Photo André Pichette, La Presse
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Ariane Krol
La tolérance de Montréal envers les propriétaires de taudis locatifs m’a toujours stupéfiée. Le collègue Pierre-André Normandin vient d’en prendre la mesure. Lorsque le propriétaire d’un immeuble insalubre refuse de faire les travaux qui s’imposent, la Ville peut s’en charger et lui refiler la facture. Mais ce pouvoir, elle l’a utilisé seulement quatre fois depuis cinq ans.
Ce ne sont pourtant pas les taudis qui manquent. La métropole, qui abrite un peu plus du tiers du parc locatif québécois, génère les deux tiers des plaintes pour insalubrité à la Régie du logement – plus de 1000 plaintes en cinq ans. Elles ne sont quand même pas toutes infondées!
Quand un proprio affirme qu’un problème de moisissure se règle avec un grattoir et un coup de pinceau, et qu’il met des affiches pour relouer ses logements dès qu’ils seront évacués, il y a comme un problème. En fait, il y en a au moins deux.
D’abord, la santé des locataires. La santé publique de Montréal estime que plus du tiers des logements abritant des enfants de 6 mois à 12 ans ont des problèmes de moisissure ou d’humidité excessive. Près de 5% de ces logements auraient des coquerelles et 6% auraient des rongeurs. Ces facteurs seraient responsables de plus de 5000 cas d’asthme et près de 4000 cas d’infections respiratoires.
Ensuite, la légitimité. Pourquoi Montréal permet-elle à ces proprios d’exploiter leurs immeubles pourris comme si de rien n’était? D’encaisser leurs loyers tout bénéf’, sans faire les dépenses minimales pour l’entretien de leurs logements? Pourquoi la Ville tolère-t-elle ce commerce immonde?
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