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André Pratte
Dans un article publié sur le Blogue de l’édito le 26 avril dernier, je suggérais au gouvernement qu’il offre un compromis ultime aux étudiants. Cette proposition aurait compris, notamment, une diminution de 50$ par année de la hausse des droits de scolarité.
Au lieu de cela, le gouvernement a étalé la hausse prévue sur 7 ans, tout en ajoutant l’indexation prévue pour les deux années supplémentaires. Les jeunes ont eu l’impression qu’on cherchait à les rouler dans la farine.
Je n’aime pas du tout l’idée de céder à une minorité militante qui favoriser l’éclosion de violence dans les rues du centre-ville. Cela dit, il faut convenir que si cette minorité reste mobilisée, c’est qu’elle jouit de forts appuis dans la population.
On ne peut pas demander au gouvernement de reporter la hausse de deux ans (le moratoire); ça reviendrait à abandonner une politique parfaitement justifiable et approuvée par une bonne partie des citoyens. Ce serait laisser une minorité dicter au gouvernement légitimement élu sa politique fiscale.
Cependant, compte tenu de la menace qui pèse sur la paix sociale, des coûts financiers et économiques que ce conflit engendre, le gouvernement a la responsabilité de faire un ultime geste pour obtenir la fin de la grève, au moins chez les étudiants modérés. C’est pourquoi je reviens à la charge: le gouvernement devrait offrir de baisser de 50$ par année la hausse prévue depuis l’annonce de l’étalement: ça serait donc 200$ par année plutôt que 250$. Pour éviter toute confusion, l’annonce devrait seulement porter sur 5 ans. De toute façon, les chances sont que le Québec aura un gouvernement d’une autre couleur d’ici un an; la politique sur les droits de scolarité sera bientôt revue d’une manière ou d’une autre.
Avec cette proposition, la hausse des droits de scolarité totaliserait 1000$ plutôt que 1625$, et serait de 46% plutôt que 75%. Je ne peux pas croire que la plupart des étudiants n’accepteraient pas cette main tendue. La population, il me semble, y verrait aussi un effort important pour régler la crise. Resteraient peut-être les plus radicaux. Mais sans le support de la population, ceux-ci seraient de plus en plus marginalisés.
Le gouvernement doit s’empresser d’agir. La mobilisation ne sera peut-être pas aussi constante cet été, mais on peut s’attendre à ce que les militants étudiants et les casseurs cherchent à perturber les grands événements de l’été dans la métropole, notamment le Grand Prix. C’est un scénario que le conseil des ministres a le devoir d’éviter.
Bien sûr, le gouvernement s’aliénera les nombreux Québécois tenants de la ligne dure, hors de Montréal et au sein du caucus libéral. Mais si c’est le prix à payer pour ramener le calme, ça vaut peut-être la peine.
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