, en-deçà des attentes de la Banque du Canada, au moment où les ménages canadiens souffrent de surendettement.
Comme Martin Coiteux, professeur à HEC Montréal, le souligne dans un texte d’opinion publié samedi, cette crise mondiale qui se profile à l’horizon pourrait affecter le Québec en compromettant les projets de développement du Plan Nord.
Déjà que la crise étudiante fait plier les genoux de l’économie montréalaise. La ministre du Tourisme, Nicole Ménard, et le maire Gérald Tremblay, se sont ouvertement inquiétés vendredi de l’impact du conflit sur le Grand Prix du Canada et la saison touristique à Montréal.
Si la tendance négative se poursuit, il est possible que l’économie mondiale glisse à nouveau en récession dans un avenir rapproché. Y croyez-vous? Êtes-vous inquiet? Pensez-vous que le Québec est à l’abri d’une récession?
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