Le blogue de l'édito

Archive, juin 2012

Vendredi 29 juin 2012 | Mise en ligne à 12h16 | Commenter Commentaires (30)

Va à l’Est, jeune homme!

NDLR : Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

shanghai_old_cityMario Roy

À l’échelle du monde, la puissance économique (et par conséquent politique) se déplace vers l’Est. Même si, à l’intérieur du Canada, c’est le contraire : l’Ontario a cédé sa place de moteur économique à l’Alberta… et il est inutile de rappeler que le centre d’influence politique a suivi le même chemin!

À l’échelle du monde, il en va autrement.

Le magazine britannique The Economist a mis ce phénomène en image, pour ainsi dire. Une image qui situe le centre de gravité économique de la planète à travers les âges, de l’An 1 jusqu’en 2025 (dans ce dernier cas, une projection, évidemment). Le centre de gravité en question, on l’aura compris, est le point de chaque côté duquel les forces économiques sont égales.

Il y deux millénaires, donc, ce point d’équilibre se trouvait à peu près à la jonction des frontières actuelles de la Chine, de l’Afghanistan, du Pakistan et de l’Inde. Puis il s’est lentement déplacé vers l’Ouest et vers le Nord. En 1820, on retrouve ce point quelque part au Kazakhstan. En 1913, il se trouve en Grande-Bretagne.

Puis arrive le point tournant du point d’équilibre (!) : en 1950, le centre de gravité économique se trouve dans l’Atlantique, près des côtes américaines. Il n’ira jamais plus à l’Ouest.

Il fait alors demi-tour et fonce vers l’Est à une vitesse prodigieuse: à raison de 140 kilomètres par année, a calculé The Economist! En 2025, il se trouvera plus à l’Est qu’en l’An 1: en Russie, à peu près dans le 4-5-0 de Novosibirsk!…

hans-roslingEnrichissement prodigieux des villes des pays en développement, particulièrement la Chine, voilà l’explication (photo du haut : une rue de Shanghai).

À ce sujet, je vous redirige vers une vidéo de quatre minutes dont je vous avais dit le plus grand bien dans le Blogue de l’édito, il y a un an ou deux. Il s’agit de l’histoire de l’économie mondiale depuis 200 ans, spectaculairement illustrée par Hans Rosling (photo).

Ceci pour lutter dans une modeste mesure contre l’illettrisme économique, dont on a bien vu depuis quelques mois qu’il constitue chez nous un très sérieux problème de société.

Dites-moi ce que vous pensez de la démonstration de Rosling…

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Jeudi 28 juin 2012 | Mise en ligne à 18h31 | Commenter Commentaires (97)

Les casseroles choquent

casserole_s

NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

André Pratte

Le Parti québécois a vivement réagi à la publicité pré-électorale du Parti libéral qui reprend au ralenti une vidéo amateur montrant Pauline Marois dans une manifestation de casseroles. L’auteur de la vidéo, un sympathisant du PQ, a mis en demeure les libéraux de cesser de diffuser cette publicité. Ce faisant, les péquistes ont donné encore plus d’importance à la pub en question, qui a été diffusée à répétition dans le cadre des bulletins de nouvelles.

Pourquoi la réaction du PQ a-t-elle été si forte? Oubliez la publicité négative: à ce chapitre, ces 15 secondes sont de la petite bière: pas de montage malhonnête, pas d’accusations grossières, pas de sous-entendus. Oubliez aussi la violation du droit d’auteur: les tribunaux trancheront mais le commun des mortels ne s’offusquera pas qu’un parti politique se serve d’une vidéo tournée avec un téléphone cellulaire, vidéo qui circulait déjà sur internet . Vous appelez ça une «oeuvre»?

Ce qui a piqué les péquistes, c’est que la publicité touche un point sensible: la perception que leur chef est du côté de «la rue», du désordre, des radicaux. Ce n’est pas pour rien que Mme Marois a décidé de laisser tomber le carré rouge, qui donnait la même impression. S’ajoute, dans la vidéo, l’inconfort apparent de Mme Marois dans la manipulation de ces deux couvercles. «Cou’donc, se sont dit plusieurs, ça fait combien de temps qu’elle n’a pas manipulé une casserole?». Revient ainsi la hanter l’idée, injuste mais persistante, selon laquelle elle est loin du peuple.

