Le blogue de l'édito

Archive, mai 2012

Jeudi 31 mai 2012 | Mise en ligne à 13h01 | Commenter Commentaires (59)

Tout, et plus encore, sur Amir…

NDLR : Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

336191-depute-amir-khadirMario Roy

Appelons ça une « chroniquette » littéraire. Non, ne fuyez pas! Elle concerne un essai de Pierre K. Malouf qui débarquera ces jours-ci en librairie, Les Faces cachées d’Amir Khadir.

Malouf est un essayiste, romancier et dramaturge dont la production, depuis 12 ans, est abondante.

Un mois après le 11 septembre 2001, il publiait Lettre ouverte aux chiens édentés qui agitent la queue et à leurs chiots qui mordillent (!). Un essai parfaitement iconoclaste qui avait fait un certain bruit. J’en avais retenu une phrase dont la date de péremption est encore loin d’être atteinte. Les contestataires, écrivait-il, « sont obligés de militer pour des causes qui n’existent pas hors de ce Système qu’ils honnissent. Puisque n’existe nulle part la moindre incarnation de leur idéal, ils ne peuvent délirer que dans la haine de leur propre monde ».

5100-X~v~Les_faces_cachees_d_Amir_KhadirMalouf, donc, examine cette fois le cas d’Amir Khadir, co-chef de Québec solidaire (photo).

Disons tout de suite: le bouquin traite tout autant de l’évolution de la mouvance d’extrême gauche au Québec que de Khadir personnellement.

Et c’est très bien ainsi.

Malouf est un auteur méthodique, avec une légère tendance à se perdre dans les détails, qui reprend de brillante façon l’histoire de cette mouvance là où l’avait laissée le journaliste Jacques Benoît dans une série d’articles monumentaux, à la fin des années 70.

Ceux qui apprécient le député de Mercier (et ils sont nombreux) ne changeront pas d’idée à son sujet après avoir lu Malouf. Et ce, même si, notamment, le rôle du député dans le boycott d’un petit marchand de chaussures de la rue Saint-Denis (coupable de tenir quelques articles de fabrication israélienne), décortiqué ici dans tous ses détails, n’est pas très édifiant.

Ceux qui apprécient moins, ou pas du tout, le co-chef de Québec solidaire, ne changeront pas d’idée non plus…

Le marché du livre, et en particulier des essais, n’est pas très florissant, on le sait. Mais n’est-il pas intéressant d’en connaître un peu plus sur Amir Khadir, qui a été à un moment donné l’homme politique le plus populaire au Québec? Suffisamment intéressant pour vous pousser jusqu’à la librairie?…

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Mercredi 30 mai 2012 | Mise en ligne à 15h35 | Commenter Commentaires (87)

À quand un carré gris?

Photo François Roy (La Presse)

Photo François Roy (La Presse)

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André Pratte

Les étudiants ont réussi à faire plier le gouvernement sur la question des droits de scolarité en manifestant quotidiennement pendant plus de trois mois. Tant mieux pour eux.

Beaucoup d’autres Québécois, dont les besoins sont aussi sinon beaucoup plus grands que ceux des jeunes universitaires, ne sont pas en mesure de se mobiliser ainsi. C’est le cas, notamment, des personnes âgées qui ont besoin de soins, chez eux ou en établissement. Dans un rapport publié mercredi, le Vérificateur général du Québec décrit le fouillis qui semble exister dans la gestion des ressources d’hébergement pour les personnes âgées. Qui descendra dans la rue, casserole à la main, pour dénoncer le sort que nous réservons à nos vieux?

Le rapport du VG ne nous apprend pas tellement de choses que nous ne soupçonnions déjà, notamment à la suite de reportages des médias. Par exemple, le fait que la qualité des services varie grandement d’un établissement à l’autre et que, dans bien des cas, les services offerts ne correspondent pas aux besoins de chaque personne.

Ainsi, bien que les gouvernements du PQ et du PLQ promettent depuis des années de développer des ressources plus légères que les centres d’hébergement, ce développement ne suit pas la croissance de la demande. Bien des gens se retrouvent stationnés en CHSLD alors qu’ils n’ont pas besoin d’un encadrement aussi lourd; on peut parier que leur état se détériore de ce fait.

Faute de soins à domicile et de places en ressources intermédiaires, beaucoup de personnes âgées aboutissent aux urgences, encombrant ainsi des hôpitaux déjà débordés. «Le nombre de jours-présence dans les hôpitaux par les personnes âgées en attente d’une place d’hébergement a augmenté de 21% de 2006-2007 à 2009-2010 pour l’ensemble de la province», déplore le VG.

Le gouvernement Charest assure que la situation est en voie de changer. La ministre déléguée aux Aînés, Marguerite Blais, a rappelé à l’Assemblée nationale la politique Vieillir et vivre ensemble lancée au début du mois. «Nous avons investi 800 millions de dollars pour rénover les infrastructures désuètes. En plus, nous venons d’annoncer 50 millions de dollars pour ajouter des places en CHSLD, 85 millions pour mettre des places en ressources intermédiaires. Et, d’ici cinq ans, il y aura 931 millions de dollars récurrents pour le maintien à domicile.»

On voudrait croire que ces investissements donneront des résultats. Mais, le passé étant garant de l’avenir, le scepticisme est de mise. D’autant que les personnes âgées, contrairement à d’autres groupes, ont peu de moyens de se faire entendre. À quand un carré gris?

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Mardi 29 mai 2012 | Mise en ligne à 13h46 | Commenter Commentaires (73)

Le silence des prolos

NDLR : Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

504795-police-arrete-banane-gens-vontMario Roy

Pendant longs moments, on a pu entendre les manifestants scander: « Libérez la banane! Libérez la banane! » Surréaliste… Ça se passait à Québec, lundi soir, après que les policiers aient appréhendé la banane (un sculpteur et étudiant en création littéraire).

À ce moment, aux yeux des manifestants, la banane était certainement la représentante de la population (éviter de dire: la république!) du Québec…

Le même jour ou à peu près, apparaissait un nouveau mouvement destiné à porter le Québec sur son dos. Le « vrai » Québec. La majorité silencieuse. Il s’agit du Rassemblement des cols rouges (apparemment lancé par une radio de Québec) qui, en un éclair, s’est gagné sur le web près de 10 000 supporters. Il sera la voix, annonce-t-il, de ceux qui travaillent fort, élèvent des enfants et… utilisent les casseroles pour cuisiner! (Je résume)

Louable.

Mais, par définition, il est extrêmement difficile de faire parler la majorité silencieuse.

Un, elle a des raisons pour demeurer silencieuse. Pas le temps, pas le goût, portée à faire (sa vie) plutôt qu’à dire (n’importe quoi).

Deux, en réalité, la majorité silencieuse… n’existe pas! La population est fractionnée en une multitude d’intérêts différents et même parfois antagonistes. Travailler au privé ou au public implique des vues différentes. Payer des impôts ou ne pas en payer, plus différentes encore. L’âge qu’on a. Les enfants qu’on a ou pas. Le niveau de connaissance. Les loisirs. Etc…

Le silence des prolos, hélas, est probablement là pour rester!

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