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Ariane Krol
«Tu dois venir right fucking now ou je me CHOK OK LÀ ?»
C’est l’un des quelque 7500 messages que Patrick Drouin, prof au département de linguistique et de traduction à l’Université de Montréal, a reçus dans le cadre d’un vaste projet de recherche international sur les textos*. De quoi renforcer les pires appréhensions sur les SMS, dont la limite de 140 caractères est vue comme un incitatif à l’abâtardissement de la langue.
De fait, les raccourcis sont fréquents, et pas toujours élégants (bokou, koi, fo, pa nou, etc.) Mais ici comme ailleurs, la contrainte stimule la créativité. Certains donnent dans la poésie («G point de blonde cela mec her cela matrice»), d’autres mettent leur interlocuteur au défi («Call a Matha. Singeant l’olivier, noyeau ape elle saumure. Salee rejouis»).
Le prof Drouin n’est donc pas trop inquiet de l’effet des SMS sur la qualité de la langue. «Il y aura toujours des gens qui feront des fautes, mais je ne pense pas que les textos vont changer la donne. Quand les gens textent, ils savent ce qu’ils font. De la même manière qu’on n’écrit pas comme on parle, on n’écrit pas toujours de la même façon. »
Même si j’adore le côté pratique et non intrusif du texto, j’ai beaucoup de réticences à y déformer les mots. À la limite pour indiquer que «G HET du pain» – ce qui montre combien je ne suis pas cool, ni efficace, puisque «HT du P1» suffirait.
Et vous ?
* Le volet canadien est rendu à sa deuxième phase et recueille actuellement des textos en anglais.
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nadagami
11 avril 2012
17h55
Bonjour,
Je suis d’accord avec le prof Drouin quand il précise ne pas être trop « trop inquiet de l’effet des SMS sur la qualité de la langue. »
Par contre, il y a cette phrase, toujours du prof Drouin, qui m’a surpris : « De la même manière qu’on n’écrit pas comme on parle… »
C’est parce que j’écris pratiquement comme je parle. En tout cas, entre les deux, la différence n’est pas aussi importante que celle dont fait mention le prof Drouin et que plus je m’éloigne de ma façon de parler quand j’écris plus alors il m’est difficile d’écrire.
Daniel Verret (nadagami)
therichrocco
11 avril 2012
18h32
Ha non !! Vite … Il va falloir demander à notre gouvernement d’étendre la loi 101 aux textos !!!
Richard Thériault
jeanfrancoiscouture
11 avril 2012
19h35
…Quand 90%, voire davantage, de la communication écrite se fait en utilisant un sabir, vous pensez vraiment que lorque vient le temps d’écrire «comme du monde«, cela vient tout naturellement? L’aptitude à bien écrire, c’est comme bien d’autres facultés: Quand elle ne sert pas, elle s’atrophie. Et imaginez quand on ne lit pas davantage que l’on écrit.
Mais ça n’est pas grave. Il y a un prof d’université (à la retraite, je crois) qui s’est mis en tête d’enseigner la «Twittérature». On peut raisonnablement supposer que le Nobel de
«Twittérature», c’est pour bientôt.
J-F. Couture.
gl000001
11 avril 2012
20h24
Menace pour la langue de deux façons. La langue écrite bien sur et la langue d’un conducteur automobile qui se fait rentrer dedans par un “texteux”. Le choc pourrait faire qu’il se morde la langue !!
Je demande à mes neveux et nièces pourquoi ils ne se relisent pas lorsqu’ils écrivent sur Facebook (Hé oui, j’ai succombé). “Bof”, “Po grave”, “po le tmps”, “On se comprend pareil”. Et ils trouvent ça drôle.
Maudite paresse. Le moment présent prime sur tout. On écrira mieux plus tard quand on nous le demandera. Bien écrire, c’est un interrupteur (presque dit “switch”), un bit qu’on met à “vrai”.
Alain Lajoie
chip
11 avril 2012
21h40
L’orthographe (si on peut appeler cela ainsi) utilisé dans les textos est peut-être créatif mais comme il est utilisé beaucoup par des jeunes qui ne maîtrisent pas encore le français, ça n’augure rien de bon pour l’avenir de notre langue au Québec. J’ai d’ailleurs une fille qui n’arrive plus à écrire correctement depuis qu’elle texte, la facilité prend le dessus sur la rigueur.