Dans le conflit étudiant, la chef du Parti québécois a choisi non seulement d’appuyer les étudiants mais, en portant le carré rouge, de se transformer en militante d’un mouvement qui n’a pas seulement un côté givré. En participant à une manifestation de casseroles, elle s’est à nouveau transformée en militante. On peut penser tout le bien que l’on veut de la cause que défend Mme Marois, ces gestes ont provoqué une malaise chez bien des gens, pas tous hostiles au Parti québécois.

Dans Le Cercle La Presse, M. Nestor Turcotte exprime bien ce malaise:

René Lévesque, chef casserole? Inimaginable! Jacques Parizeau, chef casserole? Impensable! Bernard Landry, chef casserole? Impossible! Lucien Bouchard, chef casserole? Inconcevable! Pauline Marois, chef casserole? Faisable, possible, réalisable! Tout pour le pouvoir.

Le chef, ou celui qui aspire à le devenir, ne peut pas poser tous les gestes que posent ses sujets. Il doit les transcender, les diriger et non les imiter pour faire «cool». Casserole en mains, Pauline Marois fait opportuniste, populiste.

Cela dit, ce péché est plutôt véniel si on le compare au bilan des libéraux au cours de leurs trois mandats. Ce bilan n’est pas aussi catastrophique que le soutiennent leurs adversaires mais il comporte beaucoup d’erreurs et de zones d’ombre qui leur rendra la tâche très difficile au cours de la campagne électorale.

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Mercredi 27 juin 2012 | Mise en ligne à 11h36 | Commenter Commentaires (49)

Sommes-nous heureux? Passablement…

NDLR : Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

474475Mario Roy

« Sans le bonheur, on n’est pas heureux », disait Yvon Deschamps… ce qui se relève de la même logique irréfutable que le fameux  « Les pauvres, y’ont pas d’argent », du barde Plume Latraverse!

Ainsi donc, dans le Globe & Mail de ce matin, Jeffrey Simpson remarque avec perspicacité que, « heureusement, la plupart des gens n’ « achètent » pas les soucis des médias et n’écoutent pas les leaders politiques ». Pourquoi heureusement? Parce que cela les empêcherait d’être heureux!

Personnellement, j’ajouterais qu’il ne faut pas non plus prêter une trop grande attention aux geignards professionnels, formés et payés pour décrire à temps plein comme un enfer le milieu de vie qui est le nôtre. (Inscrivez ici __________ les premiers noms qui vous viennent à l’esprit!)

Alors, juste pour contrarier l’humeur ambiante, faisons une petite crise d’optimisme et de contentement, voulez-vous? Dans le style « plus meilleur pays au monde » qui nous a tant fait rigoler…

Pour ce faire, vous trouverez une bonne dose de Prozac virtuel dans les chiffres que l’OCDE aligne ici et qui ont rapport avec ce qu’il est maintenant convenu d’appeler l’indice du bonheur. .

Je vous livre en vrac quelques-uns de ces chiffres.

Le Canadien moyen a des revenus de 27 138 $US, presque 5000 dollars de plus que la moyenne des pays développés, même s’il travaille moins (1702 contre 1749 heures/année).

Son espérance de vie est de 81 ans, un an de plus que dans l’ensemble des pays développés. Plus qu’ailleurs, il se dit en bonne santé (88 contre 70%), ce qui n’est sans doute pas étranger au fait que la qualité de l’air et de l’eau est supérieure ici, comme le sont les dépenses dans le secteur de la santé.

Le même Canadien est satisfait de sa maison ou de son logement (90%), où il dispose, à peu près pour le même déboursé, de plus d’espace qu’il n’en aurait ailleurs. Il se sent en sécurité, l’occurrence de la violence physique rapportée étant trois fois moindre qu’ailleurs, 1,3% contre 4%, et le taux d’homicide inférieur aussi.

Résultat des courses?

Les Canadiens sont plus satisfaits de leur vie que les citoyens des autres pays développés (7.4 contre 6.7 sur une échelle de 10). Et, en se levant le matin, ils sont 80% (contre 72% ailleurs) à croire que la journée leur apportera plus d’expériences satisfaisantes que de malheureuses.

Vous reconnaissez-vous dans ce portrait?

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