R.Ducharme
antoine666
11 avril 2012
23h19
Les textos sont une menace pour l’intelligence même. Quel être sain d’esprit envisagerait consciemment de taper des caractères sur un minuscule clavier quand il sait que l’appareil qu’il manipule lui permet de parler en direct. On se servait mieux des vieux téléphones à roulettes il y’a 30 ans. Pitoyable. Nul. Abject.
A. Trudelle
J_Pedro
11 avril 2012
23h41
Mon grand-père n’osait même pas parler au téléphone.
Je ne me souviens pas de l’avoir vu écrire même si sa femme avait été maîtresse d’école.
Il parlait le vieux français, celui qu’on corrigeait dans les collèges et les séminaires.
Ç’aurait été drôle d’entendre parler grec ou latin avec le vieil accent du pays…
Mon père, avec sa quatrième année, n’osait pas écrire lui non plus.
Mais avec son travail de misère et d’endurance, il a bâti maison et fait instruire ses six enfants.
Plus qu’une maison, aurait écrit Félix, un château. Plus qu’instruction, aurait-il poursuivi, un royaume…
Pourquoi l’instruction est-elle restée chez nos élites comme un droit à l’arrogance?
Quand ces mêmes pharisiens utilisent les impôts du peuple pour préserver leur chasse gardée, leurs écoles privées… (J’en parlerai un jour à Bourdieu.)
Plus les gens s’exprimeront – même et surtout en dehors du Bon Usage – plus ils seront en contact avec le monde.
J’imagine qu’il y aura toujours de ces curés dans leur espace sacré et clôturé qui n’auront d’autre occupation que de condamner tout ce qui ne relève pas de la vraie culture.
Je vais faire une petite prière pour Frank Zappa, pour les grafiteurs, pour les chanteurs de hip-hop si menaçants et – surtout – tellement vulgaires…
Mourez dans vos espaces verts. Votre gazon clean cut. Et vos systèmes d’alarme.
La parole pousse entre les craques du trottoir dans des quartiers où vous n’oserez jamais vous aventurer.
Ces jeunes-là sont faits pas mal plus fort que vous l’imaginer.
Et s’ils ne respectent pas les règles de Grevisse et de Robert, c’est qu’ils n’ont pas du tout le goût de vous ressembler.
Jacques Lambert
supercorm
12 avril 2012
01h58
Le probleme des textos sur la langue est un probleme pour plusieurs langues. Au Japon, lorsque j’y habitais, les jeunes ne savaient plus ecrire (au crayon sur papier) les kanjis car, en textant, ils apparaissent tout seul apres une ou deux touches et le systeme sugere les mots a venir … en anglais, une langue ou on coupe deja les coins ronds, c’est encore pire (c u 2morrow, gr8, r u ok ?, etc).
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Mon francais n’est pas tres bon, je ne veux pas blamer personne mais il semble qu’un peu plus de rigueur aurait ete bienvenu. Un “M. Bachir” comme prof avec des dictees de Honore de Balzac auraient ete souhaitable (et certains pour la claque en arriere de la tete). Mais quand je vois les textos, moi, ca me deprime encore plus. J’aime mieux oublier qques mots (ou les couper comme “qques”, ou “bcp”), que de les deformer totalement … avec le iPhone et autres telephones intelligent avec clavier, il n’y a plus vraiment d’excuses alors qu’avant, avec le clavier telephone de 1 a 9 pour les lettres, ca prenait bcp plus de temps …
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Dave Cormier
belette-lachinoise
12 avril 2012
03h43
C’est mon métier d’écrire sans faute.
Je trouve stimulant d’essayer de faire entrer une idée en 140 frappes.
Je recours beaucoup aux abréviations existantes (de mes belles années d’étudiante notant au kilomètre chaque soupir du prof).
Mais c’est bcp + difficile de faire comprendre qqch de cette façon, je trouve. :) Et les quiproquos abondent.
Aline Binette
horsjeu
12 avril 2012
07h37
Une menace pour la langue, les textos?? Non, un reflet de société. Une évaluation de l’enseignement propagé dans nos écoles depuis 25 ans, faible, non rigoureuse, vide….
écrire mal une langue mal apprise n’est pas le crime. …
La société québécoise, comme toutes les autres, est devenue paresseuse, bousculée par le manque de temps, d’effort et de fierté….
Il faut pratiquer pour maitriser. Que ce soit la bicyclette, la langue ou le hockey ( le CH en a donné une preuve éclatante cette saison!)…
Les textos sont un reflet très pertinent de ce que nous sommes….
S. Martin
piedoq
12 avril 2012
09h06
Les textos, une menace pour la langue?
pas plus que les télégraphes et le code morse l’étaient lors de leur invention dans les années 1800
albert bela
omni-tag
12 avril 2012
09h26
C’est un fléau.
Je me réjouissais il y a à peu près dix ans en voyant tous ces mômes sur le « net », le « chatte » et le « MSN ». Je me disais, jamais une génération n’a été mise en contact aussi étroit, aussi jeune, avec l’écrit et la lecture. Je trouvais ça merveilleux.
Mais force est de constater aujourd’hui que c’est une véritable catastrophe. Les enfants sont plus prompts à apprendre les « codes » « cools » de l’art de « texter » qu’à apprendre à écrire.
Et comme le souligne Chip, tout ça se produit à un âge où les enfants ne maîtrisent pas encore l’art de l’écriture, de la syntaxe, de l’orthographe et du discourt.
Le Professeur Patrick Drouin est complètement dans le champ.
Benoît Duhamel,
Lanaudière-nord.
eracine
12 avril 2012
10h01
Petite correction à faire: la longueur maximum d’un SMS est de 160 caractères, pas 140 (qui est plutôt la limite des messages sur Twitter, qui se réserve 20 caractères pour y mettre un code unique d’utilisateur).
Pour plus d’infos:
http://latimesblogs.latimes.com/technology/2009/05/invented-text-messaging.html
E. Racine
stephanie2009
12 avril 2012
11h18
Écrire en texto quotidiennement, surtout lorsque le cerveau est encore en formation, nuit forcément à l’apprentissage du véritable orthographe. Comme le mentionne jeanfrancoiscouture, une faculté qui se sert pas s’atrophie, même lorsqu’elle a été assimilée correctement, ce qui est loin d’être le cas des jeunes avec le français écrit!
Personnellement, je n’aime pas les mathématiques et j’en fais le moins possible. J’ai pourtant bien réussis mon cours de mathématique 536 mais si j’avais à refaire aujourd’hui les examens de ce cours, je les échouerais tous lamentablement, simplement parce que j’ai oublié pratiquement toute la matière du cours et que je ne fais plus de géométrie analytique ou de trigonométrie aujourd’hui, (je fais seulement des calculs de base).
Les jeunes lisent peu (ce n’est pas nécessairement mieux du côté des adultes), le risque est donc grand que le textos rende paresseux autant en lecture qu’en écriture. Je considère que j’ai autant appris à écrire en lisant qu’en écrivant. Je crois même que si je n’avais écris et lu que dans le cadre de mes cours, mes devoirs et mes leçons, j’écrirais très mal et j’aurais beaucoup moins de vocabulaire même oralement.
Il faut se défaire de cette mentalité qui nous fait dire “En autant qu’on se comprenne entre nous autres, s’ti!” parce que justement, il n’y a souvent que nous qui comprenons notre jargon dans toute la francophonie! Ce serait peut-être agréable de pouvoir parler français avec un français, un belge, un suisse ou un nigérien sans que ce dernier ait besoin d’un interprète! S. Leblanc
gl000001
12 avril 2012
11h54
@piedoq
Mauvais exemple. Le télégraphe n’entrait pas dans toutes les chaumières pour corrompre la langue. De toute façon, les mots envoyés par le télégraphe étaient simplement codés différemement et toutes les lettres étaient envoyées.
@omni-tag
Et leur “codage” n’est même pas constant. Ils vont écrire le même “mot” de façon différente à quelques heures d’intervalle. A moins que je n’ai pas réussi à comprendre la règle (??).
(discours avec un “s” pas de “t”)
@hors-jeu
Pes du tout le reflet de l’école. Aucun prof ne laisse passer les raccourcis. Tout ce qu’un jeune écrivait était vérifié et corrigé à l’école parce que pour la grande majorité, c’est juste à l’école qu’ils écrivaient de toute façon.
Maintenant, les SMS, textos et twits, ne sont vérifiés par personne qui a une compétence en la matière. C’est le reflet d’un médium marginal (hors de l’ordre, pas péjoratif) non-vérifié.
Ils auraient juste à activer le correcteur. Mais c’est plus cool de ne pas le faire et de “faire plus vite” en escamotant des lettres. Mais comme le dit Belette-lachinoise, ça n’accélère aucunement la communication à cause de tous les quiproquos.
Alain Lajoie
reminet
12 avril 2012
12h39
Sur mon intelliphone, j’ai le correcteur orthographique quand j’ai écris des SMS et Druide a sortie un version d’antidoe pour iBidule.
À noter depuis la généralisation des MMS*, il n’a plus de limite de caractères! Vous pouvez recevoir ou envoyer le texte d’une tragédie Grecque en entier.
*MMS Multimedia Message Send, est en sorte une version 2 des SMS où vous pouvez envoyer aussi photo, video en plus du texte! Supporté par la quasi intégrlité des téléphones depuis 3 ans et s’utilise comme un SMS.
R. Deschenes
merchillio
12 avril 2012
13h06
@antoine666 Alors pourquoi écrire une lettre à quelqu’un alors qu’on peut lui rendre visite? Pourquoi utiliser GoogleMaps alors qu’il existe de très bonnes cartes routière que l’on peut plier en moins de 20 minutes….. La meilleure façon d’améliorer l’utilisation que l’on fait d’un outil n’est certainement pas de s’y opposer. Il y a mille et un avantages aux textos. Je veux connaitre l’adresse de quelqu’un? Plutôt que de l’appeler puis prendre en note sur un papier que je vais perdre, je préfère qu’il m’envoie un message texte avec son adresse. Les SMS peuvent aussi être convertis en MMS et permettre l’envoi de photo. Également, on peut utiliser le message texte pour la même raison qu’on utilise une boite vocale, pour rejoindre quelqu’un qui n’est pas à ce moment précis. Si j’ai un rendez vous avec quelqu’un, je peux lui écrire une message “Salut, j’ai un contretemps, je serai à la station Berri à 17h30 plutôt que 17h” (78 caractères, sans même utiliser d’abréviations), plutôt que de l’appeler pour si peu.
Ce ne sont pas les messages textes qui causent cette orthographe déficiente, ils en sont plutôt un symptôme. J’écris je ne sais combien de messages textes par semaine, et oui parfois j’utilise des abréviations pour respecter certaines contraintes (bcp au lieu de beaucoup, qqn ou qqch au lieu de quelqu’un ou quelque chose, etc) pourtant je ne crois pas que mon orthographe en souffre. (Bien sur, il y aura toujours un “grammar nazi” qui trouvera des fautes dans mon message, je ne suis qu’humain après-tout).
Le problème se présente quand on oublie d’enseigner les “niveaux de langage”. Un aide-mémoire ne s’écrit pas de la même façon qu’un courriel à un client. C’est là que se trouve le problème de nos jeunes, ils ne savent pas différencier les situations et le niveau de langage qui y correspond.
Jean-Dominic Lapointe
jolico
12 avril 2012
23h41
Il n’y a pas que la langue qui va y passer, mais reste à voir dans dix ans quelle sera la proportion de texteux à outrance qui auront besoin de chirurgie aux mains (à la base des pouces), chirurgie qui est à refaire et à refaire encore, surtout que pour avoir accès à ce genre de chirurgie, les maniaques des textos devront peut-être se la payer au privé car il y aura trop de demandes!
Euhhhhhhh, piedoq, comme gl000001 le dit si bien, le télégraphe et le code morse n’était pas pour tous les fonds de poche comme les textos. C’était pour faire parvenir des messages urgents plus rapidement que par la poste pour ce qui est du télégraphe, le code morse étant plus utilisé dans le domaine militaire. Si vous connaissez des p’tites jeunesses, allez lire certains de leurs échanges: pas très édifiants et certainement pas urgents, genre “té ou” “tu fa koi”, etc. etc.
J. Lincourt
jolico
12 avril 2012
23h43
Ahhhhh – G fè 1 fôt Q J CRIG – “le télégraphe et le code morse n’étaiENt pas….”
J. Lincourt